mardi 15 septembre 2015

IDYLLE (Petit poème chantant l'amour dans un décor pastoral)









François Boucher
Un automne pastoral
1749





Le treize septembre de l'an deux mil quinze restera
À jamais —
Gravé dans mon esprit
Comme le jour où vous m'avez dit :

« Cette fois, c'est décidé :
Je vous aime… »

Tout un poème…

Il m'aura fallu attendre vingt-trois ans et deux mois
Pour entendre ça
Que pour un peu je n'entendais pas 
Puisqu'hier nous avons failli
Enfin, moi… —
Mourir du plus exorbitant plaisir qui soit
Dans la plus extrême des joies
Mon cœur
Dans et après cette merveilleuse éclampsie
Menée dans la plus déliée des harmonies
Battant à tout rompre
Mon esprit
Comme un noyé qui revoit sa vie —
Sentant que mes jouissances d'antan
Jusqu’à celle-là —
N'avaient été
Pour ainsi dire —
Que du pipi de chat


Faut-il donc vivre jusque là
Pour savoir enfin
Ce que aimer et jouir veulent dire !


Pourtant
À quelques jours de là
J'avais cru que vous m'aviez moqué
Ce qui m'aurait blessé —
Après que j'eus satisfait
Une belle petite poulette bien potelée…
Et
Pour que les choses soient claires —
Je me dois d'expliquer
Que la pauvre enfant
Ayant
Il y a quelques années —
Perdu son amant
Qui nous les brisait menues —
A depuis sur moi
Dont elle doit sentir la mâle aura
Jeté son dévolu
De sorte que lorsqu'elle me voit
Et que l'envie lui en prend… —
Elle s'aplatit par terre
En levant son petit derrière
Attendant bien immobile que je la satisfasse
Ce que je fais bien volontiers
En appuyant tout simplement ma main sur son petit corps
Ce qui est un moindre effort
Pour que ce grand bien je lui fasse —
Après quoi elle s'ébroue de joie
Et repart en chantant
À travers prés et champs…

(On aura assez deviné
J'espère —
Que je parle d'« une » gallinacé…
Mais dont la malheureuse histoire est vraie…)

Or donc
Comme nous avions fini ce jour-là de déjeuner
La petite poule
Une nouvelle fois —
S'est approchée de moi
Recommençant son petit manège

À peine l'eus-je bien enchantée
En lui caressant le dos
Qu'elle partit
En secouant ses plumes
Manifestant son contentement
Par de bruyants caquètements
Qui n'en finissaient pas

Comme à la fin je m'en impatientais
L'enjoignant d'aller caqueter ailleurs
Vous m'avez dit d'un air railleur :


« Vous ne devriez pas la brusquer…
Ni vous moquer de cette petite poulette…
Peut-être vous aime-t-elle et vous déclame-t-elle des poèmes
Mais qui ne vous plaisent pas car ils sont ampoulés »


J'ai d'abord cru que vous faisiez un rapprochement
Avec ceux qu'après l'amour je vous écris
Et comme je m'en offusquais
Vous avez ri
Et puis vous avez répété
Bien distinctement…
«  En poulet ! »

Que dire ?
Sinon que cela nous a fait mourir de rire…

Poème pour poème
Je préfère celui que j'ai fini
Par vous arracher aujourd'hui
Tandis que vous êtes par l'amour
Toute retournée :


« Cette fois, c'est décidé :
Je vous aime… »

Je vais en rêver
Et j'en rêverai
C'est net—
Tous les jours
Jusqu'à ce que je quitte cette planète…
Dont grâce vous, mon amour,
Je me souviendrai…
Pour toujours 








Le 13 09 20 15 23 15




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