samedi 30 septembre 2017

Amants… Heureux amants…









Les amants veulent
Sentir le feu éternel de la jeunesse couler dans leurs veines
— L'irrépressible et tendre fièvre
Qui les emporte dans ses caresses —
Se délecter des mouvements puissants, délicats
Qui les enlèvent dans leur fastueuse danse spontanée
Merveilleusement accordée


Les amants veulent
Sentir le flot de l’amour les faire somptueusement danser
Cette danse où tout semble magiquement attendu de tout éternité


Ils veulent le ressentir au delà de ce qu'ils peuvent divinement en supporter


Les amants sont gourmands
Et les amants sont gourmets


Telle caresse vaginale éperdue pourrait durer des siècles de sentimentalité extasiée
Telle pénétration inspirée
Abandonnée au rythme du cœur de l’amant
Ne devrait jamais s’arrêter


Les amants sont gourmands
Et les amants sont gourmets


Les amants ne sont plus au monde
La grâce les enlève
Les a emportés


Les amants veulent jouir ensemble
En absolu simultané
Leurs vagues énormes qui se fondent
Et se répondent et renaissent en chœur
Finissent par les laisser
Sur la plage du ciel
L’âme étoilée


À leur réveil, rien ne compte que leur mystique indolence
Leur nonchaloir muet
Entrecoupé parfois de tendres baisers


Les amants ne veulent pas sortir de cette puissante jouissance
Du monde
Du Temps
Du silence
Même l’idée de devoir se préparer
Pour aller à un concert
Le lendemain ou le surlendemain
Fût-il de Bach ou de Couperin… —
Leur fait penser qu'il devront quitter cette vraie béatitude
Pour une autre qui
Aussi sublime soit-elle
Ne peut l'égaler


Les amants
Dans et après l'extase
Trouvent ce que rien ne passe
Sans y penser


Sans désirs après s'y être laissés submerger
Il veulent rester dans leur "sans affaires" illuminé


Les amants se suffisent de leur jouissance du Temps

Ce Temps qui s'est ouvert
Offert
Et dans l'or duquel l'automne vient de se nimber








Le 30 septembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017






dimanche 24 septembre 2017

Dans la beauté, infiniment…




















Si l'on voulait trouver aux sensualistes, dans l'histoire de l'art du XXe siècle, des précurseurs il faudrait plutôt rechercher du côté d'Arthur Cravan –- pour son goût pour la dépense physique, l'incertitude, l'aventure, les excès et l'amour charnel -– que du côté de tous ceux qui prônent l'amour de la chatoyance du vivant mais perdent leur temps à guerroyer théoriquement, entre hommes lisant des hommes, pareils à des joueurs d'échecs (méfiez-vous de l'homonymie) étudiant les  traités et les “variantes”, préparant les offensives, prévoyant les contre-attaques.
Les sensualistes aiment par-dessus tout l'empire des sens : ils n'oublient pas que pour savoir écrire, il faut savoir vivre. Leur genre, ce serait plutôt le Mexique, mais avec Mina, dans le sans-souci cette fois, et sans le golfe de Mexico à la fin.


Il y a un vieux reste d'homosexualité masculine, même lorsqu'elle n'est pas ouvertement déclarée, chez tous ceux-là, un vieux reste de ce mépris du monde patriarcal pour le monde du féminin, qu'il a soumis justement par le Livre, la Loi, et cette forme particulière de l'esprit.
Les sensualistes ne veulent en aucun cas ressembler à tous ces barbus, avec ou sans barbe, à tous ces clergés, qui passent leur temps à gloser des livres plus ou moins rares, quand ils ne les psalmodient pas dans un balancement autistique.


Quant à ressembler à quelque genre de chamans ou de sorcières, n’en parlons même pas !


Les sensualistes aiment l’ancien fonds indompté de l’Homme, mais raffiné cette fois. Ils savent que la castration et la Séparation -– et particulièrement celle entre les hommes et les femmes –- c’est avec des prêtresses et des pythies, et ensuite avec des clercs et du clergé, qu’historiquement elles ont été réalisées : eux sont dans la suite de cette aventure de l’Humanité –- qu’ont permise ces clercs et ce clergé –- : le dépassement historique de la vieille raison coupée de la sensation puissante de la sève irradiante : ils jouent dans : “Le retour des héros et la vie quotidienne danse autour de la créativité en liesse”. La suite de l’aventure, donc.
N'oubliez jamais l'aventure.
Souvenez-vous du retour de Casanova à Venise.
Ne l'imitez pas.
Trouvez l'aventurier, devenez l'aventurière.
Trouvez l’aventurière, devenez l’aventurier.
Les sensualistes prônent le dépassement de l'antique lutte et de l'antique séparation entre les hommes et les femmes. Et donc aussi de tout ce qui en découle : dans l'art d'aimer, comme dans l'art de vivre et dans celui de créer ou d'écrire.


Normalement, l'amour est impossible ; tout s'y oppose.
Par exemple : cette passion n'est que le voile chatoyant et enivrant que le besoin irrépressible d'avoir un toit, de la nourriture et des enfants et celui d’obéir à vos “Tu Dois”, jette entre elle et vous. Tous ces affolements sexuels ne sont que de la poudre aux yeux. Cette jouissance n'en est pas une. Vous êtes déjà ailleurs.


Le reste du temps vous rejouez des scénarios de films que la Société de l'Injouissance vous propose, et qui font écho à vos colères et à vos angoisses :
Où est la rencontre ?
Où est l'amour ?
Où est la jouissance ?


Partout, du plus haut des plateaux himalayens jusqu'au plus profond des forêts amazoniennes, en passant bien entendu par toutes les cités reconstruites avec la boue de la publicité et de la marchandise, les hommes et les femmes, pauvre bétail d'animaux plus ou moins féroces soumis à la nécessité, pataugeant dans la bourbe guerrière de leur préhistoire, semblent ne pouvoir vouer leurs existences qu'à ces très simples éléments : pouvoir trouver un toit, les moyens de se nourrir, pour pouvoir trouver une femme (ou un homme selon le cas –- et encore cette variante, qui donne aux femmes le choix, est-elle en quelque sorte "moderne") pour pouvoir se reproduire. Pourquoi se reproduire ? Pourquoi reproduire une telle misère ? L'histoire ne le dit pas.


Celui qui n'est pas encore, ne serait-ce qu'un tant soit peu, au-delà de l'Homme tel qu'on l'a compris jusqu'à présent, ne peut même pas se poser la question, ne se pose même pas la question. Et c'est tant mieux. Une sorte de logique supérieure, née d'une infinité de conditionnements, s'impose à lui. Et quant à ceux qui aujourd'hui ont échappé, si peu que ce soit, à cette simple nécessité de la reproduction, par le travail, du vivant –- ce que leur a permis le développement du dogme économiste –- et qui sont tout de même quelques dizaines de millions “d’oisifs” dans les sociétés dites avancées,  on voit bien que, pris qu'ils sont dans les rets des formes, métaphysiques et physiques, façonnées par l'assujettissement, anciennes, du caractère, des mœurs, des personnalités et des relations interpersonnelles qui en découlent, et englués dans la boue économiste, sociale, architecturale du spectacle marchand, ils sont menacés, d'un côté, par cette misère destructrice et autodestructrice, en eux-mêmes et entre eux, et, de l'autre, par cette tentative de la Société de l'Injouissance –- que les règles du dogme économiste, et les prédateurs qui les portent, génèrent –- d'être totalement formatés, et, bientôt, construits, selon les nécessités de leur misère caractérielle, excitée et marchandisée, utilisés ainsi, par cette misère –- matérielle bien sûr -– mais surtout caractérielle, poétique, amoureuse etc. qui est la leur, et ses caprices, comme combustible (et comme vide-ordures, comme vide-marchandises) du développement furieux du dogme marchand.


L'homme et la femme de la préhistoire actuelle n'existent que pour disparaître et être un pont vers le futur...


Et aussi :


La misère sensuelle, sexuelle, philosophique, poétique, caractérielle, amoureuse, relationnelle etc. -– tant celle que le vieil ordre religieux, philosophique et social a découverte en se retirant, que celle qu’elle reproduit –- voilà le combustible et le produit du de la Société de l'Injouissance.




Les Libertins-Idylliques, en dignes héritiers des premiers libertins, affirment leur existence envers et contre tout : les familles, les clans, les patries, les religions, le misérable cirque du Spectacle, les traditions, les débauchés, le couple, hétérosexuel, homosexuel, tous les petits métiers, tous les embrigadés — et toutes les formes d'enclanisés.


Les Libertins-Idylliques prônent une affirmation dionysiaque et poétique –- c'est-à-dire enfin libérée de la nécessité –- de l'Homme par l'Homme.


Picasso, mais dans une époque de moins grande séparation entre les hommes et les femmes et sans cet ouvriérisme populiste et stalinien qui a gâché la vie et l'œuvre de tant d'artistes et d'intellectuels au XXe siècle, leur semblerait, avec Cravan, une manifestation de l'Humanité laissant déjà voir les signes avant-coureurs de ce qui vient, ce qui devrait venir. Pour l'énergie.


Et Max Ernst et Dorothea Tanning aussi, pour la création partagée.


Les sensualistes, parce qu'ils connaissent la violence et la brutalité qui est dans le dionysiaque, qui est en eux, pensent que pour pouvoir le policer avec des formes raffinées telles que celles que l'Histoire nous a déjà montrées –- à travers les Courtois ou les Galants par exemple –- de la rencontre entre les hommes et les femmes, il faut avoir d’abord exploré et compris le dionysiaque.


Leur désir et leur jeu c’est donc :
Sensualiser, sexensualiser le dionysiaque — ou plutôt ils sont ce mouvement du monde : le dionysiaque se sensualisant, se raffinant, s’apollonisant.


Dans la considération des formes artistement raffinées, élégantes de la rencontre et de la jouissance que l’Histoire nous a déjà montrées, ils ne cherchent que l’inspiration pour l'esprit de ce qui vient, l’esprit qui devra présider à la reconstruction du monde ; mais comme finalement les uns et les autres prennent ces indications tout à fait au pied de la lettre, ces indications deviennent une difficulté pour comprendre ce que les sensualistes annoncent.


Lorsqu'ils parlent de la libération du dionysiaque, l'Homme du nihilisme accompli comprend cela, ainsi que les remarques sur la liberté de l’enfant retrouvée, comme une possibilité pour lui de libérer le refoulé, c'est-à-dire l'enfant mauvais, la demi-bête (ou plutôt la pire-que bête), l'énergie qui d'avoir été contrariée s'est démonisée, (dans l’histoire individuelle comme dans celle de l’espèce), de sorte que là aussi les affirmations des sensualistes sont mal interprétées : avant de retrouver, sous les pavés de la névrose (qui sont -– plus encore que ceux de la psychose –- ceux de l’enfer) la plage de l'irradiance amoureuse, il y a effectivement l'enfant mauvais qui veut être libre simplement pour se défouler et se venger : la liberté de l'enfant pervers et polymorphe n'est pas innocente, elle est déjà surchargée de souffrance, de violence, de frustrations, de terreur et de haine — archaïques, primales — déjà ravalées.


Il faut traverser (pour l’individu comme pour l’espèce) cette couche-là, mauvaise, de la volonté de la liberté d'être et de s'affirmer, pour toucher au degré zéro de l'existence dans la rage d’annihiler, la terreur et la souffrance archaïques, pour pouvoir, dans ce mouvement, découvrir, dans la courbe ascendante qui à partir de là peut se déployer, l'abandon amoureux dont nous parlons, et ainsi entamer l’exploration du sensualisme suprême.


L’unique base possible pour le raffinement des êtres.


Les sensualistes ne cherchent pas à savoir si, en imitant les bonobos ou, à l’inverse, en se livrant aux excès fanatiques de l’ascèse, les existences sociales dans le monde tel qu'il est, et avec les hommes et les femmes tels que l'histoire nous les a légués, seraient plus faciles, ou si là se trouvent de meilleurs remèdes à l’ennui, à la souffrance et à la violence que ce monde génère (et qui sont sa production première et son carburant): ils veulent changer le monde et réinventer l'amour.


L'idée d'imiter -– ou d’être –- des singes le soir (ou, au contraire, des renonçants auto-punitifs) et des chiens de guerre le reste du temps, cette idée comprise comme stade ultime de l’évolution de l’espèce, ils la laissent à méditer à ceux qu'elle pourrait effleurer et qui doivent s'arranger avec le monde tel qu'il est, au point de ne même pas pouvoir le dépasser en pensée.


Dans l'infinité des combinaisons de tout ce qui est et qui dans le mouvement du temps, incessamment, se recompose, et pour l'éternité, les sensualistes très sûrs dans ces conditions de voir à un moment du monde leur art s'imposer commencent à brosser le portrait du gai savoir, du bel amour, du monde aimé, tel qu’il leur plaît.


C'est ce que l'on appelle, en souriant, l'immense liberté de l’Éternel Retour.






Créez, il en restera quelque chose.












(Avant-garde sensualiste 1. Juillet/décembre 2003)









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vendredi 22 septembre 2017

Efflorescence du Temps suivi de La joie altière des amants







Efflorescence du Temps


Sur la petite route ensoleillée
Cette chose ouverte au ciel
Descendre en admirant les sommets
Dans la plaine apaisé


Remonter vers ses terres
Remercier le ciel de vous les avoir accordées
Dans la blancheur fleurie du salon
Et tout au long —
Efflorescence du Temps



Le 21 septembre 2017









La joie altière des amants



Allongé dans la jouissance du Temps
Qui suit le sommeil d’extase
L’extase
Ce merveilleux triomphe d’abandon convulsif à la Beauté
Cette apothéose anthume
–  Passionnée
Éperdue
Mystique –
Des amants
Au bout d’une longue
Délicate
Caressée
Enflammée
Submergée
Turgide
Dérive exaltée
Sur les terres de la puissance
De la délicatesse
De la joie
De l’amour et de la liberté —,
Je bénirais le ciel si mon esprit n'était pas si illuminé
Dans cette oraison de silence
Où ma raison fait silence
Et me laisse muet…




"L’homme le plus heureux de toute l’histoire de l’humanité"
Fut ma dernière fusée
 Avant de sombrer






Le 22 septembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017






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lundi 18 septembre 2017

Extatisme galant






Plume et lin
Coussins de velours serrés
Extase avancée
Caresses ensoleillées
Jeux enjoués
Amour de gaieté

Extatisme galant
Feutré






Le 18 septembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017
 
 
 
 
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dimanche 10 septembre 2017

Pour endoctriner on ne vise jamais trop bas








Ce n'est pas tout de dire que la promiscuité sexuelle est l'aumône que la société de l'injouissance accorde à ses esclaves pour les faire tenir tranquilles : il faut dire également que cette promiscuité sexuelle fut aussi cette arme dans la guerre psychologique que mena le capitalisme privé contre le capitalisme d'État, qui permit, entre autres choses, au premier de gagner la Guerre Froide qu'ils se faisaient ; que des pulsions destructrices et auto-destructrices sexualisées de l'injouissant contemporain elle est le bourrier fabuleuse aubaine mercantile des temps présents sur lequel prospèrent toutes les scathophagidae des différentes maffias de la finance et du reste.


Ce n'est pas tout de dire que le monde moderne, ["l'américanisation du monde"], est arrivé à institutionnaliser avec une telle astuce le "changement", la "révolution", l'"anticonformisme", que toute entreprise de libération est une routine inscrite dans le règlement de la prison : il faut dire aussi que : le "monde moderne", "l'américanisation du monde", l'a fait pour les deux raisons que j'ai dites plus haut : parce que dans cette course au désarmement moral, à la débauche et à la transgression, le capitalisme privé, à l'Ouest, était sûr de l'emporter face à un capitalisme d'État, à l'Est, incapable de le suivre sur ce terrain parce que s'appuyant au contraire sur un surmoi fort, même si endoctriné, de ses esclaves, volontaires ou non… tout à coup tout émoustillés par ce qui se passait de l'autre côté du Mur ; que ce point du règlement de la prison est maintenu, et exploité aujourd'hui à outrance, toujours dans une optique de guerre économico-religieuse contre tout ce qui n'est pas cette américanisation du monde. C'est ce mouvement qui a vu sélectionnés, de l'art et de la philosophie à la musique, en passant par la littérature et le reste, les plus tarés que l'époque offrait : regardez l'histoire du pop-art, de la pop-musique, de la pop-littérature, de la pop-philosophie.

Bien sûr, on pourra dire de tout cela ce que l'on dirait du "zoo intellectuel de Vincennes" : ce sont de vieilles armes, aujourd'hui dépassées mais elles ont impressionné les imbéciles, en leur temps. Et fait ce qu'elles avaient à faire.




La promiscuité sexuelle pour les termites, la sexualisation de la termitière tout entière, par le biais de la pop-culture, commença juste après la Première Guerre mondiale par un emballage des marchandises pour mieux les vendre (pin-up etc.), devint ensuite associée à l'intoxication généralisée par les stupéfiants soudain démocratisés une arme de combat dans la Guerre Froide, et, enfin, un nouveau filon en elle-même. En dehors de cet usage, l'exploration sexualisée des pulsions secondaires infantiles sado-masochistes, tout comme les stupéfiants d'ailleurs, est une erreur et une fausse piste.



Nous héritons aujourd'hui de ces "baby-boomers" et de leurs descendants intoxiqués à la destructuration du moi, depuis toujours excités et exploités libidinalement pour les raisons que je viens de dire —, sans aucune expérience de la sensibilité et accros à cette domination impérialiste et vulgaire de leur inconscient —, comme d'une arme d'un autre temps : certains craignent que l'I.A. — si elle a jamais le temps de se développer — ne s'en débarrasse : mais que ce soit en tant qu'arme de propagande ou comme bétail exploitable, ils représenteraient de toute façon une variante inutile de l'espèce Homo sapiens dans un monde ayant dépassé et l’exploitation esclavagiste-marchande et les guerres économico-religieuses.
Dans un tel monde, rien, ni dans leurs goûts ni dans leurs différents emplois du temps et assez peu dans ceux des hommes de l'ancienne domination religieuse , ne mériterait d'être retenu.




Un représentant contemporain du genre en question pourrait par exemple écrire qu'il a fini par décrocher un emploi dans ses goûts, à La Défense. Se demander : que désirer de plus ? Mais, "bizarrement", avoir, le premier soir, un sentiment de vide, un premier doute.


Oui, bien sûr on pourrait aussi se demander pourquoi un autre représentant du genre humain, de l'Ancien Régime cette fois, avait pris la peine de faire construire un château, et de réaliser un parc, à Versailles, et d'y réunir des musiciens et des poètes ; et aussi ce qu'il aurait pensé de "La Défense", et de la "défonce", qui va nécessairement avec, tout aussi bien.

Mais, on le sait bien :

« Le spectacle, qui est l'effacement des limites du moi et du monde par l'écrasement du moi qu'assiège la présence-absence du monde, est également l'effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la fausseté qu'assure l'organisation de l'apparence. Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d'imitation qu'éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. »


On peut se demander quand même où est la vérité vécue pour les masses atomisées qui ont grandi dans la misère considérée sous ses aspects économique, politique, architectural, musical, psychologique, sexuel et notamment intellectuel, misère qu'accompagnaient le mensonge et la privation d'expériences sensorielles accomplies privation elle-même paradoxalement obtenue par l'excès d'excitations infantiles et triviales , et on pourrait remarquer aussi que, pour les injouissants, la solution, le miracle, l'extase consiste toujours à se mettre en tas, à faire meute, et, surtout, à faire le plus de bruit possible, ce qui fait que le "monde moderne", en plus d'être malsain, laid et sale comme une usine est également bruyant et grouillant comme un asile d'aliénés déchaînés.



Le 10 septembre 2017




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lundi 4 septembre 2017

CE QUI BOULEVERSE suivi de GENETTE ET CÆTERA








CE QUI BOULEVERSE



Ce qui bouleverse et élève :


Une jeune musicienne-philosophe
Qui vous fait sentir combien son cœur
Est lié à l'âme de Bach
Le remords que vous en avez
De l'avoir imaginée livrer cette musique
Son âme
Aux triades et à leur bétail


Cette musique elle-même
Dans la canicule et la douceur d'un cloître
Qui vous émeut
Et vous fait pleurer
De bonheur
À chaudes larmes
Le regret que vous en avez d'avoir parfois cédé
À votre temps
À sa vulgarité


Ce qui bouleverse et trahit les belles âmes


[…
 
 
 
     …]   


Ce qui bouleverse et fait bénir la vie


Les rires inextinguibles
À jouer comme des enfants
À imaginer des courses de petits chevaux honnêtes
La délicatesse de l'amour
Et la fraîcheur de votre cœur et de votre âme
Après et dans son mouvement


Plus tard dans la nuit
Voir des jeunes gens riches et puants
Sur un écran
Penser que vous n’êtes pas devenu un mort-vivant
Comme leurs pères
Qui furent à leur âge vos amis
Grâce à une fusée
Que vous avez fait exploser
En permanence
À Saint-Germain-en-Laye




Ce qui laisse sans voix


Exister
Être ainsi
Ici






Le 3 septembre 2017






GENETTE ET CÆTERA



Au réveil, le four à pain
Au loin
Puis nos jeux de mots dans le soleil
Cette bonne leçon
Qui nous fait tant rire


Enfin, l'infinie douceur du soir
Notre envoûtement par le parfum du datura
La lumière du couchant dans les champs
Presque cachée sous les branches mêlées


Un Priape négligent
Habite cette closerie des merveilles
C'est certain
D'ici, nous pouvons voir les piliers des treilles
Au loin
Où sous l'ombre du pampre noircit le raisin


Bénir la vie
La bénir encore
La bénir mieux :
Sans plus y penser et sans un mot


Bénir la vie intense : en jouir en silence


Plus tard
(J'écris ceci dans le jardin
Dans cette magnifique nuit de pleine lune
Du 4 au 5 septembre 2017
Dans cet absolu silence que rien ne trouble
Hors le chant des grillons)


Après l'américanisation du monde
Le monde post-américain


"Nous assistons au retour de l'équilibre des puissances: face à une puissance hégémonique, les autres pays s'allient pour mettre fin à l'hégémonie et imposer un retour à l'équilibre des forces. C'est le système dont la théorie a été élaborée en Europe entre le XVIIe et le XIXe siècle, qui est aujourd'hui transposé à l'échelle mondiale. La Turquie et l'Iran se rapprochent mais cela est à replacer dans la restructuration de l'Eurasie pour contrebalancer la puissance américaine. L'Organisation de Coopération de Shanghai est en train de rassembler, autour de la Russie et de la Chine, toutes les puissances qui veulent se passer de l'argent, des conseils ou des menaces américaines."


Dans la pure jouissance du Temps
On en vient vite à oublier le monde
Et ceux auxquels il appartient
Le panier de crabes
Qu'écrivais-je l'autre soir ?



L'injouissant est un possédé : il n'y a pas de mystique juive, catholique, musulmane, vraiment ; la preuve : ce rappel constant à quelque texte sacré, l'un ou l'autre.
Il y a des mystiques chinois : Lin-tsi : "Tous les matins, je me torche avec les textes sacrés du bouddhisme".
Ainsi enfermé dans une psychose collective doublée d'une névrose individuelle, l'accès à la jouissance du Temps est refusé à l'injouissant identifié, et, s'il l'entre-aperçoit, il la noie dans son délire religieux, philosophique etc. :
l'injouissant est un tueur de vacuité, de silence, qu'il abîme et détruit aussitôt avec ses délires infantiles philosophico-religieux.
Donc, la guerre.
Souffrant ainsi, il produit son malheur et doit disparaître.
Ainsi va la violence de l'Ère de l'injouissance, l'Ère de l'injouissance
cet accident dans l'immense histoire du jouisseur céleste que fut l'Homme avant elle, et qu'il redeviendra, peut-être, après elle.


"On parle beaucoup, depuis quelque temps, de la "Nouvelle Route de la Soie" chinoise (le projet One Belt. One Road) mais ce n'est au fond qu'une tentative d'accélérer les rapprochements amorcés entre puissances du Proche-Orient, d'Asie Centrale et d'Extrême-Orient. Le retour à l'équilibre des puissances se conjugue avec la révolution géopolitique que permet la digitalisation de toutes les activités. Le géopoliticien britannique Mac Kinder avait théorisé, en 1904, l'opposition entre la maîtrise des espaces maritimes et celle de la grande masse continentale eurasiatique.
La mise en place de liaisons ferroviaires à grande vitesse, le partage instantané de l'information, l'avènement des monnaies cryptées, la construction des réseaux électriques intelligents et décentralisés, tout cela transforme la grande masse continentale en un espace beaucoup plus fluide qu'il y a un siècle. Les différentes parties de l'Eurasie se désenclavent. La grande puissance maritime, les États-Unis, perd l'avantage que donnait, il y a quelques décennies, la maîtrise des mers." *


Bien entendu, pendant que se poursuivent les recherches sur le sens de la vie qui est cette jouissance du Temps dont nous parlons , la partie suit son cours, qui peut à chaque instant avoir raison de tout.


Mais j'entends, dans le petit bois, des craquements : sans doute est-ce ma genette qui passe par là et marque son territoire.
Ni la genette ni ma belle adorée ni moi ne pesons du moindre poids face à ceux que mènent ces psychoses collectives et ces névroses individuelles dont je parlais, dont les délires politico-religieux sont encore aggravés par les questions de l'appropriation des ressources naturelles nécessaires au maintien de l'exploitation et des délires des masses.


Mais j'entends une vieille taupe qui creuse toujours : que feront les Hommes lorsque l'Intelligence Artificielle fera tout ? se demandent, très angoissés, ceux qui se définissent par leur fonction routinière.

Bien sûr, l'Avant-garde sensualiste est la réponse à cette question.

Et qui pourrait être mieux placé qu'un gentilhomme de fortune contemplatif galant "que l'on n'a jamais vu exercer ni profession ni commerce [et qui a] trouvé, au long de sa course et de ses dérives, la mine d'un or très rare et peu recherché : celui du Temps" pour apporter, certes un peu tôt, la solution à cette énigme.


Marx prétendait que l'on ne pouvait dépasser la philosophie sans supprimer le prolétariat :
la question est : comment est supprimé le prolétariat ?


Sans réponse à cette question, je laisse la parole aux grillons
Et plonge dans l'infini de la nuit
Sans un mot
Et même sans subvocation

C'est ma vocation








Genette de la Closerie des Amants




Le 5 septembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017 




* Les textes entre guillemets et en italique sont extraits d'un article récent d'un des innombrables spécialistes de géo-politique actuels, — que l'on retrouvera sans peine.