vendredi 23 novembre 2018

Éthique antipyrétique







Injouissance


La névrose caractérielle, avec ses fixations pré-génitales, ses pulsions destructrices et auto-destructrices, assassines et suicidaires, toutes ensemble responsables de son injouissance — injouissance qui les entretient en retour —, est la maladie infantile du sensualisme contemplatif — galant.


Gentilhomme de fortune

Nous ne renonçons à nos perversions que parce que nous connaissons les grâces et les délices supérieurement enchanteresses de l'amour, — et parce que nous avons la fortune de pouvoir les vivre.


La revanche des ruminants

La mise en esclavage des ruminants (bovins, ovins, caprins) pour les exploiter et consommer leur lait a produit cette inflammation chronique dont souffrent, physiologiquement, les humains depuis l'invention de l'agriculture, et qui est la cause de tant de leurs maladies (auto-immunes, d'encrassage ou d’élimination), comme la mise en esclavage, au même moment, d'autres humains, et particulièrement des femmes, pour exploiter leur progéniture ou leur force de travail, a produit cette inflammation — physiologique et psychologique — chronique qu'est la névrose, qui fait la souffrance et la fièvre qui, en pulsions irrépressibles, individuelles et sociales, taraudaient et taraudent — hier sous le vernis social, aujourd'hui sans même plus prendre la peine de se dissimuler beaucoup — l'homo normalis, hier si corseté (et fier de l’être), aujourd'hui si trash et si déjanté (et fier de l’être, — toujours).


Fièvre


La « civilisation », cette longue suite de poussées de fièvre meurtrière, s'est jusqu'ici développée sur la base d’une structure psychophysiologique inflammatoire chronique et mortifère, et c'est jusqu'à la planète tout entière qui est aujourd’hui atteinte de cette fièvre — que l'on diagnostique chez elle comme un « réchauffement climatique ».


 
Anti-pire éthique et éthique antipyrétique


C’'est en libérant les chèvres, les vaches, les moutons et le reste, et en oubliant le blé — également au sens argotique du terme — que les femmes et les hommes, apaisés, désenfiévrés — tout à la fois de la course au gain et de la course à la réalisation de leurs poussées pulsionnelles irrépressibles et maladives — pourraient — par un authentique réchauffement « climaxique », c'est-à-dire sentimental, extatique, donc contemplatif et galant, de leurs relations — réduire ce réchauffement climatique.



 
Intoxication in eroticis 


Nietzsche, Rousseau avaient, chacun à sa façon, tenté de régler cette question de l’intoxication alimentaire : Rousseau, toujours aussi malheureux dans ses choix, voyait les laitages comme un aliment de base du « bon sauvage » — quand on voit mal comment nos ancêtres chasseurs-cueilleurs auraient pu en faire la base de leur alimentation ; Nietzsche, lui, pourtant nourri sinon de laitages du moins de philosophie orientale, puisée chez Schopenhauer — qui en avait fait « sa » philosophie en la transcrivant en allemand —, en bon fils de pasteur était resté, comme son inspirateur, terriblement abrahamique en négligeant les joies ineffables de « l’accord » amoureux du yin et du yang — qu’il aurait pu y trouver —, pour n’insister que sur l’irrémédiable, à ses yeux, « guerre des sexes ». 

Mais, malheureusement pour lui, les sous-produits des amours mercenaires sont aussi méphitiques que ceux des bêtes mercenaires, et l’assujettissement et la « maltraitance », in eroticis comme ailleurs, n’amènent jamais rien de bon.


 



Voilà, chère amie, quelques réflexions sur la gastronomie hypotoxique (à laquelle il manquera malheureusement toujours les fromages !) et sur un art d’aimer (et de créer le monde) lui aussi non toxique ayant dépassé les fièvres névrotiques, elles-mêmes sous-produits de l’asservissement post-néolithique.

Mais qu’est-ce que tout cela au regard de l’actualité où, selon B. Maher, l’empereur d’Occident, à Rome, est un maffieux dont le parrain est un néo-César des steppes, qui, disposant des moyens qui sont les siens, fomente des agitations partout dans le monde.

Ceux qui sont arrivés au pouvoir par ces mêmes agitations manœuvrières, il y a cinquante ans, ont toutes les raisons de craindre l’efficacité colorée, façon révolution orange, des réseaux du Romain, qui ont aujourd’hui changé de main, surtout qu’ils sont soutenus par ceux de l’Asiate.

La guerre ne cesse jamais. Elle prend seulement des tours variés. 



À vous, 


R. C.


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vendredi 16 novembre 2018

Mâtins de Naples





Chère amie,






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Ce que je veux dire c’est que certains  ne sentant pas la terrible haine sous-jacente qui de tous côtés anime les protagonistes n’ayant pas directement ou indirectement mais par famille interposée eu l’occasion de vivre les ravages auxquels conduisent ces exécrations — s’en trouveront soulagés, tant on sent qu’ils pensent au fond d’eux-mêmes que l’on force la farce. 

Les autres savent qu’il faut être le maître de l’imposture, — aussi grossière soit-elle.

Enfin, l’injouissance cette impuissance, cette défaillance profonde des facultés poétiques, mystiques, sentimentales et amoureuses mène le monde, et ce ne sont pas ces luttes qui m’effraient mais cette misère contemplative des Hommes.

 




Seule l’extase harmonique

Elle seule m’importe

La misère de la sexualité pré-génitale me sidère
Me consterne

Je tiens invariablement que si un Homme est un contemplatif — galant
Il en sait toujours assez long
Et que s'il ne l'est pas, il peut bien savoir tout ce qu'il veut
Cela ne peut que lui nuire

Autant dire que je vis comme dans un monde de zombies


La seule vraie noblesse est celle de la contemplation galante :
Il ne sert à rien de le dire
Il faut la vivre
Et prier le ciel de la connaître toujours
Puisqu’elle n’est elle-même qu’un heureux concours de circonstances

Peindre
Photographier
Filmer
Peut-être

La théorie me semble assez vaine

La poésie devrait rester secrète



À vous,



R. C.



Le 12 novembre 2018





vendredi 9 novembre 2018

Deuxième Bureau des recherches sur l'amour et le merveilleux






Il existe un deuxième Bureau des recherches sur l'amour et le merveilleux (clic).
Merci d’en prendre note.


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Perdre terre — dans le ciel — avec les dames...








Poésies III




Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 








« La fidélité affermit les grandes passions », a écrit, justement, Porter.


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La plus fausse de toutes les philosophies est celle qui, sous prétexte d’affranchir les hommes des dangers de l’amour, leur conseille la légèreté, le cynisme et l’oubli de leur cœur.


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Monsieur V. faisait remarquer à madame de F. que l’on connaissait déjà du temps de Chamfort le rapport qui existe entre l’abandon à la jouissance amoureuse, le divin sentiment océanique et le sentiment amoureux puisqu’il a rapporté ce qui suit — dans ses Caractères et anecdotes :


« Une femme disait à M.... qu’elle le soupçonnait de n’avoir jamais perdu terre avec les femmes : "Jamais, lui dit-il, si ce n’est dans le ciel". En effet, son amour s’accroissait toujours par la jouissance, après avoir commencé assez tranquillement.


Quel homme, aujourd’hui, oserait évoquer le ciel à propos de ses jouissances ! disait monsieur V., en conclusion.


La ruine d’un monde encore contemplatif et pastoral, son remplacement par la guerre permanente menée par les moyens de la Banque, de la Technique, de l’Industrie et du Commerce — telle qu’elle s’est, et qu’elle a été, embrasée au 19e siècle —, deux conflits militaires mondiaux — au XXe siècle — sont passés par là ! » lui répondait-elle.






Le 30 août 2012



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jeudi 1 novembre 2018

La jouissance du Temps









Humeur


Il n’y a, selon la théorie sensualiste, qu’une vraie jouissance : celle du Temps, ou quand l’homme n’est riche que de l’extase amoureuse. Celle qui rejette la passion hystérique pour poétiser « l’union accomplie ». Celle qui « a fait disparaître la nécessité de la compensation du manque par l’éternisation du désir dans le poème : l’amour lance la parole dans une infinie spirale où elle semble perpétuellement posséder ce qui ne lui échappe jamais ». Ainsi se lit la poésie du Journal d’un Libertin-Idyllique, rédigé entre 2006 et 2009 par R.C. Vaudey. Ainsi s’interpose, avant la curée de la rentrée littéraire et contre la poésie excitée du manque, cet étrange calme avec retour à la ligne rythmé, cette évocation de Venise où l’amour se goûte sur le quai et dans le palais caché, où l’étreinte est ondulée, ductile et profonde, pas mise en scène. L’extase derrière le verrou.
C’est donc un plaisir discret, ondulé, ductile et profond que cette poésie.


[… ]


Ces deux poétiques n’ont en fait rien à voir entre elles. Toujours est-il qu’elles savent mettre leur lecteur d’humeur apaisée. Ce qui est sans doute la quête du plaisir. À défaut de l’obligatoire bonheur dont les pédagogues du bien nous rebattent les oreilles. Lisez, dans le silence habité


Jacques Sterchi

La Liberté (Fribourg)
Le 27 août 2011




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