samedi 31 août 2019

Paradis sensoriel







Mon Dieu !
Quelle beauté !
Ce saisissement soudain
De nouveau
Par le Beau
L'Au-delà du monde


Du triste monde !


La Merveille
Qui s'ouvre dans ces éblouissements
Intermittents
Et ce silence
De toute pensée
Permanent


La Merveille…
Me revoilà Elle
Ici même…
À l'endroit où l'avant-veille…
Je projetais de foudroyer…


Mais qu'importent ceux qui n'ont pas lieu…
(Et ceux qui m'offrent de s'occuper d'eux…)


Parlons du feu
Qui consume en un instant
La violence et l'amertume —
Qu'un baiser
Fait soudain s'embraser
Qui vaporise ainsi
Mon âme sans pitié
Qui fond dans son éclair
Ma roguerie désensibilisée
Cette violence plus autocratique
Qu'aristocratique
Qui sans vous me posséderait —


Un baiser dans des rires
Donc —
Et s'ouvre soudainement
La voie des grands sentiments…
Grands sentiments qui nous enlèvent
Dans leurs puissants mouvements caressants …
Puissants mouvements caressants
Convulsionnaires
Involontaires…
Qui sont l'Âme même du Monde
À travers nous, battant —
Qui balaient ciel et terre
Et avec eux
Le monde des malheureux morts-vivants


C'est l'Été…
Très chaud…
Mais pas caniculaire…
On lève les bras au soleil
Dans notre paradis sensoriel
Où l'on n'a plus de mots
Dans cette danse qui semble transcendantale
Et qui nous impose son tempo
Mais où — au vrai —
On baigne dans le Bon
Le Beau
Et la Divinité
Immanents-ciels
Qui mènent le bal
Jusqu'à cette extase intégrale
Qui nous ravit
À l'unisson
Dans les pleurs et dans les cris
Et nous anéantit
Dans une même cosmique fusion
Nous laissant là où
Et comme –
Nous sommes tombés
Glisser
Presque instantanément –
Dans les bras de Morphée


Amants, heureux amants…


Au réveil
Alors que je reste sans voix
Assis dans l’exhalaison du soir —
Ça se tait
Longtemps —
Puis, Ça me dit  :


«  Mon Dieu !
Quelle beauté !
Ce saisissement soudain
De nouveau
Par le Beau
L'Au-delà du monde


Du triste monde !


La Merveille
Qui s'ouvre dans ces éblouissements
Intermittents
Et ce silence
De toute pensée
Permanent »


Enfin
S’ouvre de nouveau
Le monde tel qu'il est
Hors de l’être et du temps —
Lorsque nous y sommes
Sans plus y être —
Vraiment



Amants, heureux amants…






Le 31 août 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019




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