dimanche 8 juin 2014

Ô gentilshommes, ô belles dames, si nous vivons que ce soit pour :






LE MONDE — LA PRÉSENCE



Dans la blancheur du silence
De l'été
Précocement débarqué
En force
Comme une chape qui vous étouffe
Et vous brûle
Bien délicieusement
Après le premier bain
Alangui de l'amour
Que l'on faisait hier
Avec cet appétit de fauves
Ravis de désir
Emportés tout de suite
Dans les éblouissances
Que nous donnait le délicat chemin
Que l'on faisait
Qui nous faisait
Nous étirer en rugissant
En transe
Dès l'entrance –
De bonheur et de vraie joie
Plus belle encore que les vraies joies de l'enfance –
Découvrant dans cette bienheureuse fièvre
Toute la puissance et toute l'extravagance
De la beauté de la vie qui nous danse
Savourant sa démesure
Sans vouloir jamais y mettre fin
Puissants dans la douceur
Délicieux dans la profondeur
Caressants dans l'ardeur
Ondulants dans le bonheur
Onctueux dans l'avance
Mutins et subtils
Dans nos caressements ultimes
Jusqu'à ce que dévale pour nous le ciel
Dans nos cris et nos grondements
Infinis
Et que
Dans la mirifique surabondance –
Jaillissent
Le miel
Le monde
La présence
Comme un paradis qui vous inonde —
Je goûte
Le miracle d'être…
Et du monde
La délicate musique caressante du silence

Le 8 juin 2014




 
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