vendredi 1 décembre 2017

FANTASIA et MIRACLES










Le mouvement spontané de l'univers




Bien sûr, les émotions contemplatives — galantes sont liées à l’enfance. Et même à l’enfance la plus archaïque : j'ai écrit quelque part comment le réflexe de l'orgasme est lié, d'un côté, à celui la naissance, et, de l'autre, à ceux que l'on observe dans certaines situations lorsque la vie quitte un corps. 




Le divin enfant




Dans le meilleur des cas, la mère et le père connaissent cette expérience bouleversante, émerveillante, viscérale de l'orgasme ; et la mère celle tout aussi éblouissante de l'enfantement ; et cette dernière expérience est partagée par le nouveau-né : la conjugaison des sexes opposés et la procréation sont donc des situations dans lesquelles tout le monde vit, sentimentalement et physiologiquement, des émotions extraordinaires, émerveillantes, proprement miraculeuses : tout commence donc, dans ce meilleur des cas envisagé ici, par des miracles : pourquoi s'étonner que d'autres moments de la vie ramènent à ces débuts miraculeux de la vie — vie qui est d'ailleurs elle-même un miracle (dont personne ne s’étonne) ; qu’ils s’en nourrissent, ou même que ces miracles archaïques soient eux-mêmes à l’origine — par leurs résurgences — d’autres miracles, plus tard dans l'existence.




Le nouveau sentiment de la puissance : l'état mystique




Si les Hommes doivent changer et changer le monde, ce ne peut être que pour créer les situations et les caractères qui rendraient ce miracle de la vie sensible et bouleversant pour tous. Mais dans ce monde, ce que les parents ne peuvent que transmettre par la suite, c'est seulement l’ensevelissement du miracle de la vie — lorsqu'il n'avait pas déjà été ravagé par les traumas prénataux ou par celui d'une naissance traumatisante —, donc seulement la destruction de l’expérience vécue de ce miracle chez eux par la castration qu'effectuent les violences familiales, sociales, « économiques », ethniques etc. qui donnent les types socialement, culturellement, « tribalement » etc. calibrés que nous connaissons, avec leurs caractères et leurs goûts si prévisibles et si reconnaissables.





Hélène Vaudey




Ma mère a-t-elle eu un accès particulier à ce miracle ? J’aime à le penser. Comment l'expliquer ? Peut-être par le fait qu'elle passa une bonne partie de son enfance sur les terres de ma famille (plutôt qu’en ville), en contact avec les femmes et les jeunes filles berbères — et leur grande liberté sensuelle —, avec lesquelles elle devait partager une grande complicité, leur langue ayant été sinon sa langue maternelle du moins l’avait-elle apprise dès son plus jeune âge.




Hélène,Vera, Charles et R.C. Vaudey




Cette proximité avec des femmes et des jeunes filles très fortes, qui avaient donné, entre autres, la Kahina à leur peuple, et très libres sensuellement (dont elle m'avait dit un jour que durant leurs fêtes elles dansaient jusqu'à l'orgasme), explique peut-être qu'une catholique comme elle, dont la famille avait été si liée à Rome et à la très catholique maison de Savoie (son arrière-grand-oncle, l'abbé Jarre, ayant été le précepteur des princes de cette maison de Savoie, — dont Victor, qui devint le premier roi d'Italie), catholiques qui voient bien un miracle dans l’existence du monde mais qui n'en voient généralement pas dans la vie charnelle (même si Jean-Paul II a, semble-t-il, sans doute fait évoluer un peu les choses), cette proximité, donc, explique probablement sa relative aisance avec les mouvements viscéraux, primaires de la vie : elle m’avait confirmé que j'étais pratiquement né avant qu'elle fût arrivée à la clinique après qu'elle eut ressenti durant un dîner les contractions qui annonçaient ma naissance, clinique qui n'était qu'à quelques minutes de la villa : pour une nullipare au cœur si fragile qu'il aurait dû, selon le corps médical, l’empêcher d'être mère, on peut dire qu'elle n'aura pas enfanté dans la douleur, comme l'en menaçait la vieille malédiction divine du monothéisme abrahamique.


J'aime à penser que c'est sa grande proximité, depuis sa plus tendre enfance, avec l’animisme matriarcal berbère qui en aura protégé cette fervente Catholique —, et moi avec, par la même occasion.


Et qui nous aura permis d'échapper, en partie, aux deux millénaires et quelques de haine des sens des religions abrahamiques — qui ne sont que du platonisme pour les peuples...


Le platonisme, cette forme dégradée de la contemplation qui (d'avoir perdu l'étonnement muet qui nous fait retrouver « l’état mystique » ((l’unité avec ce qui ne peut être nommé)) est devenue au mieux une méditation — au pire une superstition — studieuse, tantôt quémandeuse, tantôt calculatrice, — toujours explicatrice… qui va bien à une Humanité voluptueusement, poétiquement, extatiquement castrée par le patriarcat esclavagiste-marchand, et qui sape elle-même les bases de sa propre nécessité, la machine rendant — à la fin – nous y sommes —, obsolètes les Hommes mécanistes et/ou bigots qu’elle a formés : l’I.A, qui pourrait bien être le nom de leur exterminateur de maître, si elle se développe jamais, ne pourrait avoir d’autre raison d’être que de servir les Hommes contemplatifs — galants, dont nous donnons en quelque sorte au monde l’idée.











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