Le
seul usage cohérent de la “philosophie”, à ce qu'il me semble,
consiste évidemment à séduire les filles (ou les garçons, selon
le sexe). Du moins, c'est comme ça que je l'appréciais, jeune
homme. (Pour être tout à fait franc, je lui accordais, à l'époque,
une autre importance : j’y mettais un méchant sérieux, pour ne pas
en avoir compris tout le sens et senti tout le sel...)
Une
belle femme philosophe qui essaierait de me convaincre de
l'importance de Parménide dans l'histoire de la pensée européenne
ne devrait avoir d'autre but, il faut l’espérer, que de briller à
mes yeux et, certainement, y parviendrait-elle parfaitement.
Je
lui dirais, pour la taquiner, que l’illusion est ; et les sens
aussi.
Ces
jeux de séduction une fois effectués, il faut souhaiter aux
“philosophes” (hommes et femmes) de pouvoir se rencontrer et
s'abandonner à leurs pulsions vaudéennes... (pour reprendre ton
expression que je trouve bien plaisante...)
Voilà
donc bien longtemps maintenant que le seul bon usage de la
philosophie me paraît être ces longues discussions autour du sens
du monde, en se promenant dans les jardins surensoleillés
surplombant la mer Égée ou la Méditerranée, ou, aussi, à la
terrasse de ces cafés — par exemple, ceux de palmes, face à la mer
d'Arabie ou à l'océan Indien (qui sait ?) — où se jouaient ces
jeux de séduction délicats et raffinés dont on sait maintenant que
les Sensualistes espèrent seulement qu'ils aboutissent à
d'authentiques rencontres qui permettent aux uns, aux unes et aux
autres — pour reprendre le mot d’un autre — de s'emparadiser
les uns les autres...
Les
promenades, les jardins, les terrasses, les plages, la rencontre, la
belle séduction, la reconnaissance de la beauté de l'autre et du
monde, l'abandon aux pulsions vaudéennes… l'emparadisement...
Que
peut-il bien y avoir d'autre ?
Et
à quoi pourraient bien servir d'autre la théorie, la philosophie...
et le reste...
Car
ce n'est évidemment pas non plus par un travail patient et acharné
que se déploie la figure de ce qui renverse le monde…
La
preuve.
Le
6 juillet 2005.
Avant-garde
sensualiste 3 ; Janvier 2005/Juin 2006
.