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lundi 31 décembre 2018
dimanche 23 décembre 2018
Amants… Heureux amants*
Tourbillon de bonheur
Quel étrange Éther
S’illumine
ici
Dans
ce monde
Absolument
gris
Dans
cette misère ?
Quel
étrange Éther
Magnifie
notre vie ?
En
suspension dans les vagues
Je
goûte le miracle de l'aspiration
Au
bonheur extasié
Où
vous êtes emportée
Pourquoi
devrais-je tout précipiter ?
Tandis
que vous vous déroulez
À
l'infini
Dans
l'immensité
Sur
un tapis d'étoiles velouté
Je
savoure sans mémoire
La
beauté insensée de l'abandon
À
la vie déployée
Pourquoi
devrais-je faire cesser
«
L'Amplitude-tellement » qui nous a emportés ?
Dans
une délicatesse de paradis
J'ai
depuis longtemps abandonné tout souci
Et
je jouis de la pluie
D'étoiles
filantes dans les beaux cris
Qui
accompagne votre dissolution-vertige
Dont
le ressac immodéré toujours vous entraîne
De
nouveau vers ce mât de misaine
Qui
à la proue de notre voilier
Irrésistiblement
m'emmène
— Mais
au rythme calme de son imperium
De
gentilhomme
Lent
et aimant
De
bel amant
Parfaitement
médusé
Éperdument
émerveillé —
Vers
vos fonds marins
Où
— je le sais bien —
Se
trouve le paradis retrouvé
— Que
je rejoins finalement
En
grande plongée
… Toujours
en ange-dauphin
Vous
rejoindre en grande plongée
Vers
la fin de ce qui semblait
Une
série de vagues infinie
C'est
relancer immodérément
Notre
immersion éperdue vers des confins
Dont
nous ne savions encore rien
Découvrir
ainsi enfin l'amour à mon âge
C'est
comme pour un enfant
Découvrir
un merveilleux coquillage
Sur
une plage de sable blanc
Formant
le rivage
D'un
immense océan
Sous
un soleil de diamant
Une
beauté sans nom
Un
miracle un émerveillement
Un
rire de joie le silence
La
renaissance du monde
Une
allégresse une félicité
Une
transe un transport un ravissement
Une
extase, enfin,
Qui,
elle, ne peut se comparer à rien
Et
nous laisse pantelants
Au
réveil
De
nos aventures
Silencieux
Tendrement
caressants
Nous
sommes — sans raison — heureux
… Probablement
parce que nous avons trouvé
Le
secret de la jouissance du Temps…
La
grande santé
— Affirmative
– Contemplative
—
Ne
se trouve que là :
Dans
cet abandon complet
À
ce qui nous est donné
Lorsque
nous osons accepter
Les
délices non-contrôlées
De
la puissance
De
la délicatesse
De
la volupté
Dans
l'étreinte charnelle
(Qui
— Il
est facile de le constater —
Semble plus généralement
Plutôt
rendre fous
De
rage spectaculairement stéréotypée
— Sadique
– Masochiste
—
De
fétichismes
— Loufoques
ou monstrueux et inquiétants —
Nos
contemporains
— Qui
tout aussi bien
Partout
ailleurs
Peuvent
être des gens plutôt avenants
Voire
rieurs… —
Quand
de l'amour l'Eldorado
Se
trouve seulement dans ce langoureux et merveilleux tempo
Où
s'accordent les corps
Dans
le plus aimant
Et
le plus caressant des slows)
Heureux
ceux qui aujourd’hui — enfin ou encore… —
Ont
pu se rencontrer
Se
reconnaître
Pour
à la vie renaître
Et
qui trouvent l'amour, la beauté et l'extase
Dans
leur art d'aimer
— Sinon,
où les trouver ? —
À
ceux qui s'aiment !
Aux
jouisseurs de paradis !
Aux
beaux amants…
Contemplatifs
— galants !
Et
tutti
quanti !
(*Amants,
heureux amants, voulez-vous voyager?
Que
ce soit aux rives prochaines;
Soyez-vous
l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours
divers, toujours nouveau;
Tenez-vous
lieu de tout, comptez pour rien le reste.
J'ai
quelque fois aimé : je n'aurais pas alors
Contre
le Louvre et ses trésors,
Contre
le firmament et sa voûte céleste,
Changé
les bois, changé les lieux
Honorés
par les pas, éclairés par les yeux
De
l'aimable et jeune bergère
Pour
qui, sous le fils de Cythère,
Je
servis, engagé par mes premiers serments.)
Le 22 décembre 2018
R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
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jeudi 20 décembre 2018
Dialectique sensualiste & Le tabut du monde
Dialectique sensualiste
À
Roanne
Saby
nous fait pleurer
Et
nous admirons chez les jeunes musiciens
L’interaction
du féminin et du masculin
— Le
jeu du yin et du yang —
La
virilité virtuose…
La
féminité sublimée…
Et
la façon dont cette dialectique sensualiste agit
Et
resplendit
… Pour
notre bonheur de mélomanes comblés
Nous
sommes une espèce sexuée :
Les
femmes et les hommes se réjouissent de se retrouver
— Pour
jouer
– Quand
bien même il s’agit de musique sacrée…
—
Et
cette rencontre les ennoblit
Tout
au plaisir qu’ils sont de se courtiser
De
se séduire
De
se dépasser
De
briller…
— S'exaltant
Les
uns les autres…
—
Pour
finalement se fondre
Dans
un ensemble et un accord parfaits…
Une
miraculeuse harmonie…
Après
le concert
Le
maestro vient s’excuser…
Croyant
nous avoir négligés
Aujourd’hui
Vous
jouez comme une enfant dans le couloir
Avec
la petite Neige…
Tant
de fraîcheur et de gaieté
Avec
ma jeunesse ardente et amoureuse
Par-dessus
le marché :
Mon
cœur est comblé !
Le 17 décembre 2018
R.C
Vaudey
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
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Le tabut du monde
— En
détournant —
De
nous aussi on pourrait dire :
Ils
emploient le loisir qui leur est donné
— À
l'écart du tabut du monde —
À
savourer les grandes grâces qu'ils ont reçues du ciel
Mais
le tabut du monde qui peut s’en dire retiré ?
Le 19 décembre 2018
R.C
Vaudey
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018.
dimanche 16 décembre 2018
L’ELDORADO suivi de Documents relatifs à la fondation de l’Avant-garde sensualiste
L’Eldorado !
La
venue de l’extase…
Ce
à quoi l’humain contemporain
— J’en
suis un —
Est,
par sa vie, le moins préparé…
Il
est si facile
— Quand
bien même il n’est pas obligatoire —
De
se couper de sa sensibilité…
Tout
y engage
Et
tout semble plus facile que de rester
L’âme
ouverte au monde…
L’attirance
de la dureté …
J’ouvre
mon âme étonnée
— Riante
de bonheur retrouvé —
En
ouvrant votre cœur de baisers
Mes
yeux se ferment :…
M’envahit
Mon
sourire extasié…
Comme
un qui reconnaît
— Dans
sa transe —
Un
air tant aimé
Pavane…
Groove…
Tempo
serré…
On
entre dans le mouvement
Comme
deux jazzmen
Emportés
par le feeling
Dans
une longue impro
Qui
n’en finit pas de durer…
On
varie et échange les solos…
On
s’épuise de beautés inattendues
Qui
finalement nous exténuent
Être
exténué
— En
vrai —
Par
le Bon …
Le Beau…
Le Beau…
Le
Vrai…
Voilà
ce à quoi mes études de philosophie ne m’avaient pas préparé
(À
bas la métaphysique platonicienne !
Vive
l’ultraphysique héloïséenne !)
La
Sorbonne a des limites…
Nous
les avons outrepassées :
Nous
sommes dans le génie
On
en gémit
C’est
trop sensible
Trop
bon !
Trop
beau !
Trop
frais !
Miracle
de l’irradiance de la vie
Qui
nous a saisis !
Le
mouvement se poursuit
Tout
semble inédit
Tout
paraît inouï
Aimer
la vie !
Aimer
la fusion magmatique des désirs
Qui
s’empirent
Dans
une spire
Qui
étend son empire
Au
plus intimes de nos cris
De
nos soupirs
Le vieil air
Le bel air
Le grand air nous a ressaisis :
« "Inventeurs" bien autrement méritants
Que
tous ceux qui nous ont précédés —
Musiciens
même, qui avons trouvé quelque chose comme la clef de
l’amour »
… Ou plutôt : qui en sommes possédés !
Être
possédés par l’amour et sa clef
Par
le fabuleux
Le
prodigieux
Le
merveilleux de la vie
Se
déployant
Sans
souci
Vertigineux
Incroyable
Confondant
Bouleversant
Annihilant
Aimer
la vie
La
sentir palpiter
Avec
une sensitivité infinie
Se
sentir s’y accorder
Dans
une harmonie de Paradis
Le
rythme dans la peau :
L’Eldorado !
… Jusques
aux Chutes du Niagara…
Plongeon absolu
Dispersion
Interminable
fusion-beauté-convulsion…
Puis
Néant
épanoui…
Sommeil
angélique…
Éveil
séraphique
À
part ça, je voudrais n'avoir jamais rien dit :
Je
ne suis que là…
Je
ne suis que ça…
Cet
amour de la vie
Cet
éloge vivant de la joie
Voilà
!
C’est dit !
Merci !
Le 15 décembre 2018
R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
Le 15 décembre 1992
Le 21 février 1993
R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
Documents relatifs à la fondation de l’Avant-garde sensualiste
SUR
LA PLAGE DU CIEL
L'ÂME
ÉTOILÉE...
Celle
qui ouvre ton cœur
Que
tu aimes de toute ton âme
Sans
ombre
L'esprit
clair
Et
tendre
La
femme que tu aimes
Sans
penser
Puissamment
Profondément
Sans
arrière-pensées
Avec
cette passion sincère
Dans
le jeu, les rires
Et
l'immense sérieux du plaisir, sans rire, en riant,
Celle
qui ne t'a pas blessé
Que
tu n'as pas blessée
Celle
qui ouvre ton cœur, ton corps, mon âme, celle qui efface tout le
reste, ramène le vrai, l'être, belle beauté convulsive, tendre et
puissant abandon
Celle
qui éclaire tout le reste
Explique
sans rien dire le faux
du
reste
Celle
que tu aimes corps et âme
Bavard
mais étoilé
Celle
qui parsème ton âme dans les étoiles
Tu
y es !
Celle
qui vibre longtemps en toi
La
femme qui te respire avec son ventre de femme, de fée
Celle
dont tu irrigues le cœur de ton âme
Fleur
ouverte après l'ondée
La
femme au ventre source ruisseau fleuve océan houle marine vague
raz-de-marée
Celle
qui te laisse sur la plage du ciel l'âme étoilée
Celle
que tu peux aimer, que tu n'as pas blessée, qui ne t'a pas blessé
Celle
qui t'accueille, t'aspire, te fond, que tu accueilles remplis que tu
fonds
La
femme de ton âme
Celle
avec qui tu découvres la vérité de la vie jeu sentiment désir
puissant beauté torride
Flamme
feu passions désir désir don abandon innocence des sentiments des
sensations
Pure
délectation
Celle
avec laquelle tu goûtes la vie, la vraie vie
HA
! La belle vie !
Celle
que tu enivres, qui t'enivre tous deux chevauchant la belle vie
Tous
deux se fondant dans la belle vie
Laisse
la vague, suis la houle, suis mon cœur, mon cœur, je suis ton cœur,
laisse parler ton âme, je laisse parler mon âme, toi qui ne crains
rien de moi, moi qui ne crains rien de toi
Ouvre
le monde, suis ma route terre profonde, je remplis ton âme, tu
emportes la mienne
Ô
mon âme !
Nul
n'y résiste source ruisselante fleuve vague marée raz-de-marée,
emporte nos âmes
Nos
âmes maintenant étoilées, beauté convulsive totale, corps et âme
sans pensée
Sans
arrière-pensée
C'est
la vie !
C'est
la vie !
Mon
âme extase pleine éparpillée mêlée sublime semblable
Reste
sur la plage du ciel
Mon
âme étoilée !
La
belle, la puissante, la tendre unité, et même des corps l'étonnante
synchronisation dans les vagues
Mouvements
de la langueur...
Il
faudra encore bien du temps, du temps de temps, du temps de rêve, du
temps de vie, de vraie vie pour que ce qui s'est si puissamment uni
peu à peu retrouve sa propre unité
L'innocence
de ton âme, de son âme dans l'extase emporte à l'unité du monde
et des amants, et puis, peu à peu, suit le retour à la singularité,
mais à la singularité éclairée épanouie ravie émerveillée
attendrie
Suis
ton âme, mon âme, aime de ton eau pure, de ton cœur tendre,
puissant, bel animal raffiné
Aime
de ton âme claire tendre sans pensée, sans arrière-pensée
Aime
comme on doit aimer
Puissant
et bel animal
Raffiné
diamant du monde
Amant
du monde
Aimant
la vie
Aimant
ta femme
Aime
de ton âme claire
Bel
et tendre, raffiné, animal
L'amour
la beauté la poésie
Et
tout ce qui s'ensuit...
À
celle que j'aime avec mon âme sans arrière-pensée tout feu tout
flamme bavard étoilé
À
toi Héloïse
Le 15 décembre 1992
R.C
Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1992
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1992
![]() |
Sur la plage du ciel l'âme étoilée
15
décembre 1992
acrylique
sur toile
130
x 50 cm
|
CANDOLIM
Sur
la mer
Having
played
Sur
la mer
Aux
larges épaules
Torse
ample
Sur
la mer
Le
regard posé
Sur
la mer
De
la tête aux pieds
Sur
la mer
Au
sable de grillons
Sur
la mer
Aux
caresses dans les mains du sable écoulé
Sur
la mer au petit puits d'enfant
Sur
la mer au rivage d'infini
Sur
la mer aux rivages au lointain profond
Sur
la mer au sentiment d'océan
Sur
la mer
Aux
larges épaules au torse gonflé
Sur
la mer toutes voiles gonflées
Sur
la mer puissant tendre aimé
Aimant
Sur
la mer le regard posé
Tendre
aimant aimé
Sur
la mer
Force
inimitable
Sur
la mer
Couleur
d'or
Sur
la mer
Amant
d'or
Pénétrant
caressant glissant gonflé dressé tendrement caressant pénétrant
glissant
Sur
la mer
Amant
d'or
Prend
l'or du Temps
Prend
l'air du Temps
Bel
amant
Le 21 février 1993
R.C
Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1993
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1993
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mercredi 12 décembre 2018
dimanche 9 décembre 2018
Des illuminations aux illuminescences
Historique
de l’expédition :
(La
carte du tendre)
Nous
sommes partis de là...
Sensation
Dans
les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté
par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur,
j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je
laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je
ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais
l'amour infini me montera dans l'âme,
Et
j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par
la Nature, – heureux comme avec une femme.
Mars
1870.
Des
fleuves de sensations...
(Aurore...)
Je
suis revenu mais je n'oublierai pas
Des
piliers plus que d'or
Juste
devant moi
Un
village de conte
Des
voiles d'ouate
Qui
s'en arrachent
De
grands oiseaux sur des pierres
Lisses
et miroirs à la fois
Tous
ensemble qui s'envolent
Et
se détachent sur un incendie de ciel,
Une
forêt, noire,
D'un
autre âge qui veille
4
h et demie je ne suis plus là
La
Lorelei juste devant moi
Ne
saura pas
Jamais
Et
les reflets hallucinogènes du monde dans son dos
Dans
ses mille cheveux
Et
le poids de son corps sur moi
Des
fleuves de sensations
Nouvelles
De
la mer
Se
déversent
En
moi.
Juste
retour.
(Binz. Plage de la “Freikörperkultur”;
à l’aurore... )
à l’aurore... )
Des
illuminations aux illuminescences.
Nous
sommes donc partis de là... avec cette capacité intacte à
l’illumination qu’ont parfois encore les adolescents (à quinze
ans et demi...) que n’ont abîmés ni l’alcool, ni les drogues,
ni les orgies ordurières, ni les “romances” kitschs et délétères
; et que les routines obsédantes du monde n’ont pas encore saisis.
Ni les identifications sociales.
Nous
sommes partis de là... et, pour au moins l’un d’entre nous,
exactement au même âge que celui qui avait écrit ces vers –
presque jour pour jour.
Ni
plus ni moins.
Nous
sommes partis de là... du mirifique éveil au monde où l’on ne
parle pas, où l’on ne pense rien mais dans lequel l’amour infini
vous monte dans l’âme ; et, grâce à Rimbaud, en toute
connaissance de cause – privilège des poètes français...
Cet
éveil miraculeux au monde nous lui avons été, nous lui sommes,
toujours, fidèles ; il ne nous a jamais abandonnés ; nous ne
l’avons jamais perdu.
C’est
la base de notre aventure ; et si l’on ne comprend pas cela, on ne
comprendra rien à ce que déploient les sensualistes –
aujourd’hui. Ni à leur désaveu des sociétés, de leurs
“penseurs” et de leurs “histoires”.
Dès
ce départ, nous voulions, nous aussi, aller bien loin, “comme un
bohémien” – ce qu’il nous a fallu imposer au monde qui avait
d’autres projets pour nous, et qui ne l’entend jamais de cette
oreille (mais a-t-il seulement des oreilles ce pauvre monde ? Est-il
seulement ?)
Toutefois,
ce que nous voulions, par-dessus tout, vraiment connaître, c’étaient
cette union et cette jouissance amoureuses de l’homme et de la
femme, que Rimbaud dans ce poème présentait intuitivement, mais
avec raison, comme le lieu et la formule suprêmes où se
révèle l’amour infini qui vous monte dans l’âme, lorsque l’on
ne pense plus rien et que l’on va, dans ce monde, libre et sans
buts ; le lieu et la formule étalons, à l’aune desquels se
jugent toutes les autres illuminations poétiques (“heureux comme
avec une femme”).
Il
s'agissait de trouver cette jouissance avec l'autre sexe ; pour nous,
la femme.
Il
s'agissait donc de trouver ce qui est par-delà l’éveil, au-delà
des mots ; par-delà l'éveil à la beauté sans âge du monde
qu’offre la nature – qui nous possédait déjà, par éclairs ;
par-delà ce qu’avait noté, par exemple, le haïku. Dont l’auteur
d’une “anthologie-promenade”, en français, signalait, bien
avant nous, la pauvreté amoureuse-voluptueuse.
La
rencontre, l'appariement des sexes opposés, et la divine ardeur des
sens, loin, bien loin, comme des bohémiens, par la Nature, voilà ce
qui fut, dès l’origine, notre Graal. Au-delà du satori
“naturaliste...”
Mais
ce qui fait des sensualistes – et pour parler comme Lin-tsi – des
“pionniers d’avant-garde” contre, d’une part, la folie
rageuse du caprice névrotique souffreteux de l’injouissant
contemporain, pervers polymorphe qui s’emporte dans la pensée
techniciste et que la pensée techniciste emporte avec elle encore
davantage, et, d’autre part, contre les réactions passéistes
“spiritualistes”, y compris celle que peut représenter la fuite
dans “l'éveil”, plus ou moins schizoïde, à la nature, c’est
ce que nous avions appris également de Rimbaud qui écrivait encore
:
“La
Poésie ne rythmera plus l’action ; elle sera en avant.
Ces
poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme,
quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, – jusqu’ici
abominable, – lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle
aussi !”
Le
mouvement, l’expansion, la création, le jeu, la rencontre et la
reconnaissance des êtres avec, par-dessus tout, l'amour, l’amour
charnel, comme forme supérieure d’accession à l'ouverture du
Temps poétique et à la contemplation, voilà ce que nous
recherchions. Ce que nous avons trouvé. Ce que nous offrons au
monde.
Mais,
à bien considérer les choses et le mouvement du monde, on
s'aperçoit sans trop de peine que c'est aussi ce que recherche
l'époque tout entière, ce qui est au programme “musical” de
cette saison-ci, en quelque sorte : “percer à jour le drame de la
conscience humaine afin d'apprendre à reconnaître pour les détruire
tous ses ennemis intérieurs” pour pouvoir trouver, enfin, par-delà
l'ancestrale Séparation et l'ancestrale guerre des sexes, la
jouissance du Temps et de la vie ; ce qui correspond, dans le même
mouvement, à trouver la clef des champs et des chants possibles d'un
déploiement poétique.
La
lumière.
L'aurore
pour de nouveaux siècles de Lumières.
À
venir.
De
toute façon, c’est à la pensée occidentale, celle qui a produit
le XVIIIe siècle français, que revenait le privilège de poser et
de résoudre la question du rapport voluptueux et égalitaire entre
les hommes et les femmes, et du dépassement de l’éternelle
guerre des sexes ; de liquider cette question du dépassement, d’une
part, du néo-matriarcat — qui progresse régulièrement depuis
quelques décennies et tente de nous préparer le même monde absurde
et “désenchanté” mais “fonctionnel” et régenté cette fois
– “en douceur” ou “en violence” bien castratrices – par
des pondeuses, le plus souvent anciennes agitées de la misère
sado-masochistement sexualisée... — dominé par cette vieille
folie des femmes du patriarcat — résultat de leur assujettissement
à la folie des hommes ; et donc de leur castration à la volupté et
de leur injouissance consécutives — faite de manipulation
narcissique de l’enfance, de régression dans l’analité sadique,
de masochisme pleurard et vengeur, d’hystérie spirite, et,
d’autre part, du patriarcat — résultat de la folie des
fils, des frères et des maris des premières – rendus fous par,
entre autres choses, la folie de leurs femmes, de leurs sœurs et de
leurs mères – et faite de manipulation narcissique de l’enfance
et du reste, de régression dans l’analité sadique, de masochisme
théâtral et vengeur, et donc de leur castration à la volupté et
de leur injouissance consécutives —, patriarcat qui, lui, a
bientôt fini de transformer cette planète en un charnier et une
poubelle invivables : la fameuse “poubelle de l’Histoire”...
Supériorité
française selon Céline : “... le marivaudage, croyez-moi, est
notre bien ultime aimable clef !... Amérique, Asie, Centre-Europe
ont jamais eu leurs Marivaux... regardez ce qu'ils pèsent,
éléphantins ! balourds maniéreux !....” (D’un château
l’autre).
Avant-garde
Sensualiste 3. (Janvier 2005-Juin 2006)
(Première mise en ligne : 19 janvier 2012)
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