Le
grand souffle
I
Les
grands baisers
L’air
serré
Le
grand souffle
Ébahie
II
Après
Le
trajet
Le
palais
Le
Magnificat
Bach
phénoménal
Divin
L’extase
musicale
Béate
III
Puis
La
neige
Rien
ne nous arrête
Nous
nous aimons
P.S.
Suivent
ceux de Saint-Pétersbourg
Et,
dans la nuit de Noël,
Le Double concerto pour violon de Bach
(Son
Largo
ma non tanto… )
Les
yeux baignés de larmes
Le 27 décembre 2017
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017
Sur
la grève du Monde…
Allongé
Au
réveil
En
plein été
Sur
la plage du Temps
Dans
l’anse de vos bras
Je
sens les vagues du monde
Qui
se prélassent à nos pieds
Je
sens la
vague du monde
Amoureusement
Nous
envelopper…
Vous
et moi
L'amour
c'est l'été toujours
Comment
ne pas re-sentir
— Les
yeux fermés de plaisir —
Les
baisers dont hier on se régalait
— Qui
nous embrasaient
Sur
cette même grève du Monde…
—
Et
notre poursuite immodérée
Enlacés
Notre
course au soleil
L'invraisemblable
ouverture de nos êtres
— À
l’Être au-delà de l’être
– Sans
doute…
—
L'offrande
Nos
souffles coupés
Emballés
Puissants
— Profonds
dans le raz-de-marée —
L'onction
suprême
Comme
un saint chrême
Une
bénédiction avant l'échappée extrême
Fabuleuse
Démesurée
Et
puis
— Ainsi
favorisée —
L’envolée
immatérielle
Et
le chœur de nos cœurs
— Pour
moi inouï
Tant
j’étais volatilisé…
Aujourd’hui
Des
nuages caressés
On
flotte bienheureux
— Dans
une brume
Où
Albinoni, Bach et Couperin
Témoignent
en faveur du divin de l’humain…
Les
mauvais esprits diront : il n’y a bien qu’eux…
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017
Extatisme galant
Cher ami,
Les
mystiques ecclésiastiques, en Asie, au Moyen-Orient ou en Europe,
sont le plus souvent, et assez justement, associés dans l'esprit du
public à des manifestations supra-naturelles : stigmates,
inédie, lévitation, fakirisme sous toutes ses formes.
Les
taoïstes n’y échappent pas : ils recherchent l'immortalité et
utilisent l'amour physique non pas pour unir le féminin et le
masculin mais pour les dissocier : le taoïste mâle devant, par
une gymnastique particulière, parvenir à ne pas jouir de concert
avec son amante ; bref, ils pratiquent un autre genre de
fakirisme, plus aimable sans doute que celui de certains
gymnosophistes de l’Inde.
Les
petits libertins européens, eux — de leur côté et à l’inverse
—, doivent éjaculer tant et plus mais sans jamais connaître
l'extase en comme-un, ce qui est encore un autre numéro de cirque.
J’espère que tu vois la différence avec l’art naturellement sentimental, délicat, puissant et si précieux de l’extatisme galant.
J’espère que tu vois la différence avec l’art naturellement sentimental, délicat, puissant et si précieux de l’extatisme galant.
On
pourrait dire : l’extatisme galant, c'est le passage incontrôlé dans
l'Être — qui n’est rien d’autre que ce silence, cette
illumination, ce sans-nom —, la sortie de l'étant — qu'on le
comprenne comme Volonté et représentation, Volonté de puissance,
danse cosmique élémentaire épicurienne etc.
L'extase
poétique comme l'extase galante, c'est l'ouverture sur le sans-nom,
l’intouché, l’intouchable : c'est le règne de l’illuminescence
opposé à celui de la prétendue connaissance ; la souveraineté infinie du silence sur le bavardage.
La plupart des
mystiques d'Orient ou d'Occident ont perverti ce
sans-nom avec des légendes populaires ou religieuses.
L'extatisme galant, lui, ouvre — avec un baiser, une coupe de champagne, le Double concerto pour violon de Bach, les magnifiques vapeurs de la brume qui couvre à cet instant cette campagne — à
ce qui est au-delà de tous les fakirismes, de toutes les croyances, de toutes les
superstitions et de toutes les explications philosophiques — affirmatives ou nihilistes — du monde.
L'extatisme galant ouvre à la pure jouissance du Temps.
Porte-toi bien,
L'extatisme galant ouvre à la pure jouissance du Temps.
Porte-toi bien,
Le 30 décembre 2017
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