dimanche 21 juin 2015

L'AMOUR — LA JOIE







Toshikata Mizuno vers 1900





D'abord nos rires
Au lit
Pour je ne sais plus quoi
(Ah si, Hubert-Bob…
Un improbable prénom…)
Ensuite notre étreinte
De rire
Et de Joie
Moi qui bande comme un roi
De Joie —
Vous soyeuse
Détrempée
En eau
De Joie —

Tout cela, c'est le rire de nos corps
Leur Joie de se retrouver encore…

Ensuite notre enthousiasme
Tendre
Galant
Délicat
Nos saisissements
Caressants
Notre Joie :
Parce que c'est vous
Parce que c'est moi…

L'amour a l'avantage
Incomparable
Incandescent
Transcendant
De ces privautés adorées…

En fait de taxi
Notre Éloge de la Joie
C'est plutôt l'Éloge des transports en comme-un
L'embarquement pour Cythère
Quand il est plus que temps
Après tous ces caressements

Détournant les catalogues :
Joie — débordante — de recevoir
Joie — qui vous coupe le souffle — d'offrir…


Dans l'antichambre de la navette
Cosmique
Point d'orgue de l'extase de la Joie…
Immense soupir
Cris de Joie
Opération Apollon
Un petit pas pour l'homme
Un grand Oui !
Un grand Vivat !
Pour l'Humanité…
Enfin celle con-vit là… —

Joie des pénétrations de Joie
Des ondulations rythmées
Par la Joie…
Concentrées sur l'objet de la Joie…

Pour moi
Joie sans nom
Des progressions envoûtantes
Dans les vagues superbes
Onctueuses
Saisissantes
Étroites
De la Joie

Force — Joie

Déclenchement irrépressible
De la physique ondulatoire de la Joie
Eau d'amour
Progression
Cris
Soupirs
Jusqu'à votre pompoir

Joie ! Joie ! Joie !

Parce que c'est vous
Parce que c'est moi…

L'amour a l'avantage
Incomparable
Incandescent
Transcendant
De ces privautés adorées…
L'accès au sacré
L'intime de votre corps
L'intime de mon corps
Ce que
Nature farouche et réservée —
Justement vous réservez
Ce que
Avec mon grand caractère
Détestant les privautés
Moi qui déteste être touché
A fortiori par des morues —
Je n'ai jamais accordé facilement non plus

Mais là
Expansion et Joie

Regards noyés de volupté
Dans la pénombre tamisée
Sans objectif
Laisser danser la Joie de la volupté
Jusqu'au point de presque non-retour
Nouvel accord
Nouveau tango
Le dernier
Dit l'effréné –
Dans une nouvelle configuration
Plus propice
À nos envolées
Dans le précipice
De la Joie
Déchaînée au dernier degré —
Je revois Le Bernin…
Et laisse s'emporter
Ce qui ne peut être réfréné
Et qui le voudrait ? —
Par-delà même la Joie
Jusqu'aux cris primaux
Pré-mots – ou au-delà des mots… —
De l'Über-Joie


Un taxi nommé désir — de Joie —
(Et Joie du désir)
Après un long périple cosmique
S'éparpille
Comme un feu d'artifice
Dans cette très haute atmosphère magmatique
Et illumine la voûte de notre ciel poétique


Et
Bien sûr
Comme il se doit
Comme dans tout bon feu d'artifice
Après le bouquet final
Il y a toujours des reprises
Que l'on n'attendait pas
Et des oh !
Et des ah !
Languissants
Qui n'en finissent pas

Joie des Émerveillements
Joie des Joies…
Puis Néant

Le soir
Seuls
Face à l'horizon
En se régalant
Sur la Terrasse du Temps —
Nous parviennent de la vallée
En quelque sorte des flonflons
D'où naîtront
Nous l'espérons —
D'autres Joies…

Qui dureront ce qu'elles dureront…
Un miracle à la fois !





Le 21 juin 2015






Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2015






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