mardi 18 février 2020

Le secret des voluptueux (Tableau galant)














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LE SECRET DES VOLUPTUEUX suivi de UN










LE SECRET DES VOLUPTUEUX



Il existe une forme de l'amour charnel qui unit les femmes et les hommes, et qui ouvre les êtres à une fusion poétique, mystique avec le monde.

Les humains le savent depuis toujours.
 
Dans la vallée de l'Indus, en Chine, les humains ont su et expérimenté cela. Même sur le pourtour méditerranéen, soumis pourtant au régime de la double peine judéo-héllénique, le sentiment océanique qui découle de l'abandon amoureux de la femme et de l’homme ne s’est pas perdu, mais il est resté un secret même si Ovide l'a transmis, en le plaçant au sommet de son Art d'aimer (clic). Et, au XVIIIe siècle, La Mettrie pouvait ainsi écrire : « La volupté a son échelle, comme la nature ; soit qu’elle la monte ou la descende, elle n’en saute pas un degré ; mais parvenue au sommet, elle se change en une vraie & longue extase, espèce de catalepsie d’amour qui fuit les débauchés & n’enchaîne que les voluptueux »

W. Reich (clic), au XXe siècle, a décrit en détails la « fonction » orgastique comme on parle de « fonction » respiratoire d’après ce que ses patients lui en rapportaient.

La chose, après ses études, est devenue plus claire : il existe une « impuissance orgastique », c'est le nom qu'il lui donne, produite par la névrose (dont on connaît les formes et la généalogie) qui consolide la névrose en retour —, qui empêche cette forme poétique-extatique de la sentimentalité et de la jouissance, qui se manifeste dans ce que j'ai nommé, en détournant Rimbaud, l'extase harmonique, l'expérience partagée égalitairement et dans un même mouvement d'abandon (à cette « fonction » physiologique réflexe et implacable) par l’Homme femelle et l'Homme mâle dans l'acte de l'amour, — pour le dire comme Breton.

Beaucoup de ceux qui connaissaient ce secret ne l'avaient pas dit. Ou alors, ils l'avaient dévoyé à des fins de bonheur de petits-bourgeois de philistins, disaient, avec mépris et en pensant à Jules Guyot et à son Bréviaire de l'amour expérimental, la bande de vieux pubères pervers qui tenait l’opinion littéraire, jusqu’au mois de janvier dernier. — Remarquons tout de même la supériorité du petit-bourgeois du XIXe siècle, qui cherchait la paix et le bonheur de son foyer, c'est-à-dire au moins ceux de quelques êtres humains, sur les vieux pubères sans âge, poétiquement et mystiquement secs, qui, du haut en bas de l'échelle sociale, errent aujourd'hui partout sur la Terre, sous stupéfiants, pour satisfaire leurs pulsions d'auto-destruction ou de destruction sur d'autres pauvres hères tout aussi chimiquement stupéfiés qu'eux, et plus ou moins consentants.

Le maintien dans une éternelle puberté, torturée par ses souffrances refoulées et son immaturité stupéfiée et dont on satisfait consuméristement les pulsions issues de son injouissance —, voilà ce qu’aura été la forme moderne de l’esclavage politique et économique des 60 dernières années, dans nos contrées.

Nous, nous disons le secret des voluptueux, et nous lui donnons sa pleine dimension mystique et galante. Le fait que nous lui associons maintenant un domaine de l'amour contemplatif — galant devrait rendre cette forme de l'amour moins obscure : malheureusement, c'est dans un moment d'effondrement civilisationnel, qui risque de faire disparaître tant le domaine en question en tant qu’œuvre d'art que nos autres manifestations poétiques et artistiques, voire même le public lui-même.

Trop tard.  

Ou trop tôt.



Le 11 février 2020
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2020





 UN



Je flanibule sur nos terres
La vie
Diverse
Qui s'y explandit
Est soudain
Dans ce silence —
Mon amie


J'observe
Au loin
Comment une colonie de genêts
S'est installée sur un pan de colline
Bien abrité


Le chêne
Contre lequel, assis, je m'adosse
Me donne son énergie
En arrivant, je dormais


Et puis je me fonds
Dans le silence de ces êtres
Jusqu'à ces montagnes au loin


Le ciel
Moi
Un






Le 12 février 2020
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2020




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