mercredi 11 janvier 2017

Fine fleur







Certes, c'est à son chant
Que l'on reconnaît l'oiseau
Mais c'est aussi à ce chant
Que l'on reconnaît sa forêt d'origine

Ainsi
Pour illustrer la gynophobie constitutive
Dont nous parlions —
Portraiturant le duc de Noailles
(« Le serpent qui tenta Ève, qui renversa Adam par elle, et qui perdit le genre humain »)
Illustre-t-il
Sans même y penser
Les drôles d'idées qui s'imposent et s'imposaient
À ceux nés
Dans l'air vicié qui stagne dans les forêts mentales
Ayant poussé sur les fumées
De l'injouissance poético-génitale
Produite — d'abord — chez les premiers esclaves
Dès les premières agglomérations humaines
Cristallisée — bien plus tard — tant par les chevriers hallucinés palestiniens
Que l'on évoquait —
Que par ces autres amateurs d'éphèbes avérés
Qu'étaient les Grecs anciens
Tous idéalistes
En beau ou en laid —
Dont les intoxiqués se sont multipliés
Jusqu'à être aujourd'hui quelques milliards
S’entre-déchirant
Et prêts à monter de la violence la barre
D'un ou de plusieurs crans
À tout moment

Les religions
Sont de l'Injouissance un avatar
Le capitalisme est lui-même un avatar
De la guerres des religions
Il suffit de lire Marx et Weber
Pour s'en persuader
Est quant à elle un avatar de la Guerre Froide
Et la meilleur façon de dissimuler ses propagandistes
Est de les exposer
Aurait dit Monsieur de La Palice :
Dylan est nobélisé
Michael Philip Jagger, lord anglais
Utiliser des labellisés « révoltés »
Pour exciter
D'un côté ou de l'autre du Mur —
Le bétail des fascistes rouges
Pour qu'il bouge —
Pour les déstabiliser
En dégommant dans le même temps
Les partisans du Vatican
Leur art et leur culture
C'est tout ce dont The long leach fut le projet

J'ai connu l'époque où les pauvres s'excitaient sur le pelvis d'Elvis :
Pourquoi leurs éleveurs se souciaient-ils soudain de leurs vices
Jusqu’à les flatter ?
Pour la même raison que d'autres éleveurs
Font écouter du Mozart à leurs cochons :
Pour mieux les engraisser
Pour mieux s'engraisser
Parce que transformer la fange en or
Est un métier
Pour déstabiliser
À coups de cons-culs-rances —
Les « rouges » — la concurrence —
Trop coincés pour en rajouter

Cette belle « libération » le prolétariat
À l'époque et depuis — qu'en a-t-il fait ?
Catherine, Annie
Plus ou moins fières —
Nous l'ont raconté

Ce bel intérêt libérateur du Marché
Pour sa main-d’œuvre
Où voulait-il en arriver ?
Pour le savoir, il suffit de regarder

J'écoute de Couperin
Interprétées par Scott Ross
En 1977, entre lui et Rotten
Qui pouvait hésiter ?
Des gosses de pauvres — de pauvres gosses —
Qui se sont laissés embarquer
Par ce qui leur semblait le plus « mutin »
Le vent mauvais de l'Histoire les a balayés
Les idiots utiles
Et les agents publics-secrets
Là encore ont été récompensés
On peut toujours les voir
Dans ce qui reste de la littérature
De la philosophie
De la mode ou de l'art
Parader

Et pourtant
Malgré ces guerres
Et ces ruses de guerre de Cheyenne —
Et toute cette agitation vaine
Et vide
Les Français
Par notre fait —
Ont continué d'inventer l'amour
Comme toujours
Et la culture européenne
C'est une phrase de réveil de sommeil d'amour
Deux mille ans après Ovide
Est enfin arrivée à son apogée
Aujourd'hui que les libertins
Par notre aimable « clique » —
Sont devenus finalement idylliques
Et les contemplatifs — galants…

Vous m'en direz tant !

Peut-être les civilisations
Comme certains arbres fruitiers —
Ne donnent-elles leurs plus beaux fruits
Qu'à l'heure d'hiberner ?







R.C. Vaudey 
Le 9 janvier 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017




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