SOIR
D'ÉTÉ
C'est le premier soir de l'été
Puisqu'il
a fait 35 degrés…
À 7h, le soleil est loin d'être couché
Il
brûle encore mon visage et m'éblouit
Il
y a quelque chose dans l'air de précis
Une
netteté bienheureuse
Qui
— De chaque arbre
De
chaque fleur
De
chaque brin d'herbe
De
chaque brindille —
Irradie
Paume
ouverte vers lui
Il
coule encore et brûle
— Entre
mes doigts —
Ce
soleil de roi…
Mais
j'en ai assez dit :
Il
est temps d'aller me baigner…
… Vingt
poèmes me sont venus à l'esprit
Tout
au long de l'après-midi :
Mais
trop heureux de ne plus pouvoir rien dire
— Rien
écrire —
Je
n'ai pas voulu forcer ma chance :
Je
n'ai rien dit —
rien écrit…
Si
la plus perdue de toutes les journées
Est
celle où l'on n'a pas vécu
un poème
On
ne pourra pas dire que celle-ci l'aura été…
Le
23 juin 2016
APRÈS
LA NAGE… (Poème de l'époque des Tongs)
Le libertin idyllique apprécie l'oisiveté et la quiétude
La
cour, sous le grand tilleul vert
— Qui
me semblait l'autre jour
– Alors
qu'allongé par terre, le matin,
Je
regardais le ciel –
Une
immense et somptueuse fleur toute remplie d'abeilles —,
Est
secrète
À
l'abri de la chaleur accablante
Ici,
— Alors
que s’entrouvrent les hortensias
Et
s'épanouissent les belles-d'un-jour —
Le
calme et le repos sont inestimables
Dans le vent parfumé par les fleurs
Au
bord du bassin où nagent les carpes
Là
où
— Comme
un encens céleste —
Nous
enivre le parfum des roses
Nous
deviserons, ce soir,
Assis
tranquillement
En
parfaite concorde…
Et
nous oublierons toutes les doctrines…
(Détourné
de Yen Wei, époque des Tang)
Le
23 juin 2016, suite.
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016
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