J’oscille ces
temps-ci entre le silence et Haendel…
Entre
la beauté confondante du monde
Et
l’extase harmonique
Dans
nos ondes magmatiques…
En
quoi serais-je qualifié pour plaire à un public ?
Être
des amants contemplatifs — galants
Est
une étrange chose
— Qui
ne sert à rien dans ce monde —
Comment
en dire le grandiose
— Ou
même seulement quelque chose —
Dans
cette époque et usuraire et guerrière
Et
perverse et pudibonde ?
L’injouissance
s’affaire…
La
brutalité et le cynisme bruyants et grossiers du vulgaire
prospèrent…
De
même que son goût pour la guerre :
À
chacun sa croisade
Pour
oublier de la Joie l’ignorance…
ou la dérobade
«
La poésie n’a pas de place dans le monde.
C’est
un flamboiement qui s’infiltre par ses failles. »
Je
ne l’invente pas :
C’est
ce qu’a écrit Nicolás Gómez Dávila
— Un
autre genre de vieux samouraï…
Si les musiciens restent le sel de la terre
Notre
nouvelle fin’amor
— Ce
mystère —
En
est la lumière
Par
exemple, pour les chants des amants
Je
vous joue sensualistement un grand air
Noble
et tendre et savamment galant
— Pourléchant-désarrimant
—
Ce
qui unit nos souffles et nos âmes et nos cœurs
Qui
s’envolent en torrents
— Pour
le dire en quiétiste —
Le
lendemain — quittant le Vercors —
On
traverse la tempête et la plaine
Afin
que Louise Audubert
— En
muse galante, en virtuose, en artiste —
Nous
fasse pleurer — à Givors —
En
interprétant son Concerto de Haydn
En
rentrant, j’apprends que la belle Jessie nous a quittés…
Reste
seul son Éclair…
Il
n’y a de plaisir des larmes que si elles sont d’émotion et non
de peine…
Voilà
au moins une chose qui est claire —
Le 30 avril 2018
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
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