samedi 3 décembre 2011

De la guerre ... Et de ses dommages collatéraux... Qui l'entretiennent en retour





Du haut en bas de l'échelle sociale, les chiens de guerre de l'Économie (l'Économie n'existe pas, elle est seulement la continuation de la guerre par d'autres moyens…), les esclaves modernes, donc – qui sont aussi les esclaves de leur immaturité souffreteuse et rageuse, et de leurs souffrances, innommées et inconnues – qui nous entretiennent tant de leurs “jouissances” et de leurs “rapports sexuels” si “riches” et si “protéiformes” (que favorisent si heureusement leur “libertinage” ou leur “tourisme” sexuels) ou, à l’inverse, dont ils décrivent la médiocrité, la plupart du temps, n'en ont pas : ils ou elles tètent – ou déchirent – leur mère : une bouche, des seins, un sexe, masculin ou féminin, font l'affaire : la ciprine ou le sperme font le lait, et sont censés combler le manque d’amour ; ou bien, ils réexpérimentent les maltraitances orales de la petite enfance (le gavage ou la privation) ; ou alors ils défoulent leur ressentiment rageur pelvien – ou sa terreur passive – ou leur sadisme ou leur masochisme anal, “réexpérimentent”, sans le savoir, dans la fébrilité, ou l’absence schizoïde, plus ou moins violemment sadiques ou masochistes, les manipulations – psychiques ou physiologiques – sadiques ou masochistes, elles aussi, dont ils ont été l'objet – ou reproduisent tout cela sur d'autres, comme pour objectiver ce qui les obsède secrètement –, tournent sans cesse en rond dans la nuit que leur crée cette souffrance – que tous ont – de vivre séparés de la sensation puissante et poétique de la vie, d’eux-mêmes, de l’autre et du monde, tout en étant toujours consumés par le feu de cette terreur inconsciente, archaïque, mortelle, d'être anéantis par le manque de contact ou son excès pathologique et/ou pervers, ou par cette autre, encore, qu'ils ont ressentie – pas toujours de façon trompeuse – de pouvoir être détruits (par exemple par la folie maternelle ou la jalousie meurtrière des mâles dominants) par ceux-là mêmes qui, dans les premiers mois de leur vie et les années qui avaient suivi, avaient la charge du développement de leur personnalité, terreurs qu’ils projettent sur le mouvement de la vie – qui se traduit dans la danse de l’impermanence – et qui leur donnent ce sentiment désastreux ou désespéré du passage du temps ; bref, le plus souvent, lorsqu’ils ne s’y vengent pas, d’une manière ou d’une autre, des malheurs et des insultes du présent ou ne s’y défoulent pas de leurs angoisses surdéterminées du futur, ils rejouent, dans ce qu'ils appellent leur “sexualité”, les scènes-clefs de leur passé sans jamais pouvoir le comprendre, et, finalement, c'est ce passé qui se joue d'eux.
Et donc, en fait de jouissance, c’est plutôt l’injouissance, et en fait de rapports sexuels, c’est plutôt pas de rapports et pas de sexuel.



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