samedi 31 décembre 2011

Jouissance du Temps




Au loin d'où se jacassent
Des arguties
D'où se ravagent
Des barbaries
Nous voguons
Dans l'immense océan
D'un mouvement lent et profond
Qui irradie en séismes
Tout du long


Nous n'allons nulle part
Nous creusons l'Abîme
Merveilleusement
Infiniment
Vous
À l'astrolabe
Vous consinuez la Voie
Lactée
Déhanchée


Ardemment


Âme du Monde


Et moi
Bourlinguant
Avec le sextant
J'entrouvre
Puissamment
La vague de corail


Amoureusement


Éblouissement du Monde


Je ne vais nulle part
Je suis ancré
Infiniment caressant
Dans la vaste beauté dérivante de la pulsation du Monde
Dont j'amplifie
Sans le vouloir –
Désir aimant –
L'irrépressible tournoiement


Absolument sereinement


Vous n'allez nulle part
Avec maestria
Vous creusez aisément le maelström
Sans le vouloir —
Désir aimant —
Que vous amplifiez
Au cœur


Du grand Cœur du Temps


Absolument sereinement


Cette voguaison sans fins
Pourquoi y mettrions-nous fin
Qui déchaîne des typhons
Qui éblouit dans le blanc
Qui s'embrase de notre amour aimant
Que pulse notre amour aimant


Il faut donc qu'au final
Se soulève le monde


Et nous emporte
Ce qui nous embrasse tant.


Le 28 août 2005.

vendredi 23 décembre 2011

LA MAGIE DE L'AMOUR...





Par-delà les époques, les guerres et les Hommes passent...







Visiblement la magie de l'amour
Nous caresse de ses charmes
Qui nous a pris
Tels que nous étions
Épuisés et tendus
Dans cette ambiance générale
« Cataplysmique »
(Qui vous fait comme un cataplasme de cataclysmes) —
Et qui nous a laissés
Allègres et pimpants
Tout plaisantants
Riant
Comme des canailles
De je ne sais plus quel aspect méphitique du monde
(Qui n'en manque guère)
Il s'agissait je crois
D'un aspect assez gai
Si l'on ose ainsi dire
De la nef des fous du monde actuel —
Considérant joyeusement notre bonne étoile
Qui
Dans la meute hystérisée des chiens de guerre
Échappés du chenil du vieil ordre patriarcal
Qu'ont détruit
Les libertins roués
Et les usuriers
Et tous ceux qui
Pour une raison ou une autre
N'y aimaient pas leur place —
Qui aujourd'hui se déchirent et se battent
Comme une meute sans maître
Avec les libertins roués
Et les usuriers
Et certains de ceux dont on a dit
Qu'ils cherchaient une place —
Qui les manipulent et les excitent
Pour les faire servir dans des guerres que chaque groupe
Pour son propre compte —
Mène
Et qu'ils déguisent sous des formes
« Économiques »
Pour les faire passer
    Alors qu'elles ne sont que la manifestation de leur misère spécifique
    D'injouissants embrigadés —
Considérant
Donc
Joyeusement notre bonne étoile
Qui nous a fait nous rencontrer
Et découvrir et explorer ces territoires
Tout à la fois neufs et archaïques
De la délicatesse et de la puissance
Réciproques et partagées
Dans les mouvements sublimes-subtils
Des grâces corporelles et sentimentales
Et dans la jouissance paroxystique-harmonique
Et l'abandon poétique
À la jouissance de l'Être
Qui
Dans les époques précédentes
N'avaient pu occuper
Ni les maîtres
Ni les domestiques
Ni les serfs
Ni les usuriers
Qui
Les uns et les autres
N'en avaient ni le temps ni le goût
Et
Pour tout dire
Avaient d'autres choses à faire
Et que tout ça
Pour lequel ils n'avaient pas été pensés –
À vrai dire
Dégoûtait —
Et qui
Dans l'époque actuelle
En ring où s'affrontent
Des valets sans maîtres
Des serfs encore plus serfs
Des usuriers encore plus usuriers
Passe pour le dernier degré
Du ridicule et de la débilité…
Considérant
Donc
Joyeusement notre bonne étoile
Qui nous a menés l'un à l'autre
Pour découvrir cet art qui est le nôtre
Si particulier
Seul résultat désirable
De ces guerres insensées et déchaînées
Nous riions
Au souvenir de nos ébats
En disant qu'une avant-garde comme la nôtre
N'était pas près d'être rattrapée
Ni même retentée…


Dans l'instance d'une pénétration intense et caressante
Les bras levés vers le ciel
Ou prosternés comme pour le remercier
Dans l'ondulance lactée
D'un abandon gourmand
Ardent et désarmé
Dans une étreinte immense
Noyée dans une débordance
Convulsive-éperdue-abandonnée
Nous avions fait tourner la chance
Et refait le monde
Retrouvé sa vibration-danse
Celle qui
Quoi que fassent les Hommes
Ne cesse de l'animer
Et nous en étions ressortis
De nouveau ressuscités
Ce qui
Il faut bien l'avouer
A de quoi provoquer les rires et les alanguissement enamourés


Pour finir nous disions :
Par-delà les époques
Les guerres et les Hommes passent
Mais
Le puissant mouvement poétique du monde
Et ceux qui le font être
Et savent le goûter
Restent…


Ce que tout un chacun
Pourra à son tour vérifier..




Le 11 décembre 2011



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mercredi 14 décembre 2011

Lettre sur Kerouac



Si l'on voit bien comment, du point de vue d'une aristocratie du sang, de la terre – pour tout dire de droit divin – on a pu, et on peut, légitimement, considérer Casanova comme un vulgaire haut-le-pied, et si l'on voit bien comment, de ce même point de vue, on peut considérer Kerouac comme un quelconque va-nu-pieds et un représentant, particulièrement misérable de « la culture du pauvre » (que l'on nomme pop-culture lorsque l'on y est favorable ou que l'on en participe), on voit mal de quel point de vue on peut qualifier Kerouac de « loser », de perdant,  fût-il magnifique.

Si un homme a pu écrire – et vivre, par-dessus tout – ce qu’il nous donne à lire sur l'amour, n'est-on pas en droit de le voir, sinon en passant (considérable) – pour reprendre le mot de Mallarmé à propos de Rimbaud –, au moins en triomphateur : de la misère poétique générale des rencontres et des existences ; des esprits et des plumes standardisés qui les traduisent.

Il faut juger de la qualité des hommes par la hauteur des vagues (amoureuses ou océaniques) qu'ils prennent, et par le courage, la persévérance et la grâce qu'ils montrent à le faire ; et non par la façon dont ils échouent, finalement, sur la grève.


samedi 10 décembre 2011

AMANTS, HEUREUX AMANTS…





Nous ne sommes que des amants
Heureux amants…



Les peintres… doivent peindre tout le temps
Les écrivains… doivent écrire tout le temps
Les sculpteurs… doivent sculpter tout le temps
Les philosophes… doivent philosopher tout le temps
Les essayistes… doivent essayer tout le temps



Nous
Nous ne sommes que des amants
Heureux amants…
Jouissant éperdument
De la puissance et du sentiment
Du sentiment de la puissance et de la grâce se déroulant voluptueusement
Amoureusement



La jouissance fait l'union
L'union renforce la jouissance
La jouissance et l'union
Qui les renforcent –
Font les amants
Heureux amants...



La Séparation fait l'injouissance
L'injouissance renforce la Séparation
L'injouissance et la Séparation
Qui les flétrissent –
Font
Les tripoteurs
Qui rêvent de « trips-auteur »
Et de carrière
De peintre
D'écrivain
De philosophe
D'essayiste
De sculpteur



Nous nous ne sommes que des amants
Et
Bien sûr
Nous écrivons
Nous peignons
Nous sculptons
Nous philosophons



Mais
Qu'on nous donne une belle chambre
La Beauté
Le calme
Un magnifique isolement
Et un lit blanc
Les seules choses
(Avec les vagues…)
Que nous briguons
Et
En beaux brigands
Nous faisons jouir tout le Temps


Le 11 novembre 2011.




Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2009-2011. (À paraître.)
 

mardi 6 décembre 2011

La société de l'Injouissance (suite)

(Suite du texte précédent.)




Bien entendu, je ne tomberai pas dans l'erreur simplificatrice et aussi anti-humaine et anti-poétique de réduire totalement et absolument la vie amoureuse de ce temps du Spectacle intégré, quasi autogéré, de ce Temps de l’Injouissance, à ce simple micmac caractériel, même combiné avec les tactiques manœuvrières impliquées par les exigences de la survie, ni même recombiné et redessiné par les diktats et les insinuations hypnotiques du Spectacle, puisque à côté des chaînes d'émotions négatives du même ordre qui remontent au plus loin dans la vie de chacun, il y a évidemment celles des émotions positives, et que c'est bien sûr sur les moments de compréhension, de partage, d’intelligence, de jeu, d'éblouissement, sur ces moments qui ont vu la sensation, l'émotion le relier aux autres humains et au monde, sur ces moments d'échange et de joie partagée que peut se construire, pour chacun, sa capacité au bonheur dans la vie c’est-à-dire sa capacité à la découverte et à l’exploration – spontanée ou sciemment mûrie – de la génitalité poétique, extatique.


Ainsi la beauté de certaines rencontres et de certains moments du présent peut – lorsque la vie offre cette chance – stimuler la chaîne des émotions positives du passé, les beautés vécues antérieurement ; on dispose alors de toute son énergie, on est sans ambages, direct, on construit de belles situations, on vit l'amour, l'amitié, sur ces bases vraiment humaines, on laisse libre cours au meilleur de soi-même et, ce faisant, on découvre ce qu'il est vraiment, on découvre des territoires nouveaux de soi-même, on se découvre, on découvre ce que peuvent être l'amour, l'amitié, l'intelligence, le monde à ce moment unique et passager, neuf, de notre vie, on explore la vie au lieu de supporter et de revivre d'une façon plus ou moins difficile, plus ou moins déguisée, le passé ; alors on peut mettre en jeu, tout ce que l'on sait, ce que l'on est, et on a  toujours raison de le faire. Alors les mécanismes individuels de "l'effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue individuelle sous la présence réelle de la fausseté qu'assure l'organisation de l'apparence" cèdent devant la puissance poétique individuelle se déployant.


A.S. 2





samedi 3 décembre 2011

De la guerre ... Et de ses dommages collatéraux... Qui l'entretiennent en retour





Du haut en bas de l'échelle sociale, les chiens de guerre de l'Économie (l'Économie n'existe pas, elle est seulement la continuation de la guerre par d'autres moyens…), les esclaves modernes, donc – qui sont aussi les esclaves de leur immaturité souffreteuse et rageuse, et de leurs souffrances, innommées et inconnues – qui nous entretiennent tant de leurs “jouissances” et de leurs “rapports sexuels” si “riches” et si “protéiformes” (que favorisent si heureusement leur “libertinage” ou leur “tourisme” sexuels) ou, à l’inverse, dont ils décrivent la médiocrité, la plupart du temps, n'en ont pas : ils ou elles tètent – ou déchirent – leur mère : une bouche, des seins, un sexe, masculin ou féminin, font l'affaire : la cyprine ou le sperme font le lait, et sont censés combler le manque d’amour ; ou bien, ils ré-expérimentent les maltraitances orales de la petite enfance (le gavage ou la privation) ; ou alors ils défoulent leur ressentiment rageur pelvien – ou sa terreur passive – ou leur sadisme ou leur masochisme anal, “ré-expérimentent”, sans le savoir, dans la fébrilité, ou l’absence schizoïde, plus ou moins violemment sadiques ou masochistes, les manipulations – psychiques ou physiologiques – sadiques ou masochistes, elles aussi, dont ils ont été l'objet – ou reproduisent tout cela sur d'autres, comme pour objectiver ce qui les obsède secrètement –, tournent sans cesse en rond dans la nuit que leur crée cette souffrance – que tous ont – de vivre séparés de la sensation puissante et poétique de la vie, d’eux-mêmes, de l’autre et du monde, tout en étant toujours consumés par le feu de cette terreur inconsciente, archaïque, mortelle, d'être anéantis par le manque de contact ou son excès pathologique et/ou pervers, ou par cette autre, encore, qu'ils ont ressentie – pas toujours de façon trompeuse – de pouvoir être détruits (par exemple par la folie maternelle ou la jalousie meurtrière des mâles dominants) par ceux-là mêmes qui, dans les premiers mois de leur vie et les années qui avaient suivi, avaient la charge du développement de leur personnalité, terreurs qu’ils projettent sur le mouvement de la vie – qui se traduit dans la danse de l’impermanence – et qui leur donnent ce sentiment désastreux ou désespéré du passage du temps ; bref, le plus souvent, lorsqu’ils ne s’y vengent pas, d’une manière ou d’une autre, des malheurs et des insultes du présent ou ne s’y défoulent pas de leurs angoisses surdéterminées du futur, ils rejouent, dans ce qu'ils appellent leur “sexualité”, les scènes-clefs de leur passé sans jamais pouvoir le comprendre, et, finalement, c'est ce passé qui se joue d'eux.
Et donc, en fait de jouissance, c’est plutôt l’injouissance, et en fait de rapports sexuels, c’est plutôt pas de rapports et pas de sexuel.


Le 3 janvier 2011





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mercredi 30 novembre 2011

DE TOUT CŒUR



Si l'érotisme est la fétichisation du sujet
Tandis que la pornographie en est la réification
L'amour sensualiste est l'expérience partagée de la grâce amoureuse
Dans laquelle les individus se découvrent en se dépassant
Et en s'abandonnant
Aux mouvements amples
Puissants
Harmonieux
Déliés
Des grâces corporelles et sentimentales
Et à la jouissance qui en jaillit…


(Petites proses en poëmes)


Message impersonnel : Pour les chiens et les chiennes de guerre, il n'y en a plus, il n'y en a jamais eu...

mardi 22 novembre 2011

Parution du Journal d'un Libertin-Idyllique, de R.C. Vaudey.








Le Journal d'un Libertin-Idyllique est désormais disponible en édition numérique, sur le site d'Amazon ; entre autres.
Chaque e-book couvre deux ans de ce Journal : sont donc déjà en ligne les volumes 2006-2007 et 2008-2009.
2009-2011 attend son heure ; les années précédentes sont en préparation.



Des recherches sur l'amour et le merveilleux, des Libertins-Idylliques : on le voit, nous n'avons pas craint de flatter le goût de notre délicieuse époque et de nos exquis contemporains.


Seuls les pervers, et, également, ceux que le sentiment de l'absurde aurait pu gagner (on se demande bien pourquoi !), pourraient trouver à y redire puisque ce Journal contredit, bien parfaitement, à la plus abominable des perversions modernes qui est — nul ne l'ignore — : « la honte de paraître ingénus si nous ne flirtons pas avec le mal », et que l'on y découvre, à la lecture, que « le contraire de l'absurde n'est pas la raison mais la joie »...







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jeudi 7 avril 2011

Parution du Journal d'un Libertin-Idyllique (2006-2009), de R.C. Vaudey

 








Parution du  Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009, de R.C. Vaudey ; florilège d'extases de l'amour contemplatif — galant.





Loin de la querelle autour des éditeurs, c'est donc par le biais des Éditions Sensualistes — « maison d'édition de fortune » que nous avons créée pour l'occasion, et qui nous convient parfaitement — que nous publions aujourd'hui le Journal d'un Libertin-Idyllique, livre « vertueux » s'il en est, puisque, selon Stendhal : « la vertu, c'est augmenter le bonheur ; le vice, augmenter le malheur ».


Pour toutes les raisons que l'on voudra, nous avons opté, pour le moment, pour une solution qui permet au lecteur d'adresser sa commande directement à l'imprimeur, qui se charge du reste ; mais, moins radicaux que Xavier Forneret, nous n'exigeons pas de l'éventuel lecteur qu'il nous soumette sa demande, et ses motivations, au préalable.


Ce Journal d'un Libertin-Idyllique est un livre qui fera exquisément autorité, puisque l'on y éprouve et on y contemple la beauté du monde, et que non seulement nous n'avons jamais cru que les « contemplatifs » seraient de simples spectateurs au grand spectacle de la vie, de simples auditeurs au grand concert, mais qu'en plus nous savons bien que nous sommes, tout au contraire, les vrais créateurs, les vrais poètes, les vrais prolongeurs de la vie, et que nous nous distinguons, assurément, beaucoup des acteurs eux-mêmes, — l'homme d'action comme on l'appelle, — et plus encore du simple spectateur, de l'invité assis devant la scène.

Auteurs, nous savons que nous possédons sans doute et la « vis contemplativa » et la faculté de regarder rétrospectivement notre ouvrage, mais, en même temps, et d'abord, la « vis activa » qui manque à l'homme d'action, quoi qu'en disent l'apparence et la croyance traditionnelle.

Nous savons bien que nous qui pensons et qui sentons, c'est nous qui faisons et ne cessons réellement de faire ce qui n'existait pas avant : ce monde éternellement croissant d'évaluations, de couleurs, de poids, de perspectives, d'échelles, d'affirmations et de négations.

C'est ce poème de notre invention que les hommes pratiques apprennent, répètent, traduisent en chair, en actes, en vie courante : rien qui ait tant soit peu de valeur dans le monde présent ne possède cette valeur en soi-même, par nature — la nature n'a jamais de valeur — ; cette valeur lui a été donnée, c'est un présent, c'est un cadeau qu'on lui a fait, et ceux qui l'ont fait c'était nous.

Enfin, (et pour corriger Nietzsche que nous venons, longuement, de détourner, ou plutôt de citer) avec d'autres, mais qui nous ressemblaient.


Nous savons bien que ce petit livre, les amants, éternellement,  se le reliront en riant et en s'aimant : ce qui nous vaudra le renom suprême, qui est le renom auquel on n'a pas travaillé ; et nous remercions le ciel d'avoir voulu que nous soit dévolu de vivre — et d'en être les inventeurs, comme on dit pour ceux qui découvrent des étoiles ou des trésors — cette forme de l'amour et de la grâce, et que nos noms s'attachent à cela plutôt qu'à la célébration de l'alcool et à la considération désabusée du monde ou du passage du temps — même si nous avons beaucoup de tendresse pour Omar Khayyam et pour Debord que, toujours, également, les intempérants et les mélancoliques se reliront.
(Mais la mélancolie, on le sait, est déjà le commencement du doute, qui est lui-même le commencement du désespoir ; lui-même commencement cruel des différents degrés de la méchanceté : on sait où tout cela mène — on le voit en ce moment, et il semble que cela doive aller en s'aggravant.)


Pour finir cette présentation, nous dirons qu'il est manifeste que ceux qui portent les renversements dans la considération de l'amour apparaissent en France, toujours dans des moments historiques de grande effervescence, de grands bouleversements : avant-hier, des Courtois, croyants catholiques et chevaleresques, dans le feu des croisades ; hier, un Sade, libertin roué et pré-nietzschéen, dans le feu révolutionnaire ; aujourd'hui, des Antésades, libertins idylliques et post-nietzschéens, dans le feu des mafias de la banque, du commerce — et du nucléaire.


La noblesse de cœur (et le désintéressement) d'une certaine chevalerie aristocratique avait donc fini par se retourner en son contraire : l'apologie de la « jouissance » dans la prédation maligne et destructrice de tous et de tout, faite par certains de ses descendants libertins du XVIIIe siècle.
Maintenant que cette forme d'« idéal » s'est, à son tour, bien démocratisée — au point que chacun est séparé de son prochain comme le fauve de sa proie (ou l'inverse) — et s'est étendue à toutes les activités humaines, à un point tel que l'on sait bien que — d'une façon ou d'une autre — cela doit finir, apparaît, assez logiquement, et dans un renversement tout aussi complet, cet éloge, que nous vivons et que nous faisons, d'une autre forme de la jouissance et du rapport au monde et à l'autre.

Dans le moment présent, qui est plutôt aux catastrophes, aux bouleversements et aux carnages, que peut-il advenir d'un tel éloge?

Et dans les siècles qui viennent ?


Observons.













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