lundi 17 juin 2019

L'amour fou






Au matin
Les abeilles
Dans le soleil
De juin
Font la merveille


L'air bleu et heureux
Et tout le tilleul
Pour nous seuls —
Bourdonnent

Matin de juin
Chargé de verdeur
De force
Et de jeunesse incommensurables
Qui en mon cœur
De tous les matins de juin résonne
Je te bénis pour ton retour
Et je te déclare mon amour…



Plus tard
À notre bain
L'orage tonne…
Sans peur
On s'étonne…
Au lit
De baisers
De volupté
On frissonne…
Et puis soudain
Le monde explose
La foudre s'abat à deux pas
Le Déluge sur nous fond
Et nous martèle de sa grêle
Mais nous, nous pénétrons
Dans l'Intemporel
Et nous dissolvons 
Dans le Ciel


C'est une voie royale
Étroite et divinement ondoyée
Pour un Triomphe olympien
Vraiment démesuré
Que nous fait ce même monde
Qui partout
Autour de nous gronde
Et fulmine
Et réduit à rien
Tandis qu'ici l'ondine
Et l’on musarde
Gourmandement
En osmose
Dans ces courants
Nous entraînant 
— Formidablement
Vers l’Apothéose


Et on bénit profondément la vie
Par ce mouvement de Paradis
Jusqu'à ce que la Joie
En tornade
Nous foudroie
Et 
Comme une grenade —
 Nous fasse voler 
Dans l'Éclat


Aujourd’hui
Sur un écran, on voit
À quel point le monde
Cet après-midi-là
Nous épargna




Le 17 juin 2019


R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019




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