vendredi 9 janvier 2015

Et nunc erudimini





Nous en étions là, au Lineadombra, lorsque la nouvelle tomba.

Casanova demanda à Héloïse ce qu'elle en pensait. Elle répondit qu'ayant été détournée de ses études et de son intérêt pour le journalisme de guerre par la découverte que nous avions faite ensemble, elle et moi, de l'amour et de l'art sensualistes (que nous qualifions aussi d'amour et d'art contemplatifs — galants), la une de Ana Juan pour The New Yorker résumait bien son état d'esprit : l'esprit libre et l'élégance français contre tous les orphelins de Père — et ses sectateurs — plus ou moins fanatisés.






 

Puis il se tourna vers moi, et me fit la même question.

J'allais répondre lorsqu'une voix, d'un ton monocorde, dans l'ombre, d'une table voisine, résuma ma position: 

« Il y a partout beaucoup plus de fous qu'autrefois, mais ce qui est infiniment plus commode, c'est que l'on peut en parler follement. Et ce n’est pas une quelconque terreur régnante qui imposerait de telles explications médiatiques. Au contraire, c’est l’existence paisible de telles explications qui doit causer de la terreur. »

Aristippe approuva.

Pour ne pas déranger la messe, nous en restâmes là.




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