Nous en étions là, au Lineadombra, lorsque la nouvelle tomba.
Casanova
demanda à Héloïse ce qu'elle en pensait. Elle répondit qu'ayant
été détournée de ses études et de son intérêt pour le
journalisme de guerre par la découverte que nous avions faite
ensemble, elle et moi, de l'amour et de l'art sensualistes (que nous
qualifions aussi d'amour et d'art contemplatifs — galants), la une de Ana Juan
pour The New Yorker résumait bien son état d'esprit : l'esprit libre et l'élégance français contre tous les orphelins de
Père — et ses sectateurs — plus ou moins fanatisés.
Puis
il se tourna vers moi, et me fit la même question.
J'allais
répondre lorsqu'une voix, d'un ton monocorde, dans l'ombre, d'une
table voisine, résuma ma position:
« Il
y a partout beaucoup plus de fous qu'autrefois, mais ce qui est
infiniment plus commode, c'est que l'on peut en parler follement. Et
ce n’est pas une quelconque terreur régnante qui imposerait de
telles explications médiatiques. Au contraire, c’est l’existence
paisible de telles explications qui doit causer de la terreur. »
Aristippe
approuva.
Pour
ne pas déranger la messe, nous en restâmes là.
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