mercredi 12 avril 2017

Dans la Beauté










Ça y est !
Le palmier me sidère
Je regarde les lilas : je n'y crois pas
Le tilleul a pris son allure de croisière
De chaque côté de moi
Deux chênes
Hauts comme deux pommes
À peine
S'élancent joyeusement vers le ciel
Leur mère
Sous laquelle je repose —
Me semble centenaire


Auront-ils la chance de l'égaler ?


Peut-être
Si je ne les écrase pas en me relevant
Ce qui ne risque pas d'arriver avec la première…


Mais déjà les papillons blancs se déposent
Là où bon leur semble
Tandis que les tourterelles roucoulent


Hier, nous étions chez les Tziganes et les Manouches :
La beauté du chant de leurs femmes
Qui touche
La plainte virtuose de leurs accordéons
Et soudain toute l'Europe centrale
S'en trouve donnée


Les Tziganes et la vodka vont de pair
Aurait dit mon père —
Et sont faits pour vous faire pleurer
Et briser des verres


N'empêche que le Jouïssement du monde
N'en a que faire :
Il s’étire dans la douceur d'un soir de printemps
Indifférent à tout
Dans la Beauté —







Le 12 avril 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017






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