C'est
comme dans un merveilleux plumetis
Fait
d'un délicat duvet vert
Que
font
— Entre
nous et le ciel —
Les
feuilles
— Encore
presque en boutons —
Des
frênes
Des
chênes
Des
hêtres
Des
tilleuls
(Et
celles aussi
De
tous ceux dont nous ignorons le nom)
Qui
Se
déploient
Se
tendent
Et
dressent pour nous tout leur être
Pour
faire :
Jaillir la magnificence du monde
Disparaître sa laideur (humaine-inhumaine) immonde
C'est dans cette immense caresse
De
Beauté et de sève
Qui
Souveraine
Émerge
Jaillit
et nous submerge
Que
nous nous aimons…
Comme dans une immense explosion de délicatesse…
Terrestre...
Ultra-terrestre…
Sans nom
Passé le point des troubadours
Du
langage et des bons mots
Nos
baisers sont déjà une fièvre
Impétueuse
et bonne
Aussi
incommensurable
— Et
inendiguable —
Que
ce qui autour de nous
— Loin
du monde des Hommes
– Qui
l’ignorent —
En
merveille
Traverse
la Terre
S'épanouit
au Ciel
S'enfonce
et s’enracine dans le sol
S'étire
et s’éblouit au soleil
Votre ventre
— Humide
Chaud
Dansant
Ondulant
Palpitant
—
M'attend
Incessamment
Me
désire
Impatiemment
S'offre
Soudainement
M'aspire
Lentement
Puissamment
Irrésistiblement
Et
Alors
que j’offre
— Sans
presque de mouvements —
À
sa transe-en-danse
Un
sceptre de printemps
Et
vous mets
— Ce
faisant —
Aux
plus grands des abois
Et
dans la plus grande des joies
Dans
notre grand lit où le lin
— Doux
et rude à la fois —
Nous
sert de brocart
Je
ressens
Dans
notre parc
— Dont
il est pour ainsi dire le monarque —
Le
grand brocard
— Impérieux-élégant
—
Mû
par la même pulsation
La
même primale ampliation
Qui
Traversé
de ce même élan
Son
chant d’amour aboie…
Plus tard
Dans
ce fabuleux maelström
Je
sentirai monter en moi
— Comme
on aime à vingt ans
Aimer
à Paris au printemps
Courir
sur les boulevards
Se
couvrant de baisers
– Quand
on rit
Entre
la Sorbonne et la rue de Buci –
Monter
l’escalier
D’un
hôtel d’étudiants
– D’aventuriers
ou d’amants –
Rejoindre
la petite chambre
Où
l'amour nous précipite
Haletants...
—
Plus
tard — donc —
Je
sentirai monter en moi
Cette
merveilleuse insouciance
Ce
fabuleux abandon
Tendre à la joie
Exalté
au printemps
Ouvert
à l'intense
Emporté
par la danse
Et
— Dans
le même mouvement —
Jaillir
irrésistible la puissance de notre jouïssement
Nous
inondant — pulsatilement
Aujourd'hui
Dans
ce lendemain mystique de jouissance
Je
bénis ce pari que je fis à Paris
— À vingt ans —
— À vingt ans —
De
vivre toujours dans l’amour et dans la poésie
Et
les dieux et les déesses qui nos routes ont unies
En
préservant nos cœurs d'adolescents
Et
— Sans
cesser de goûter
Ce
que je sens en moi encore vibrer
Qui
me laisse souvent dans le silence
Et
dont je crois
Depuis
tout ce temps
– À
chaque fois –
Avoir
connu l'ultime et impensable apogée —
Je
savoure déjà avec gourmandise
— Et
pas du tout en ascète —
Ce
que j'appellerais quand même
— En
faisant très court... —
Notre
prochain cinq à sept
Héloïse
Il
faut que je vous dise :
Je
vous aime...
Le
21 avril 2016
.