Humeur
Il
n’y a, selon
la théorie sensualiste, qu’une vraie jouissance : celle du Temps,
ou quand l’homme n’est riche que de l’extase amoureuse. Celle
qui rejette la passion hystérique pour poétiser « l’union
accomplie ». Celle qui « a fait disparaître la nécessité de la
compensation du manque par l’éternisation du désir dans le poème
: l’amour lance la parole dans une infinie spirale où elle semble
perpétuellement posséder ce qui ne lui échappe jamais ». Ainsi se
lit la poésie du Journal
d’un Libertin-Idyllique,
rédigé entre 2006 et 2009 par R.C. Vaudey. Ainsi s’interpose,
avant la curée de la rentrée littéraire et contre la poésie
excitée du manque, cet étrange calme avec retour à la ligne
rythmé, cette évocation de Venise où l’amour se goûte sur le
quai et dans le palais caché, où l’étreinte est ondulée,
ductile et profonde, pas mise en scène. L’extase derrière le
verrou.
C’est
donc un
plaisir discret, ondulé, ductile et profond que cette poésie.
[…
]
Ces
deux poétiques n’ont
en fait rien à voir entre elles. Toujours est-il qu’elles savent
mettre leur lecteur d’humeur apaisée. Ce qui est sans doute la
quête du plaisir. À défaut de l’obligatoire bonheur dont les
pédagogues du bien nous rebattent les oreilles. Lisez, dans le
silence habité…
Jacques
Sterchi
La
Liberté (Fribourg)
Le
27 août 2011
.
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