jeudi 1 novembre 2018

La jouissance du Temps









Humeur


Il n’y a, selon la théorie sensualiste, qu’une vraie jouissance : celle du Temps, ou quand l’homme n’est riche que de l’extase amoureuse. Celle qui rejette la passion hystérique pour poétiser « l’union accomplie ». Celle qui « a fait disparaître la nécessité de la compensation du manque par l’éternisation du désir dans le poème : l’amour lance la parole dans une infinie spirale où elle semble perpétuellement posséder ce qui ne lui échappe jamais ». Ainsi se lit la poésie du Journal d’un Libertin-Idyllique, rédigé entre 2006 et 2009 par R.C. Vaudey. Ainsi s’interpose, avant la curée de la rentrée littéraire et contre la poésie excitée du manque, cet étrange calme avec retour à la ligne rythmé, cette évocation de Venise où l’amour se goûte sur le quai et dans le palais caché, où l’étreinte est ondulée, ductile et profonde, pas mise en scène. L’extase derrière le verrou.
C’est donc un plaisir discret, ondulé, ductile et profond que cette poésie.


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Ces deux poétiques n’ont en fait rien à voir entre elles. Toujours est-il qu’elles savent mettre leur lecteur d’humeur apaisée. Ce qui est sans doute la quête du plaisir. À défaut de l’obligatoire bonheur dont les pédagogues du bien nous rebattent les oreilles. Lisez, dans le silence habité


Jacques Sterchi

La Liberté (Fribourg)
Le 27 août 2011




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