I
L’émerveillement
mystique
En
roulant vers le bleu du ciel
J’entre
dans l’émerveillement
mystique…
Qu’en
dire ?
Dans
la beauté du monde : un
L’extase
harmonique
Emportés
par les vagues successives de la jouissance
Nous
sommes enlevés par l’extase
harmonique…
Qu’en
dire ?
Dans
la beauté et le triomphe de la volupté : un
II
Une
hermine de fourrure brûlante
La
source d’un miel onctueux délicatement
Une
petite conque nacrée de ce même miel
Qui
lorsqu’on en joue
— Tout
à notre joie et à l’ivresse de nos célestes baisers d’amants —
Vous
envoie dans de merveilleuses transes
Et
des émois si immenses
Qu’on
n'en rêve même pas
— Ai-je
dit que le printemps rend fou de joie ? —
Les
nacres roses n’aspirent qu'à une chose :
Un
sceptre de roi…
On
dit « aspirent »
— Certes
—
[
…
…]
Tout
à leur somptueuse danse
Tout
à leur joie
— Ai-je
dit que le printemps, justement, rend fou de joie ? —
Somptueux
est le mot qui convient le mieux
À
cette merveilleuse extravagance
— Qui
n'en finit pas…
Mais
pourquoi finir le jeu merveilleux
De
l'amour
De
l'abandon total
De
l'embrasement sentimental
De
l'impensable
voluptueux
Et
de la chance ?
On
pousse plutôt son avantage
— De-ci
de-là —
En
explorant tous les confins
D'un
univers de merveilles
Dont
on ne sait rien
— Et
qui se découvre…
Toujours
sans pareil…
Ou
bien on laisse le coquillage
— Qui
divinement se ferme et s'ouvre —
Mener
le bal et, pour ainsi dire, l’orpaillage…
On
ferme les yeux
On
s’étire au ciel
On
sourit de félicité
Avec
ce rythme divin dans la peau
Qui
nous entraîne de son miraculeux tempo
Par-delà
le Vrai
Par-delà
le Bon
Par-delà
le Beau
Au-delà
de l'Idéal
Dans
cette contrée sensorielle
— Surréelle
– Ignorée
de l’injouissance —
Dans
la présence-absence immense de l’Immanence
Plus
tard, j’accentuerai la chance
En
poussant toujours plus loin l’huis de l'Ouvre-Ciel
Ce
qui aura pour conséquence
Le
déchaînement hallucinant
De
notre jouissance surnaturelle
Et
lorsque nous reposerons enfin
Bienheureusement
anéantis dans le Sans-Vouloir
J’apercevrai
dans un brouillard
Sur
votre beau visage endormi
— Mon
bel amour —
Comme
toujours
Un
extraordinaire sourire d'extase et de ravissement…
(Sans
pouvoir voir le mien
— Évidemment
—
Mais
en ne ressentant que lui…
Éperdument…
)
III
Symphonia
harmoniae caelestium revelationum
(Symphonie
de l'harmonie des révélations célestes)
Le
contemplatisme monacal c’est :
L’amour
du silence
De
la musique
Du
chant
Et
de l’abandon amoureux
Au
silence
À
la musique
Au
chant
— Avec
finalement
Une
immersion dans l’Outre-Ciel
Toujours
ici présent
Le
contemplatisme galant c’est :
L’amour
du silence
De
la musique
Du
chant
Et
de l’abandon amoureux
Au
silence
À
la musique
Au
chant
Mais
allié à l’amour sentimental
À
la volupté
Et
à l’abandon amoureux à l'harmonie des révélations célestes
De
l’amour charnel
— Avec,
finalement,
Une
immersion dans l’Outre-Ciel
Toujours
ici présent
IV
À
la lumières des chandelles
On
prend notre brunch
En
écoutant les motets de Vivaldi
Ou
les chants d’Hildegard von Bingen…
L’amour
est un jeu merveilleux…
Comme
apprendre à jouer du violon…
Mis
en page cet après-midi du 8 avril 2018, sous le regard amusé de
quelques Gros-becs qui, perchés sur une branche juste derrière la
vitre, ne cessent de m’observer.
(Les
Gros-becs, on le sait, ont une parade
nuptiale
galante : « lorsqu'un
Gros-bec mâle a réussi à séduire une femelle, il commence sa
parade nuptiale. Le mâle hérisse ses plumes et agite ses ailes et
sa queue. Ensuite sa partenaire s'avance vers lui et il commence à
faire des révérences.
La
parade se termine par un « baiser » entre les deux
partenaires, ils collent leurs deux becs. À ce stade le mâle va
chercher de la nourriture qu'il dépose directement dans le bec de la
femelle. Il arrive que pendant le vol nuptial les Gros-becs se
poursuivent en poussant de grands cris. Pendant cette période le
Gros-bec se montre très nerveux et agressif. »
Pour
les grands cris durant le vol nuptial, d’accord ; pour la
nervosité et l’agressivité, c’est tout à fait le contraire.
Enfin,
on appelle « ornithologues » ceux qui observent les
oiseaux, mais comment appelle-t-on ceux qui, comme nous, en sont
observés ? Je suppose en effet que c’est de notre observation
constante et discrète que ces genres de passereaux, ordinairement si
farouches, ont pris goût à venir passer leur temps juste derrière
nos carreaux…
)
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
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