Six-cent-cinquante
mille mètres carrés
— Soixante-cinq
hectares —
Pour
s'aimer…
Avec
leurs milliers d'arbres
D'oiseaux
— Et
leurs nids —
D'insectes
de toutes sortes
— Et
leurs niches —
Leurs
dizaines de renards
De
belettes
De
fouines
De
blaireaux
De
lapins
De
lièvres
— Et
leurs terriers —
De
sangliers
De
chevreuils
De
ragondins
D'écureuils
— Et
leurs abris —
Leurs
gardes-chasse et deux chevaux
Avec
leurs sources, leurs cascades et leurs ruisseaux
Leurs
poissons
Leurs
batraciens
— Dont
quelques espèces rares et protégées au moins…
—
Leurs
landes et leurs prés
Leurs
millions de fleurs sauvages
— Et
tout le reste que j'oublie…
—
Palpitant
de beauté indomptée, de violence et de vie
Avec
pour
seul et unique objet d'être
le vaste écrin
De
notre vaste lit
Où
nous aimer à l'infini…
Nous aimer à l'infini…
L'unique
objet depuis toujours de notre vie…
Cette
joie de tendresse et de feu qui nous saisit
Qui
perle tout notre corps d'une rosée de désir
Emballe et harmonise
nos souffles
Gonfle
nos sexes et nos cœurs
D'une
allégresse sans pareille
— Qui
non seulement ne faiblit pas mais avec le temps progresse —
Qui
s'enfle de nos joies
Et
à laquelle on s'abandonne vous et moi
Comme
à la pure Joie
du Monde
(Qui
semble n'avoir dans le domaine de l'amour
Que
ce Domaine
de l'Amour pour
laisser libre cours à son cours)
Comme
à sa pulsation somptueuse-voluptueuse
Qui
nous dissout et nous affirme
Et
manifeste l'Estre
de notre être
Qui
ne paraît que lorsque nous ne sommes plus là
Avec
notre petit “Moi”
Mais
seulement lorsqu'il cède devant
Notre
vérité ultime-sublime d'amants
Dans
ce mouvement du
Devenir &
de
la Beauté
Si
convulsif
Si
beau et si puissant
Où
Dans
nos pleurs, nos cris de joie de notre dissolution-vertige
Apparaît
enfin
Notre
vraie force
Notre
vrai “Moi”
Lorsque
Dans
le tsunami de la volupté
Nous
connaissons l'Extase
harmonique
Cet
abandon sensualiste-orgasmique
Qui
— en “comme-un”
—
Nous
réduit au néant
Et
nous laisse
— Au
réveil —
Dans
le silence de la pure contemplation
Ou
— Alternativement
—
L'infinie
tendresse
Et
la douceur de nos rires…
Une
fois et demie le Vatican…
Pour
l'apogée et la gloire contemplatifs —
galants
De
deux seuls amants…
L'équivalent
d'un grain
de sable
dans l'infini désert
De
l'immense Machinerie
Planétaire
Et
de la tragi-comédie mondiale
— Létale
—
Que
nous jouent les injouissants & autres chacals
— De
toutes catégories —
Mais
que — ici — nous faisons taire
Parce
que leur séjour
y est interdit
— Si
besoin est (par nos gardes) manu
militari —
Et
que nous arrêtons ainsi le monde à nos frontières…
Six-cent-cinquante
mille mètres carrés sur
cette Terre
Uniquement
dédiés à l'amour
&
à la poésie
Et
aux joies voluptueuse & lascives
Et
aux illuminescences mystiques
Qui
avec elles vont de pair…
Et
si un jour nous ouvrons nos
frontières
Ce
sera aux vignerons, à leurs
vignes &
à leurs verres
Bref,
à de
belles
&
bonnes
cliques…
Et pour le reste… : bernique !
R.C. Vaudey
Le
20 novembre 2016
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016
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