C'est
un merveilleux lundi d'été
Dont
on passe l'après-midi au lit
Dans
les caresses et dans les ris.…
Tout
est très émouvant
Tellement
caressant.…
Et
on se promet des merveilles…
En
riant…
Je
vous jure de vous protéger…
Toujours…
En
héros de l'amour…
Et
pour vous prouver ma virtù
Je
vous raconte une fois encore
Comment
à Baga
—
Sur
la plage —
Lors
d'une représentation des Hollandais
J'avais
jailli sur la scène
Face
à un taliban afghan qui s'était jeté en rage
Pour
la poignarder
Sur une danseuse de théâtre balinais
Sur une danseuse de théâtre balinais
Contre
la semi-nudité de laquelle il écumait…
Taliban
Que très dialectiquement
J'avais
immédiatement désarmé
Et
immobilisé au sol —
en détournant son énergie
—
D'un très élégant mouvement
(Vraiment
parfait…
comme au dojo ! )
En
repensant à Artaud !
…
Et
je
vous dis aussi
Les
hippies de Goa
Qui
m'appelaient après cela
"Le
gentilhomme français"
—
Parce
que sur la plage je protégeais aussi les dames —
Et
qui dix ans plus tard
—
À
Amsterdam —
Se
repassaient toujours le film
—
Car
tout avait été enregistré…
—
Et
qui en restaient doublement hallucinés…
Je
vous promets donc
D'être
toujours votre héros…
Et
vous qui êtes en plus
Une descendante
de Carolus
Magnus
—
Et
donc princesse…
—
Vous
acceptez ma promesse…
Quelle
belle entrée en amour
Que
le récit d'une vie romanesque
Et
des promesses et des caresses
Chevaleresques
!
Sérieux
comme des papes
On
en rit comme des petits fous…
Ensuite
Quand
nos cœurs se re-connaissent au fond —
et
pour de vrai…
—
unis
Contre
toutes les formes de la barbarie
—
Comme
ils le sont depuis toujours
Eux
qui héroïquement défendent une
idée de l'amour
Qui
n'a encore jamais eu cours
Et
qui ne nous a valu que le rejet
De
toute part
Et
des insultes et des ennemis —
Ensuite
Il
nous est bien facile de nous aimer…
Vous
m'accueillez dans vos palais
Où
je m'avance comme dans une mousse
—
Si
douce —
Que
je me garde de brusquer
Et
c'est
Une
fois encore
De
nos puissances et de nos délicatesses
Réciproques
et partagées
L'accord
Qui
nous entraîne
À
nous couler
Dans
les vagues enchanteresses
De
la volupté
À
nous savourer
Longuement
Sensualistement
Et
sans détour
Jusqu'au
point de non-retour…
Beau
et bon à pleurer
Le
soir
Très
émus et attendris
Souvent
on se caresse…
Ou
l'on rit…
Sans
prétexte ou
pour un rien…
Le
lendemain
—
C'est-à-dire
aujourd'hui —
Tout
abandonnés au Temps
et à sa jouissance
On
apprend qu'au Japon la folie suit son cours
Qu'en
France,
L'opération
Feu
aux poudres
—
Ainsi
que je l'ai nommée
—
A
frappé un lieu que je connais…
De mon propre père la ville natale…
Mon
père qui, lui, à Hassi Messaoud, en 1962
Avait
réchappé d'une attaque au camion…
—
…
Et
j'y pense
Avec émotion…
J'avais
évoqué récemment
—
En
plaisantant —
L'évêque
de Rouen…
J'ignorais
alors qu'il réapparaîtrait…
Et
surtout pour ces raisons
André
Breton
Prétendait
que la poésie pré-textait
—
Pour
ainsi dire —
L'avenir…
Et
il le “démontra” dans son livre L'amour
fou
À
partir de l'analyse de son poème Tournesol…
Qui
sait s'il n'avait pas raison…
Ici,
dans la fraîcheur de ce soir d'été
La
poésie de l'amour
Suit
son beau et long cours…
Où
en serait le monde si elle ne le faisait…
Le
26 juillet 2016
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences)
2016
.
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