samedi 30 juillet 2016

DANS LA VIOLINE ET L'OR













D'abord nous déjeunons
Dans la violine et l'or
Qu'illumine
Le ciel puissamment bleu et frais
Du printemps
Qui envahit notre salon
Et nous baignons
Richement
Dans une étrange magie
Chargée de luxes
D’énergie et d'entrain
Grâce au piano de Chopin

À lui seul cet instant
L'énergie et le soleil du printemps que l'on voit dehors
(Et que l'on sent partout)
Secouer
De joie et d'extase
Une rude campagne
Et qui
Renaissant
Chasse l'hiver
En éclaboussant de lumière les meubles sombres
Les ors
Les violets et les pourpres
De notre intérieur
Baignant dans l'opulence du piano de Chopin —
À lui seul cet instant
Est une pure illumination

Touchés déjà par l'extraordinaire
Nous poussons cependant notre avantage
Jusqu'à notre lit…

Si partout fait rage cette étrange guerre
Et ses bombardements
Qui frappent maintenant à tous les étages
Indistinctement
Nous
Dans notre bunker de lumière
Nous nous aimons

C'est un amour onctueux et opulent
D'une assurance sans appel
Où vous déployez
Pour moi
Et votre amour
Et votre maestria
Moi-même
Surabondant
Tout caressant de cet amour profond pour vous
Je nous mène
Longuement
Là où m'entraîne
La puissante caresse intime
Qui depuis le début vous anime
Jusqu'à ce point où s'ouvre pour moi en vous
La sphère parfaite de votre amour jouissant
Qui me fait comme un calice
Qu’extatiquement
Dans la beauté et convulsif bienheureusement
Je remplis
Surabondamment

Trouvés le Graal
La coupe fantastique
Les aventures qui y mènent
Celle qui le cache
Comme un miracle
Au cœur de son ventre
Entre ses cuisses
Et qui seule peut vous l'offrir
Dans un mouvement qui lui échappe
Quand pour elle le ciel s'ouvre
Et que dans un même mouvement
Elle s'ouvre au ciel
En Belle complice
Tandis que vous-même
Secoué de joie de puissance et d'extase
Vous vous fondez dans la lumière !

Jeunes gens, jeunes filles
Trouvez le Graal !

Le soir
L'un contre l'autre
Nous sommes parfois parcourus de frissons
Il nous échappe comme des murmures gourmands
Tandis que les réminiscences nous ressaisissent
De cet amour extraordinaire
Exubérant

Le lendemain
Nous reposons
Allongés sur la terrasse
Dans le silence et dans la grâce
Dans le soleil et le bleu du printemps
Entourés de tous les chats bruns
Calmes soudain
Infiniment…
Avec le piano de Chopin…





 Le 16 mars 2010.




R.C. Vaudey. Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2012 



(Première mise en ligne : 7 mars 2013)







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