D'abord
vous sauvez Gustave Flaubert
Totalement
terrorisé
En
train d'étouffer
Entre
le haut d'un vieux mur et la volige
Au
moment même où j'imaginais
Qu'il
allait falloir démonter le toit
Pour
le sortir de là…
Quel
prodige !
Gustave
vous mord un peu…
Dans
son effroi…
Nous
le retrouverons plus tard
Dormant
comme un capucin
— Car
il dort comme ça… —
Sur
un coussin
Ce cher Flaubert
Ne
semble pas avoir entendu parler
Du
stress post-traumatique
Ni
de rien de tout ça…
Ainsi
sont les chats…
Et
je pense alors à Bébert
Au
milieu du Reich apocalyptique…
Ici, ce n'est pas encore tout à fait la guerre
— Enfin,
celle que l'on fait avec des armes à feu —
Pourtant,
nos chats ne vivent jamais bien vieux
— Un
an ou deux —
Puis
ils disparaissent dans la nature
— Qui
nous submerge —
Où
ils se battent entre eux…
(Bien
que je soupçonne quelques ordures
— Des
viandeux —
De
n'y être pas pour peu…)
Il y a quelque temps
M'entretenant
avec Flaubert
Et
puis son frère
— Celui
qui fait le poirier et marche sur les pattes de devant —
Je
leur disais que sans cette éternelle danse
De
l'impermanence
— Qu'accélère
peut-être la malfaisance —
Je
n'aurais jamais eu le plaisir de les voir faire
Tous
ces tours merveilleux
Que
je n'avais vus à aucun de leurs prédécesseurs
Pourtant
tous élégants jouisseurs
Délicieux
— Et
mes maîtres – aussi – un peu… —
«
Ainsi passerons-nous tous
— Leur
disais-je —
Pour
laisser la place
À
d'autres…
Toujours
différents
Toujours
merveilleux… »
À voir Flaubert et son frère
S'étirer
Allongés
sur le dos
J'avais
compris que l'affaire
Ne
les intéressait guère
Que
« le dossier »
— Comme
on dit dans les ministères —
«
Était clos »
Ayant retenu la leçon
Du
rien après, rien avant
— De
l'ici et maintenant —
Et
des déploiements ondoyeux
Voluptueux
Je
vous ai invitée à un rendez-vous galant…
Impressionné
par votre sauvetage par transfert
— Miraculeux
—
De
Flaubert
Ce qu'on ne dit pas
— Ou
que l'on dit peu —
C'est
que des beaux amants les corps
Conversent
Directement
entre eux…
Ils
ont une joie bien à eux
S'attendent
avec impatience
Se
caressent
Avec
fougue, délicatesse, science
Puis
s'interpénètrent
Dans
la mirobolance
S'extasient
de leur congruence
Halètent
de l'accord mélodieux
De
leurs différences
— Qui
les exténue tout de même un peu…
Par
son miraculeux… —
Ensuite leur danse
Est
la vraie danse des dieux
Où
le fabuleux
Le
dispute à l'onduleux
Le
soyeux au merveilleux
En transe
Leur
insouciance
Leur
fait toucher les cieux
Majestueux
Fastueux
Torrentueux
Ils
illuminent le monde
Qui
n'a jamais existé que pour et par eux
Le mieux à faire :
Les
laisser faire…
Fermer
les yeux…
S'abandonner
au jeu…
Abandonner
le Je…
Se
laisser emporter par la grâce
Où
tout se passe…
Hé
quoi ! Que faire de mieux
Que
de laisser faire la chance
Quand
elle vous caresse de ses outrances…
(Tout de même…
— Et
pour en revenir à la guerre —
Je
ne m'attendais pas
À
ce que ce rendez-vous galant-là
Se
finisse en Hiroshima…)
Mon amour
Votre
amour
Est
pour moi
La
bombe H…
Et
la bombe A…
Et
même la bombe H. A.
Et
S'il
faut un jour finir
J'aimerais
que ce soit ainsi
Dans le sommeil d'amour qui suit
vos bras…
Je
vous l'ai dit sans rire
Espérant
que vous ne m'en voudriez pas
Et
que passé le premier choc
Vous
vous réjouiriez pour moi…
Après vous avoir vue pensive
Je
vous ai vue sourire
Et
puis vous étirer
Allongée
sur le dos
Et
j'ai compris que l'affaire
Ne
vous intéressait plus guère
Que
« le dossier »
— Comme
l'on dit dans les ministères —
«
Était clos »
Mon amour
— Je
ne sais dire que ça —
Mon
seul regret est de ne pas vous avoir connue plus tôt…
J'avais
été amoureux
Quelquefois
Pendant
les dix ans précédents
Et
puis peu à peu
Le
sexe était devenu un jeu
Où
l'alcool et les produits
Ne
m'arrangeaient pas
— Bien
au contraire… —
Je
n'ignore donc rien
Des
passions de charcutiers, de charcutières
De
mes contemporains
Pour
le boyau
Les
fluides corporels
Les
« jeux sexuels »
— Et
je peux même prédire dix milliards de clics
Au
premier ou à la première
Qui
fera ressortir le tuyau…
Par
le bas ou par le haut —
À la vérité
Avec
ce bel amour
Et
tous ses beaux discours
Nous
nous sommes mis hors monde…
Voilà
le plus beau
Épicure avait bien son Jardin
Mais
il y réunissait sa secte…
Nous
Galants
contemplatifs libertins
Nous
avons notre Domaine
— Ces
soixante-cinq hectares qui dominent la plaine —
Où
— Naturellement
beaucoup plus select —
Nous
ne recevons jamais personne
— Ça
étonne —
Et
où nous nous promenons d'ailleurs
Sans
jamais rencontrer âme qui vive…
— Mais
y en a-t-il qui vivent
Vraiment…
Des
âmes…
Ailleurs…
?
Les philosophes
Ont
toujours compensé leur injouissance
Par
le sentiment de puissance
Que
leur donnaient leurs disciples
Quand
les amants
À
travers le temps
Galants
Contemplatifs
Tout
à leur jouissance
Océaniques
Ont
toujours recherché l'intimité
Et
toujours pensé
Que
ce qui pouvait leur arriver de mieux
C'était
d'être ignorés
J'avais écrit
— Dissuasif
—
En
détournant les situs :
JEUNES
GENS, JEUNES FILLES
Quelque aptitude au dépassement, au jeu
Et à l’amour abandonné.
Sans connaissances spéciales.
Si intelligents ou beaux,
Vous pouvez donner un sens à l’Histoire
AVEC LES SENSUALISTES.
Ne pas téléphoner ; ne pas se présenter.
Vivez, aimez, écrivez, créez.
Quelque aptitude au dépassement, au jeu
Et à l’amour abandonné.
Sans connaissances spéciales.
Si intelligents ou beaux,
Vous pouvez donner un sens à l’Histoire
AVEC LES SENSUALISTES.
Ne pas téléphoner ; ne pas se présenter.
Vivez, aimez, écrivez, créez.
Si
un jour certains lisent ceci
Et
qu'ils en ont encore l'usage
C'est
ce qu'ils pourront faire de mieux…
Et
sinon qu'ils trouvent autour d'eux
De
ces jeunes gens, de ces jeunes filles
Auxquels
faire passer le message…
…
Et
maintenant, ma Chère, vous m'accorderez
Qu'après
avoir brassé tant d'air
Il
est temps que j'aille imiter Gustave Flaubert
— Que
je vois tout pelotonné… —
Et
dormir avant potron-minet…
Le
9 octobre 2014, au
point du jour.
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