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Héloïse
Angilbert
L'extase
totale
(Labyrinthe)
2003
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Les
choses que je fais avec vous sont si fortes et si douces…
J'eusse
aimé
À
vingt ans
Pouvoir
aimer
Ainsi
que je le fais
Aujourd'hui
Avec
cette ardeur et cette douceur-là…
Je
vous eusse alors écrit
Des
choses sans importance
Mais
que j'eusse pensées
Comme
celles-ci :
Suprême
L'amour
est une fête
Qui
s'empare de nous
Sitôt
que nous nous y abandonnons
Après
nous être bien assurés
Que
rien ne viendra déranger
— Pendant
quelques journées —
D'abord
Le
désordre céleste de nos envolées…
Ensuite
L'ordre
— mystique-illuminé —
De
nos sublimes tendresses…
À peine les rideaux tirés
Tandis
que les journées vont à la peine
— Ou
à la futilité —
Nous
rions et nous nous caressons
Jusqu'à
être peu à peu entraînés
Par
nos merveilleux baisers et nos délicieuses caresses
Dans
la spirale enchanteresse
De
la volupté…
Et
tandis que j'écris ceci
Je
revis encore nos derniers accords
[…
]
[…
]
N'avait
de cesse
De
s'épanouir et de danser
[…
]
— […
]
Sans
rien faire
À
l'envi —
[…
]
Davantage
[…
]
[…
]
Onctueux-merveilleux
Divin
— Ce
qui vous mettait encore plus aux anges —
Comment
Finalement
D'une
merveilleuse douceur
[…
]
[…
]
Et
puis vous disais
— L'heur
arrivé —
À
mots feutrés
« Mon
amour, s'il vous plaît… »
— Et
comment, alors, il vous plaisait ! —
Avant
de me liquéfier
Dans
le chant infini
De
nos cris de joie et de vie
L'amour, la poésie
Se
suffisent à eux-mêmes :
Jeu
voluptueux
Jouissance
du Temps
Extase
suprême
Cette nuit encore
Nos
enlacements
Ces
bouleversements d'amour
— Cet
or du Temps
– Hors
du temps –
Tandis
que l'on dort —
Eux
aussi
Trésor
suprême
Depuis le grand salon
De
jet-setter « sensy-bohème »
— Ainsi
que vous le disiez, pour vous moquer…
—
Que
vous nous avez donné
Un
mot encore :
Héloïse,
je vous aime
[…
]
Demain
Nous
fêterons notre amour
Tous
les deux
Et
il y aura certainement aussi Al green
Qui
chantera pour nous Let's stay together
Dans
la nuit et sous la pleine lune…
Mais
cette nuit je veux remercier Max et Dorothea
Dont
j'ai dit ce que je leur devais
Et
Breton
— Qui
dans la famille « psychanalystes »
N'eut
pas la chance de connaître le bon —
Mais
qui trouva la voie
Ainsi
qu'il le chanta :
La poésie se fait dans un lit comme l’amour
Ses draps défaits sont l’aurore des choses
La poésie se fait dans les bois
Elle a l’espace qu’il lui faut
Pas celui-ci mais l’autre que conditionnent
L’œil du milanCela ne se crie pas sur les toits
La rosée sur une prèle
Le souvenir d’une bouteille de Traminer embuée sur un plateau d’argent
Une haute verge de tourmaline sur la mer
Et la route de l’aventure mentale
Qui monte à pic
Une halte elle s’embroussaille aussitôt.
Il est inconvenant de laisser la porte ouverte
Ou d’appeler des témoins
Les bancs de poissons les haies de mésangesL’acte d’amour et l’acte de poésie
Les rails à l’entrée d’une grande gare
Les reflets des deux rives
Les sillons dans le pain
Les bulles du ruisseau
Les jours du calendrier
Le millepertuis
Sont incompatibles
Avec la lecture du journal à haute voix
Le sens du rayon de soleilLa chambre aux prestiges
La lueur bleue qui relie les coups de hache du bûcheron
Le fil du cerf-volant en forme de cœur ou de nasse
Le battement en mesure de la queue des castors
La diligence de l'éclair
Le jet de dragées du haut des vieilles marches
L'avalanche
Non messieurs ce n'est pas la huitième Chambre
Ni les vapeurs de la chambrée un dimanche soir
Les figures de danse exécutée en transparence au-dessus des maresL'étreinte poétique comme l'étreinte de chair
La délimitation contre un mur d'un corps de femme au lancer de poignards
Les volutes claires de la fumée
Les boucles de tes cheveux
La courbe de l'éponge des Philippines
Les lacets du serpent corail
L'entrée du lierre dans les ruines
Elle a tout le temps devant elle
Tant qu'elle dure
Défend toute échappée sur la misère du monde
(Breton.
Sur la route de San Romano. 1948)
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences)
2015
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