![]() |
Antoine
Watteau
La
gamme d’amour
1715-1718
|
« Je
comprends enfin
Que
c'est d'avoir joué
À
la petite bergère
— Enfant
—
Lorsque
vous courriez le plateau
Accompagnant
votre voisine fermière
Avec
ses vaches, ses chèvres et ses petits veaux
Que
vous vient ce cœur idyllique
Cette
belle âme pure et fière
— À
laquelle répugnent tant
Toutes
les formes de la friponnerie
Et
de l'indignité —
Et
aussi ce grand goût du silence
Et
de la contemplation…
Bref,
tout ce qui illumine tant nos amours bucoliques
Marquées
du sceau de votre fraîcheur
Et
de votre intégrité mystiques
Et
je sens bien à quel point je suis le plus heureux des hommes
De
vous avoir rencontrée
Et
d'avoir su de vous me faire aimer…
Ce
qui au départ — je l'avoue — n'était pas gagné
Ces
âmes pures et bucoliques
— Auxquelles
à travers le temps
Rêvaient
tant les mondains et les courtisans
Adeptes
de la flagornerie et de la trahison
Confrontés
aux putains et aux manipulatrices
Aux
coureurs de dot, aux abuseurs et aux pervers narcissiques
– Et
dont le mythe traverse l'histoire de la littérature et de la poésie
De
Théocrite à d'Urfé
En
passant par Virgile, Ronsard et Vauquelin de La Fresnaye —
Finalement,
elles existent :
Et
je vous ai rencontrée
Le
fond de votre cœur était frais
(Le
mien ne demandait qu’à le redevenir
Sans
avoir été vraiment altéré)
Et Paris ne vous avait pas pervertie…
Et Paris ne vous avait pas pervertie…
Ne
nous étant depuis jamais mêlés au monde
— Comme
deux aimables Sainte-Colombe —
Ayant
toujours cultivé l’otium
— Autant
qu'on le pouvait –
L’otium
par la poésie vécue illuminé —
Il
l'est resté
Aujourd'hui,
nous tentons de préserver
Cet
environnement poétique et agreste
Où
vous avez grandi
Et
où s'épanouit notre amour depuis tant d'années…
C'est
bien sûr lui qui nous inspire ce beau geste
— Et
sa réussite
Comble
et enflamme notre amour en retour
Tout
cela est évidemment bien charmant
Et
bien sûr aussi peu de chose
Dans
la guerre du temps
— Où
tout peut être balayé en un instant… »
Allongés
dans notre grand lit frais
Voilà
les réflexions que l'on se fait
Encore
tout émus et émerveillés
Du
concert qui hier
Nous
bouleversait et nous ressuscitait…
Tout
cela est si délicat et si hors du temps
Que
nos baisers s'envolent
En
farandole
— Suivant
nos âmes d'enfants…
Dehors,
l'après-midi est resplendissant
— Son
or force nos rideaux
Tandis
que dans notre pénombre
On
se coule dans l'amour caressant…
Si
l'Humanité a rêvé des amours idylliques
Il
semble que nous seuls en ayons la clef
Et
connaissions du tableau la partie toujours voilée
— Ou
alors les autres restent bien discrets…
Disons
que rien n'est si délicat
Si
puissant et si beau
— Pas
même la musique —
Que
ce chapitre toujours tu du récit des amours rustiques
— Et
si hier
Lors
du concert
J'étais
plutôt passif
– Soumis
à la toute-puissance
Béatifique
D'une
Diva lyrique –
Je
suis cette fois un des deux héros
Un
musicien même
Qui
n'ai que peu le loisir
D'apprécier
la sublimité du génie féminin
– Même
si je m'en délecte au-delà du dicible –
Emporté
que je suis dans les vagues harmoniques
De
la jouissance en comme-un
Et
de son tempo
Dans
ce duo
Avec
vous
En
Déesse sensualiste
Extatique
Que
guide son cœur palpitant
Aspirant
à l'amour
Attentive
à mes élans
Savourant
mes retardements
— Et
mes abbellimenti de paradis —
Débordée
par ses vagues célestes
Et
puis
— Finalement
Au
bout du bout de l'enchantement —
Convulsée
de Beauté définitive
Alors
que je suis moi-même emporté
Dans
une transe miraculeuse
— Absolue
et clonique
Découvrir
la réalité des amours pastorales
— Galantes
et mystiques —
De
si longue tradition
Et
si mythiques
— Ou
peut-être encore leur donner enfin corps —
Voilà
quelque chose que seuls les miracles de la vie peuvent offrir
Et
ce à quoi nul n'est vraiment préparé
Qui
nous laisse absolument muets
Et
comme sous un charme
Indicible
Dans
cette sorte de faille spatio-temporelle
Qui
à travers l'horreur des époques semble demeurer toujours aussi belle
Et
aussi surréelle
… Enfin,
c’est ce que je me dis
À
cette heure de la nuit
Où
il est temps de m’endormir
— En
vous remerciant…
Vous
et la vie…
Le
14 octobre 2019
R.C.
Vaudey
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019
.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire