samedi 26 octobre 2019

Élévation





Heureux celui qui connaît l'amour
Initié aux béatitude extrêmes
Inconcevables
Indicibles
Qu'on ne peut que ressentir
Et dont le ressouvenir
Dans les heures et les jours qui les suivent
Nous fait longtemps encore frémir




Revenu dont on ne sait encore quelle noirceur
Je me déploie comme jamais
Je crois —
Et je m'émerveille
Sans trêve
Des splendeurs
Des volutes
De la Vie
Fastueuse
Serpentine
Ondoyeuse —
Qui de vous [… ]
Que je caresse de tout l'amour
Qui souverainement vous échoit


Puis, je traverse le Ciel
D'être dans vos bras


Et je pénètre lentement l’Éden
Dans ce phaëton d'or et de lumière
Dont j'ai déjà parlé
Je crois —
Qui a remplacé mon moi


Heureux celui qui connaît l'amour
Initié aux béatitude extrêmes


Heureux celui qui aime


Vous m'offrez votre cœur
En m’enserrant dans le mouvement
Primal
Ondoyant —
Du Vivant


Je vous offre le mien
Dans la poussée de cette Énergie vitale
Primordiale
Flexueuse
Improvisée
Savante
Abandonnée
Jusqu'à en être torrentueuse —
Qui s'est emparée de moi


Quelle joie !


Nous parcourons l’Éden
— Guivrement
Amoureusement
Langoureusement
Nonchalamment
Ardemment
Sans plus chercher quoi que ce soit
Dans un éblouissement qui n'a pas de nom
Je crois —


Tout cela ne finirait pas
Si quelque entraînement profond
Ne nous précipitait lentement
Vers les épanchements les plus incandescents
Qui soient


Et qui nous pulvérisent dans les cris de la joie


Heureux celui qui connaît l'amour
Initié aux béatitude extrêmes


Heureux celui qui aime


Ce luxe suprême
L'amour la poésie
Écrire ainsi
Tard
Dans la nuit
Tout chargé des splendeurs voluptueuses
Des après-midi somptueuses
Où le monde ne s'est fait ni entendre
Ni connaître
Sauf peut-être du ronronnement gracieux
D'un félin royalement voluptueux –
Dans un temps où ni la paix ni la grâce
N'ont tout simplement pas leur place —
Ce luxe suprême
L'amour la poésie
Écrire ainsi à vos côtés
Tandis que vous dormez
Tard dans la nuit
Moi qui suis mort il y a plus de neuf ans déjà —
J'en sais et j'en savoure intensément
Tout le merveilleux




Et sans plus de mots pour bénir la vie
Je prie seulement le Ciel
De me permettre d'être longtemps ainsi :
Un vrai vivant
Heureux










Plus tard, repensant à ce cher, jeune et malheureux Baudelaire,
je détourne ce très bel air






Élévation


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,


Nos esprits, se meuvent avec agilité,
Et, comme deux bons nageurs qui se pâment dans l’onde,
Ils sillonnent gaiement l’immensité profonde
Avec leur féminine et mâle volupté.
Mêlées.


Envolez-vous bien loin de ces miasmes morbides ;
Allez vous purifier dans l’air supérieur,
Et buvez, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.


Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux ceux qui peuvent d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;


Ceux dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui planent sur la vie, et comprennent sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !





Le 26 octobre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019





(À la splendeur des déserts et à leurs aubes — et aux choses — muettes)




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