dimanche 19 août 2018

Féerie post-orgastique






I


Mon Dieu !
Le mur
La vigne
L'ombre
Le soleil
Composent
D'où je suis assis
Dans le salon
Près du bassin
Face au tilleul
Une féerie
Pour moi seul


L'écureuil
La vasque
La musique de l'eau
Le roucoulement des tourtereaux
L'arche de pierre de l'antique four à pain
Partout
La beauté rayonne
Qui m'a en elle à présent comme un cœur battant
Calmement
Dans son sein


Il me faudra essayer de l'écrire
Pour tenter de revenir
De si loin.


Mon Dieu !
Le monde me reprend soudain


C'est l'extase post-orgastique, en plein !


Pas moyen d'y échapper :
Le merveilleux silence intérieur
Et la féerie
De laquelle sans y pouvoir rien je ris
M'aspirent à nouveau


Silence


Un dans le beau


Le rêve :
Pouvoir toujours
Être aspiré ainsi
À l'envi
Par le merveilleux et la vie




Berger de l’Être
Aujourd'hui
Je rêvais de l'être
Sinon de l’Être...
Du moins de bêtes
De brebis
M'imaginant guidant
Sur nos terres un troupeau
Chevauchant l’Éclair
Passant mon temps sous le Ciel
Entouré d'innocentes créatures
Qui pâturent




C'était le début de nos rires
Et de nos délices extatiques
D'où me vient cet émerveillement mystique
Récurrent
Étonnant


J'écris cela
Et soudain :
Je n'y suis de nouveau
Plus pour personne ni pour rien


Trop bien


L'âme du monde dans mon sein
Comme un jeu taquin


Jouer
Enfant
Jouer
Bien




II




Il y a quelques jours de cela
L'enfer, en plein :
La foudre
Le tableau
Les flammes
La crainte de l'incendie :
L'ouverture sombre et brutale
De l’infernal
Juste un aperçu
Impromptu
Pour qu’on ne l’oublie


Puis, nous apprenions l'existence des Écossais
Que j’imaginais tout à l'heure accompagner
En pâtre contemplatif
Dans le parc des amants galants
Ayant toujours préféré les moutons
Innocents animaux à poils
Laineux et grégaires
Qui vivent en rond
Et pâturent
Aux mutins
Méchants fauves
Qui vivent à poil
Haineux, vulgaires et grégaires
Qui tournent en rond
Dans la nuit de leur vie
En moto ou en voiture




III




Le soir
On contemple le ciel
Et le « Vaisseau mère »
Qui énorme, rouge brille plein sud
En craignant qu’il ne prenne notre allée éclairée
Pour piste d’envol
Pour venir nous enlever
Pour nous emporter dans les étoiles
Alors que déjà l’on y est.


Bref ,
Tendrement
Amoureusement
Accolés
Dans la nuit
De rire on se gondole








R.C Vaudey
Le 18 août 2018
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018



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