mardi 9 janvier 2018

Émotions







Sous le gui



Je ne crois pas avoir jamais ressenti 
Quelqu’un exprimer autant d'amour pour moi
Qu'à ce moment
Où nous nous embrassions
Sous le gui
Et où vous me souhaitiez ce que l'on souhaite
Normalement
À ce moment-là

Jamais de ma vie


Normalement
Avec le temps
Les gens sont de moins en moins aimés
— Lorsqu'ils l'ont jamais été — :
Leur femme
Leurs enfants 
Leurs amis 
Leur manifestent une vague tendresse
Leur font quelques simagrées
Et puis cela s'arrête là


Tandis que nous nous étreignions
J'étais bouleversé
— Par l'intensité de nos émotions :
Les miennes
Mais je les connais
Les vôtres
- Vous qui êtes toujours si réservée


Je ne sais qui ou quoi remercier
Que dire
Que faire
Si ce n’est ce vague et intense poème :



Héloïse, je vous aime




Le 2 janvier 2018
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018





 
Amours de lait






Cher ami,


Je dirai pour préciser notre échange que le désir génital ne s’appuie et ne peut s'appuyer sur aucune représentation mais seulement sur le souvenir sensible : il ne peut fantasmer telle ou telle « pratique sexuelle » car il n'est pas une « pratique sexuelle » mais le désir et le souvenir d'un sentiment d'aimer et d'être aimé, associé au « souvenir » d’une confusion (paradoxalement impatronisante) et d’une convulsion - d’un clonus - béatiques et prodigieux de tout l’être, à l’unisson avec l'être aimé.

À l'inverse des pulsions pré-génitales qui submergent l'esprit de représentations, et qui s'enflamment par elles - qui sont donc de l'ordre du spectacle (la vue ou l'ouïe) , le désir génital ne se satisfait que de la sensation et du sentiment : pour avoir bien sûr connu les deux dans ma vie, je dirai que la sexualité génitale, au sens que nous avons, après Reich, donné à ce mot, est infiniment pleine, puissante et paisible, quand la sexualité pré-génitale est une sorte de prurit qui peut aller jusqu'à l'addiction accablante, effrénée, avec tous les comportements aberrants que cela implique, et la même insatisfaction, -finalement.

Pour moi, après que j'eus été transporté par cette forme accomplie de l'amour qu'est, d'après mon expérience, l'amour génital et sentimental, je fus prêt à tout lui sacrifier, et j'abandonnai sans regrets et sans rien y pouvoir mes amours et ma sexualité « de lait ».

Porte-toi bien
 

Le 3 janvier 2018
Correspondance d'un Libertin-Idyllique (2018)






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