Sous
le gui
Je
ne crois pas avoir jamais ressenti
Quelqu’un exprimer autant d'amour pour moi
Quelqu’un exprimer autant d'amour pour moi
Qu'à
ce moment
Où
nous nous embrassions
— Sous
le gui —
Et
où vous me souhaitiez ce que l'on souhaite
— Normalement
—
À
ce moment-là…
— Jamais de ma vie
Normalement
— Avec
le temps —
Les
gens sont de moins en moins aimés
— Lorsqu'ils l'ont jamais été — :
— Lorsqu'ils l'ont jamais été — :
Leur
femme
Leurs
enfants
Leurs amis
Leurs amis
Leur
manifestent une vague tendresse…
Leur
font quelques simagrées
— Et
puis cela s'arrête là…
Tandis
que nous nous étreignions
J'étais
bouleversé
— Par
l'intensité de nos émotions :
Les
miennes
— Mais
je les connais —
… Les
vôtres
-—
Vous qui êtes toujours si réservée…
Je
ne sais qui ou quoi remercier…
Que
dire…
Que
faire…
Si
ce n’est ce vague et intense poème :
Héloïse,
je vous aime
Le
2 janvier 2018
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
Je dirai pour préciser notre échange que le désir génital ne s’appuie et ne peut s'appuyer sur aucune représentation mais seulement sur le souvenir sensible : il ne peut fantasmer telle ou telle « pratique sexuelle » car il n'est pas une « pratique sexuelle » mais le désir et le souvenir d'un sentiment d'aimer et d'être aimé, associé au « souvenir » d’une confusion (paradoxalement impatronisante) et d’une convulsion -— d’un clonus -— béatiques et prodigieux de tout l’être, à l’unisson avec l'être aimé.
Pour moi, après que j'eusse été transporté par cette forme accomplie de l'amour qu'est, d'après mon expérience, l'amour génital et sentimental, je fus prêt à tout lui sacrifier, et j'abandonnai sans regrets et sans rien y pouvoir mes amours et ma sexualité « de lait ».
…
Le 3 janvier 2018
Correspondance d'un Libertin-Idyllique (2018)
.
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018
Amours
de lait
Cher
ami,
…
Je dirai pour préciser notre échange que le désir génital ne s’appuie et ne peut s'appuyer sur aucune représentation mais seulement sur le souvenir sensible : il ne peut fantasmer telle ou telle « pratique sexuelle » car il n'est pas une « pratique sexuelle » mais le désir et le souvenir d'un sentiment d'aimer et d'être aimé, associé au « souvenir » d’une confusion (paradoxalement impatronisante) et d’une convulsion -— d’un clonus -— béatiques et prodigieux de tout l’être, à l’unisson avec l'être aimé.
À
l'inverse des pulsions pré-génitales qui submergent l'esprit de
représentations, et qui s'enflamment par elles -—
qui sont donc de l'ordre du spectacle (la vue ou l'ouïe) —,
le désir génital ne se satisfait que de la sensation et du
sentiment : pour avoir bien sûr connu les deux dans ma vie, je dirai
que la sexualité génitale, au sens que nous avons, après Reich,
donné à ce mot, est infiniment pleine, puissante et paisible, quand
la sexualité pré-génitale est une sorte de prurit qui peut aller
jusqu'à l'addiction accablante, effrénée, avec tous les
comportements aberrants que cela implique, et la même
insatisfaction, -— finalement.
Pour moi, après que j'eusse été transporté par cette forme accomplie de l'amour qu'est, d'après mon expérience, l'amour génital et sentimental, je fus prêt à tout lui sacrifier, et j'abandonnai sans regrets et sans rien y pouvoir mes amours et ma sexualité « de lait ».
…
Porte-toi bien
Le 3 janvier 2018
Correspondance d'un Libertin-Idyllique (2018)
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