Pour
répondre à ta question « pourquoi
"Libertins-Idylliques", et non "libertins
idylliques", pour parler des gens qui ont formé cette
avant-garde ? », je te joins la reproduction de l’édition
originale d’un texte de Calvin contre les anabaptistes : tu
comprendras que si Calvin désignait ces anabaptistes comme des
« Libertins, qui se nomment Spirituelz », donc comme des « Libertins-Spirituelz », j’ai dû penser que je devais conserver la
graphie de l’édition de 1547, réalisée à Genève par Jean Girard,
pour nommer celles et ceux que j’avais appelés, dès 1987, les
Libertins-Idylliques.
Depuis, le terme de libertin — au sens d’esprit libre, qu’il avait encore au XVIIe siècle… —, déjà passablement marqué par les roués du XVIIIe siècle, s’est encore chargé de tout le folklore populaire et indigent de la misère existentielle et sexuelle des deux dernières décennies du XXe siècle, et peut-être même du début du XXIe ; quoique dans celui-ci le fond du problème — la destructivité à l’état pur — soit plutôt enfin apparu au grand jour, ce XXIe siècle semblant en avoir fini avec les préliminaires sexualisés pour ne vouloir plus que se repaître des seules pulsions destructrices — sans autres prétextes. Ou comment l'on passe logiquement, en suivant sa pente, de la télévision commerciale et cryptée d'il y a trente ans à l'Internet noir d'aujourd'hui.
Sade
ne nous avait pas trompés — et l’analyse le confirmait déjà —,
les demi-mesures dans la débauche ne
sont, le
plus souvent, que
des
formes de résistances
à des pulsions exterminatrices. Les rages de l’injouissant
— ce pauvre diable
que nous avons tous été, un jour ou l’autre, enfant —
sont assassines.
Bien sûr, ce que Sade ignorait c’est que l’injouissance se soigne — ou, à défaut, se sublime — et que, sous les violences destructrices ou auto-destructrices, patiente toujours l’ample ondulation primale et extasiante de l’amour ; autrement dit, — si la chance veut bien nous sourire — sous la violence de la névrose nous attend toujours la plage de l'irradiance amoureuse.
J’espère avoir répondu à ta question.
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