dimanche 10 septembre 2017

Pour endoctriner on ne vise jamais trop bas








Ce n'est pas tout de dire que la promiscuité sexuelle est l'aumône que la société de l'injouissance accorde à ses esclaves pour les faire tenir tranquilles : il faut dire également que cette promiscuité sexuelle fut aussi cette arme dans la guerre psychologique que mena le capitalisme privé contre le capitalisme d'État, qui permit, entre autres choses, au premier de gagner la Guerre Froide qu'ils se faisaient ; que des pulsions destructrices et auto-destructrices sexualisées de l'injouissant contemporain elle est le bourrier fabuleuse aubaine mercantile des temps présents sur lequel prospèrent toutes les scathophagidae des différentes maffias de la finance et du reste.


Ce n'est pas tout de dire que le monde moderne, ["l'américanisation du monde"], est arrivé à institutionnaliser avec une telle astuce le "changement", la "révolution", l'"anticonformisme", que toute entreprise de libération est une routine inscrite dans le règlement de la prison : il faut dire aussi que : le "monde moderne", "l'américanisation du monde", l'a fait pour les deux raisons que j'ai dites plus haut : parce que dans cette course au désarmement moral, à la débauche et à la transgression, le capitalisme privé, à l'Ouest, était sûr de l'emporter face à un capitalisme d'État, à l'Est, incapable de le suivre sur ce terrain parce que s'appuyant au contraire sur un surmoi fort, même si endoctriné, de ses esclaves, volontaires ou non… tout à coup tout émoustillés par ce qui se passait de l'autre côté du Mur ; que ce point du règlement de la prison est maintenu, et exploité aujourd'hui à outrance, toujours dans une optique de guerre économico-religieuse contre tout ce qui n'est pas cette américanisation du monde. C'est ce mouvement qui a vu sélectionnés, de l'art et de la philosophie à la musique, en passant par la littérature et le reste, les plus tarés que l'époque offrait : regardez l'histoire du pop-art, de la pop-musique, de la pop-littérature, de la pop-philosophie.

Bien sûr, on pourra dire de tout cela ce que l'on dirait du "zoo intellectuel de Vincennes" : ce sont de vieilles armes, aujourd'hui dépassées mais elles ont impressionné les imbéciles, en leur temps. Et fait ce qu'elles avaient à faire.




La promiscuité sexuelle pour les termites, la sexualisation de la termitière tout entière, par le biais de la pop-culture, commença juste après la Première Guerre mondiale par un emballage des marchandises pour mieux les vendre (pin-up etc.), devint ensuite associée à l'intoxication généralisée par les stupéfiants soudain démocratisés une arme de combat dans la Guerre Froide, et, enfin, un nouveau filon en elle-même. En dehors de cet usage, l'exploration sexualisée des pulsions secondaires infantiles sado-masochistes, tout comme les stupéfiants d'ailleurs, est une erreur et une fausse piste.



Nous héritons aujourd'hui de ces "baby-boomers" et de leurs descendants intoxiqués à la destructuration du moi, depuis toujours excités et exploités libidinalement pour les raisons que je viens de dire —, sans aucune expérience de la sensibilité et accros à cette domination impérialiste et vulgaire de leur inconscient —, comme d'une arme d'un autre temps : certains craignent que l'I.A. — si elle a jamais le temps de se développer — ne s'en débarrasse : mais que ce soit en tant qu'arme de propagande ou comme bétail exploitable, ils représenteraient de toute façon une variante inutile de l'espèce Homo sapiens dans un monde ayant dépassé et l’exploitation esclavagiste-marchande et les guerres économico-religieuses.
Dans un tel monde, rien, ni dans leurs goûts ni dans leurs différents emplois du temps et assez peu dans ceux des hommes de l'ancienne domination religieuse , ne mériterait d'être retenu.




Un représentant contemporain du genre en question pourrait par exemple écrire qu'il a fini par décrocher un emploi dans ses goûts, à La Défense. Se demander : que désirer de plus ? Mais, "bizarrement", avoir, le premier soir, un sentiment de vide, un premier doute.


Oui, bien sûr on pourrait aussi se demander pourquoi un autre représentant du genre humain, de l'Ancien Régime cette fois, avait pris la peine de faire construire un château, et de réaliser un parc, à Versailles, et d'y réunir des musiciens et des poètes ; et aussi ce qu'il aurait pensé de "La Défense", et de la "défonce", qui va nécessairement avec, tout aussi bien.

Mais, on le sait bien :

« Le spectacle, qui est l'effacement des limites du moi et du monde par l'écrasement du moi qu'assiège la présence-absence du monde, est également l'effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la fausseté qu'assure l'organisation de l'apparence. Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d'imitation qu'éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. »


On peut se demander quand même où est la vérité vécue pour les masses atomisées qui ont grandi dans la misère considérée sous ses aspects économique, politique, architectural, musical, psychologique, sexuel et notamment intellectuel, misère qu'accompagnaient le mensonge et la privation d'expériences sensorielles accomplies privation elle-même paradoxalement obtenue par l'excès d'excitations infantiles et triviales , et on pourrait remarquer aussi que, pour les injouissants, la solution, le miracle, l'extase consiste toujours à se mettre en tas, à faire meute, et, surtout, à faire le plus de bruit possible, ce qui fait que le "monde moderne", en plus d'être malsain, laid et sale comme une usine est également bruyant et grouillant comme un asile d'aliénés déchaînés.



Le 10 septembre 2017




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