Ce
n'est pas tout de dire que la promiscuité sexuelle est l'aumône que
la société de l'injouissance accorde à ses esclaves pour les faire
tenir tranquilles : il faut dire également que cette promiscuité
sexuelle fut aussi cette arme dans la guerre psychologique que mena
le capitalisme privé contre le capitalisme d'État, qui permit,
entre autres choses, au premier de gagner la Guerre Froide —
qu'ils se faisaient ; que des pulsions destructrices et
auto-destructrices sexualisées de l'injouissant contemporain elle
est le bourrier —
fabuleuse aubaine mercantile des temps présents —
sur lequel prospèrent toutes les scathophagidae
des
différentes maffias —
de
la finance et du reste.
Ce
n'est pas tout de dire que le monde moderne, ["l'américanisation du
monde"], est arrivé à institutionnaliser avec une telle astuce le
"changement", la "révolution",
l'"anticonformisme", que toute entreprise de libération
est une routine inscrite dans le règlement de la prison : il faut
dire aussi que : le "monde moderne", "l'américanisation du
monde", l'a fait pour les deux raisons que j'ai dites plus haut :
parce que dans cette course au désarmement moral, à la débauche et
à la transgression, le capitalisme privé, à l'Ouest, était sûr
de l'emporter face à un capitalisme d'État, à l'Est, incapable de
le suivre sur ce terrain —
parce que s'appuyant au contraire sur un surmoi fort, même si
endoctriné, de ses esclaves, volontaires ou non… tout à coup tout émoustillés par ce
qui se passait de l'autre côté du Mur ; que ce point du règlement
de la prison est maintenu, et exploité aujourd'hui à outrance,
toujours dans une optique de guerre économico-religieuse contre tout
ce qui n'est pas cette américanisation du monde. C'est ce mouvement qui
a vu sélectionnés, de l'art et de la philosophie à la musique, en passant par
la littérature et le reste, les plus tarés que l'époque offrait :
regardez l'histoire du pop-art, de la pop-musique, de la
pop-littérature, de la pop-philosophie.
Bien
sûr, on pourra dire de tout cela ce que l'on dirait du
"zoo intellectuel de Vincennes" : ce sont de vieilles armes,
aujourd'hui dépassées…
mais elles ont impressionné les imbéciles, en leur temps. Et fait
ce qu'elles avaient à faire.
La
promiscuité sexuelle pour les termites, la sexualisation de la
termitière tout entière, par le biais de la pop-culture, commença
juste après la Première Guerre mondiale par un emballage des
marchandises pour mieux les vendre (pin-up etc.), devint ensuite —
associée à l'intoxication généralisée par les stupéfiants
soudain démocratisés —
une arme de combat dans la Guerre Froide, et, enfin, un nouveau filon
en elle-même. En dehors de cet usage, l'exploration sexualisée des
pulsions secondaires infantiles sado-masochistes, tout comme les
stupéfiants d'ailleurs, est une erreur —
et une fausse piste.
Nous
héritons aujourd'hui de ces "baby-boomers" et
de leurs descendants
intoxiqués à la destructuration du moi, depuis toujours excités et
exploités libidinalement —
pour les raisons que je viens de dire —,
sans aucune expérience de la sensibilité —
et accros à cette domination impérialiste et vulgaire de leur inconscient
—,
comme d'une arme d'un autre temps : certains craignent que l'I.A. —
si elle a jamais le temps de se développer —
ne s'en débarrasse : mais que ce soit en tant qu'arme de propagande
ou comme bétail exploitable, ils représenteraient de toute façon
une variante inutile de l'espèce Homo
sapiens
dans un monde ayant dépassé et l’exploitation esclavagiste-marchande
et les guerres économico-religieuses.
Dans
un tel monde, rien, ni dans leurs goûts ni dans leurs différents
emplois du temps —
et assez peu dans ceux des hommes de l'ancienne domination religieuse
—,
ne mériterait d'être retenu.
Un
représentant contemporain du genre en question pourrait par exemple
écrire qu'il a fini par décrocher un emploi dans ses goûts, à La
Défense. Se demander : que désirer de plus ? Mais, "bizarrement",
avoir, le premier soir, un sentiment de vide, un premier doute.
Oui,
bien sûr…
on pourrait aussi se demander pourquoi un autre représentant du genre humain, de l'Ancien
Régime cette fois, avait pris la peine de faire construire un
château, et de réaliser un parc, à Versailles, et d'y réunir des
musiciens et des poètes ; et aussi ce qu'il aurait pensé de "La
Défense", —
et de la "défonce", qui va nécessairement avec, tout
aussi bien.
Mais,
on le sait bien :
«
Le spectacle, qui est l'effacement des limites du moi et du monde par
l'écrasement du moi qu'assiège la présence-absence du monde, est
également l'effacement des limites du vrai et du faux par le
refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la
fausseté qu'assure l'organisation de l'apparence. Celui qui subit
passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers
une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des
techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des
marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une
communication sans réponse. Le besoin d'imitation qu'éprouve le
consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par
tous les aspects de sa dépossession fondamentale. »
On
peut se demander quand même où est la vérité vécue pour les
masses atomisées qui ont grandi dans la misère considérée sous
ses aspects économique, politique, architectural, musical,
psychologique, sexuel et notamment intellectuel, misère
qu'accompagnaient le mensonge et la privation d'expériences
sensorielles accomplies —
privation elle-même paradoxalement obtenue par l'excès
d'excitations infantiles et triviales —,
et on pourrait remarquer aussi que, pour les injouissants, la
solution, le miracle, l'extase consiste toujours à se mettre en tas,
à faire meute, et, surtout, à
faire le plus de bruit possible, —
ce
qui fait que
le
"monde moderne", en plus d'être malsain,
laid
et sale
comme
une usine
est également bruyant et grouillant comme un asile d'aliénés
déchaînés.
Le 10 septembre 2017
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