vendredi 23 juin 2017

Air vulgaire d'un temps qui ne l'est pas moins







On se coule dans l’or brûlant des jours
Sans y penser
Et d’ailleurs
À ce point d’incandescence
Qui pourrait penser !


C’est une touffeur libératrice
Et proprement mystique
Qui nous laisse dans les éblouissements muets…


Ne retentissent que nos rires et nos cris de joie
Dans cette campagne solitaire
Et partout ailleurs accablée
Quand
Assis dans l’eau
Dans le petit bain
On se poursuit
En marchant sur les mains :
Courses folles
Plongées
Enlacements
Petits baisers légers :
Les amants aiment jouer dans l’eau
C’est certain
Où ils batifolent
Et qui semble toujours leur être une source de joie
Et de sensualité tendre et frivole


Si les vivants aiment jouer dans l’eau et l’or du Temps
Les morts-vivants et les injouissants
Tout secs
Ne jurent que par ce qu’ils connaissent :
Ni l’amour
Ni la liesse
Ni la noblesse
Et moins encore la paresse
Quand ils entendent ce mot-là
Ils font vite un signe de croix
Révisent leur charia en express
À toute berzingue leur torah
Et tous vérifient la caisse
Et refont leurs comptes en vitesse
Pour voir si des fois
Il n’en manquerait pas… —
Et ils se battent comme les fils de chiffonniers
Qu’ils sont
Pour accumuler tout l’or du monde de l’exploitation :
Ceux-là pour le boum-boum de leur tuning
Ceux-ci pour le bling-bling de leurs holdings :
On a les joies qu’on peut :
Mort aux cons !
(Je sais, c’est un programme ambitieux )


Hubert
Qui travaille sans filet et sans compter les heures
Pourrait bien remplacer Maurice
Un pauvre
Comme Job
Mais snob
Qui tient à ses “week-ends” (!)
Pour faire de la mob
Et à son salaire brut !
Je vous le dis : une brute !
Dont les prétentions coûteraient une blinde
À ceux qui sont déjà plus riches que tous les maharadjahs de l’Inde


Le match des bagnards
En bas les trimards
En-haut les charognards
Est annoncé pour cet été :
La prime au vainqueur est coquette :
Quatre cent cinquante milliards !
Mazette !
C”est une somme rondelette !
Mais au final qui paye ?
Les niakoués
Et la planète


En attendant laissons jouer Messieurs Couperin et Marais


Ni riches ni pauvres
Les contemplatifs galants manquent seulement de liquidités


Or donc allons nous baigner !








Le 23 juin 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017




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