mardi 28 février 2017

L'après-midi merveilleuse ou Le nec plus ultra de l'amour










« Ceux qui ne connaissent pas l'abandon
Au pur mouvement de l'amour… »
Voilà ce qui s'est imposé
Comme une phrase de pré-sommeil d'amour


Sommeil d'amour
Qui
On le sait
À six heures du soir
Dans le premier printemps de février
Dure encore


Que serait la plénitude mystique de l’amour
Sans la turgescence
Et sa danse
Immense
Et sans la longue coulée
Dans l'eau lustrée
De la jouissance abandonnée
L'éternel printemps retrouvé
Hiver comme été


Ceux qui ne connaissent pas l'abandon
Au pur mouvement de l'amour…
Ne devraient ni écrire ni parler ni créer…
Quand c'est l'inverse qui est vrai :
Partout se débondent la misère et la folie 
De l'injouissance et de la névrose


Autre point…


Parler de jouissance du Temps est une chose
Une autre est d'être par elle saisi…


C'est ce qui vient de nous arriver
Dans le chaud soleil de cet après-midi
De ce jour de lendemain…


En fait l'extase charnelle est si puissante
Et s'abandonner à ses merveilleuses vagues
À son clonus absolument tout-puissant
Est si bouleversant
Que nous restons
Les jours qui suivent
Comme saisis…
Après le soleil vous avez rejoint notre lit


L'amour est chaque fois une expérience unique
Bouleversant notre vie
Quelque chose d'extra-ordinaire
Dont l'intensité nous laisse sans voix
Et qui nous abandonne
— À la fin de son mouvement
Pantelants
Et comme évanouis
Sur la plage de l'irradiance amoureuse
Puis
Au réveil
Pantois
Et comme abasourdis
Dans un saisissement mystique
Une présence absolue-silencieuse
Dont on ne revient pas


Négligeant moi aussi le soleil
Cet absolu silence
La solitude aimée
Je vous ai rejointe au lit
Où nous avons dormi
Merveilleusement enlacés


Un sas de réadaptation…
En quelque sorte…


Que l'amour toujours
Me désempare
Et me laisse comme médusé
Par sa beauté et son intensité…
Ma Belle adorée


Le soir
Tendrement ébahie
Vous comptez les années :
Mais le Temps de l'amour
Est comme celui de l'inconscient
Un an
Dix ans
Rien n'y fait…
Quand il peut tout aussi bien
Comme le bon génie de la lampe d'Alladin
D'un coup s'évaporer


C'est cette expérience si intense
De l'abandon au pur mouvement
Sentimental
Viscéral
Primal
De l'amour
Qui fait notre vie contemplative actuelle
Si inactuelle…
Et — pour nous — si belle






R.C. Vaudey




Le 25 février 2017

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017



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