dimanche 16 octobre 2016

L’éclaircie éblouissante





Peter Paul Rubens
Paysage avec arc-en-ciel
1635
Huile sur toile
130 x 86 cm







Ici
C'est la pluie la douceur le brouillard…
La vigne coruscante
Qui s'élève vers le ciel
Et s'étale…
L’éclaircie éblouissante
Dans un ciel noir…

Au loin
C'est un ballet de guerre
Encore « au ralenti »
Si l'on ose ainsi dire
En pensant à ceux qui en sont les martyrs —
Comme la parade de combat
De deux chats
Avant l'explosion brutale
De leur conflagration ultra-létale

L'hégémonie choisira-t-elle d'embraser
Comme à sa rude habitude —
Ceux qui menacent sa suprématie
Et ne rêvent que de s’entre-déchirer ?
Déclenchera-t-elle ainsi
Une réaction en chaîne
Un embrasement d'attaques
Sur tous les fronts absolument
Terrestre, aérien, marin, électronique, boursier
J'en oublie, forcément… —
Contre sa souveraineté
Du Japon jusqu'à l’Ukraine
De la Chine et de la Corée
Jusqu'à l'Albion — ?
Cette hypothèse — de l'embrasement mondialisé des bonobos et des macaques —
Nul ne peut l'écarter…


C'est dans ce délicieux moment de l'Histoire
Où dans le même temps
On a pu écrire – avec raison –
Que personne ne combat le terrorisme
Puisque tout le monde s'en sert
Ce qui est un truisme… —
Que l'on savoure nos desserts…
En écoutant Albinoni (clic)


Enfant, je fus gavé — par les radios —
De son adagio
Qu'il n'a jamais écrit…


Complètement tombé dans l'oubli
C'est son fidèle et presque unique zélateur
Remo Giazotto —
Qui en eut l'honneur :
Parti chercher à Dresde
— Après que cette ville baroque eut été rasée — 
Les partitions uniques de ses soixante-dix opéras
Qu'il savait qu'il y trouverait —
Il ne trouva de la Bibliothèque que ses restes
Et des cendres et des gravats…
Les opéras furent perdus à jamais
Et il inventa cet adagio qui sauva
Le merveilleux Albinoni
De l'oubli…
Albinoni dont on rejoue du coup depuis
Tout ce qu'il avait écrit
Et qui n'avait pas été détruit

Les milliards de morts-vivants
Hallucinés par leur injouissance
Et possédés par leurs fantasmagories —
Mènent la danse :
Quand ils ne maudissent pas la vie
Ils s'accrochent à — et se déchirent pour — leurs bigoteries

Ainsi que l'avait déjà écrit Schopenhauer :
Celui qui possède la richesse intérieure
Demande peu à la vie…
Quand la populace des souffreteux et des radasses
Est possédée par une rage – de montre et rapace… —
Schopenhauer qui continuait à peu près ainsi :
Les benêts restent des benêts
Les lourdauds restent des lourdauds
Jusqu'à la fin… 
Fussent-ils en paradis…
Et entourés de houris…
Les multimilliardaires le prouvent à l'envi… —
De sorte qu'il revient à ceux que caressent la grâce
La splendeur et la jouissance
De donner forme, style et apparence
À leur expérience de la Beauté et de la Chance
Pour que la plèbe d'en-haut
Puisse continuer d'exciter la plèbe d'en-bas
À les saccager
Sans arrêt… —
À son profit…

Qui sait si quelque jour lointain
S'il en reste encore aucun —
Un bon et fidèle Gaziotto
N'inventera pas un opus que nous n'aurons jamais écrit
Pour sauver l'amour contemplatif — galant de l'oubli…
Et dont les très rares vestiges auront été détruits… ?


En attendant, c'est plus prosaïquement
Que — préventivement — contre le coryza
On passe la journée délicieusement au lit…
Coryza que l'on soigne comme on le sait
Par l'acupuncture interne…
Avec une bonne aiguille…
Ce qui à défaut de nous éblouir
Et de nous mener au dernier degré de la félicité
Manque de nous étouffer et nous fait
Après dormir —
Mourir de douceurs, de tendresses et de rires

Les cénobites extatiques
Pourrait-on dire à ceux que possède la détresse infantile —
Laissez-les bander et jouir tranquilles…


Et
Pour l'humanité à venir —
Ce sera là tout notre évangile…










R.C. Vaudey


Le 16 octobre 2016




Petites proses en poëme






« Vous remarquerez l'absence de ponctuation, c'est à dessein. » Lettre de Mallarmé — du 9 juin 1886 — à Gustave Kahn.

Une règle que nos lecteurs savent que nous suivons presque scrupuleusement — hors cadratins, demi-cadratins et points de suspension… qui sont comme notre signature, même si, bien sûr, nous laissons ces derniers à Céline, à la maîtrise duquel nul ne songerait à les contester.






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