Il
souffle sur le monde
Un
vent fou furieux
Et
j’avoue que j’en rêve un peu :
Nous
découvrirons à notre réveil
Que
rien n’est plus pareil
Tout
aura été balayé
La
plaine sera vide et sauvage
Le
fleuve de nouveau majestueux
Et
nous serons seuls au monde
Comme
en cet instant bienheureux
Où
nos caresses ont maintenant tout effacé du paysage
Emportés par ces caresses
Bercés
par cette image
On
danse notre slow amoureux
Jusqu’à
cette folle extase
Majestueuse
et sauvage
Qui
nous laisse pantelants
Dans
la sublimité du Temps
Évanouis
sur son rivage
Au réveil
Le
soir
Très
ivres de tendresse, de joie et d’extase
On
redécouvre un vieil air de prolétaires
— Gouape
un peu
– Comme
nous deux —
Auquel
on change peu
Dont
on réalise en l’écoutant
Qu’il
décrit notre accord amoureux…
Et
cet air que l’on reprend
(Bien
sûr en le chantant pour de vrai — comme des enfants… )
— Que
j’entonne avec la voix du baron
De
l’écluse que j’imite au mieux —
Cet
air
C’est La Java Bleue
La
java la plus belle
Celle
qui ensorcelle
Quand
on la danse
Les
yeux dans les yeux
Au
rythme soyeux
Quand
les corps se confondent…
Comme
elle au monde
Il
n'y en a pas deux…
C’est La Java Bleue
À notre bal musette
Le
grand air rempli de douceur
A
fait tourner nos têtes
Chavirer
nos cœurs…
On
l’a dansé à grands et à petits pas
En
se serrant dans nos bras…
J’ai
fait l’aristo
Vous
avez fait la grisette
À
notre bal musette
Envolées
les classes
Seule reste la classe
De l’Internationale
De l’Internationale
Du
Plaisir Total
Qui
mène le bal…
Et
baste !
Bien sûr, c’est une Internationale
Où
nous ne serons jamais que deux
Mais
qu’importe après tout
Puisque
le vent fou
A
balayé tout
On m’avait fait croire
On m’avait fait croire
Qu’il
fallait prendre du peyotl
De
la mescaline
De
la psilocybine
De
la cocaïne
— De
préférence sur un yacht —
Des
amphétamines
De
la juvamine
Fumer
du haschich
— Surtout
bien charger les shiloms
– Ne
pas être chiche —
Que
sans MDA
— Ou
mieux MDMA
—
La
vie, c’était pas ça
On
s’est étonné que j’ignorasse l’iboga
L’opium
Et
quelques racines et autres lianes du Venezuela
Et
moi — trop bonne pomme —
Jouissant de l'otium
J’ai gobé tout ça…
On
voulait que je fisse du kayak
En compagnie d’un yack
En
Suisse — sur un lac — :
Associé
au LSD
Ça
pouvait
m’aider — qu’ils disaient —
À
connaître des extases paradisiaques…
Portnawak !
J’ai
refusé tout
net
— C’était
trop tard pour le buvard…
Je
l’avais déjà avalé… —
D’autres
m’ont conseillé
D'aller
sur Internet
De
me faire ligoter
Suspendre
au plafond
— Par
des crochets…
– Afin
que cela fût vraiment bon… —
De
violer des laiderons
Des
vierges ou des lardons…
J’avais
jamais essayé les brandons ?
Pas
plus que la fessée ?
J’étais
con !
Certaines
et certains
Voulaient
que je leur fisse feuquinne
Que
j’élevasse sur mes terres des étalons
Des
chihuahua, des bichons
Afin
de combler le vide sans fond
De
leur spleen
Pas
du tout bidon…
Là,
j’ai dit : non !
Rembarquez
tout l’attirail
Y
aura pas non plus d'bétail
Le
vieux samouraï
Veut
faire de l’ikebana
Dans
ses beaux draps !
… On
s’est ri de moi !
En
plus de m’ouvrir les orifices et de nouveaux horizons
Ça
m’aurait forcément ouvert des portes !
J’ai
dit : qu’importe !
Et
j’ai fermé ma porte
À
toute cette misère de gueux
Pour
lui faire rendre compte :
Par
Wilhelm, je savais qu’il y avait mieux…
Et voilà que depuis des ans et des ans
Je
suis seul avec vous sur un banc
À
se bécoter — ayant
toujours dix–sept ans —
Sous
notre grand tilleul vert
Ou
lors de nos promenades
Et
qu’en plus maintenant
Je
chante de vieux airs de prolétaires…
De
quoi vais-je avoir l’air
Parmi
la vaste branchouille
Franchouille…
Faut
que je prenne garde
À
pas faire l’andouille
Ça
va pas faire avant-garde
De
mes c…lles
M’en
fous !
J’avoue :
Quand
souffle sur le monde
Un
vent fou
J’ai
pas un regret pour l’immonde
Qui
travaille les prisonniers du Vieux-Monde…
Je
leur laisse
Les
pseudo-ivresses
Le fouet, le
collier et la laisse :
Je
ne suis pas un numéro
Ça
fait longtemps que j’ai déserté le Village
Planétaire,
sanguinaire et dévot
— Du
diable ou du bon dieu
– Ou
des deux …
C'est
le même « jeu »… —
… La
plaine est vide et sauvage
Le
fleuve de nouveau majestueux
Lorsqu'emportés
par nos caresses
On
danse notre slow amoureux
Jusqu’à
cette folle extase
Majestueuse
et sauvage
Qui
nous laisse pantelants
Dans
la sublimité du Temps
Et
qu'au réveil
Le
soir
Très
ivres de tendresse, de joie et d’extase
On
redécouvre un vieil air
— Gouape
un peu
– Comme
nous deux —
Auquel
on change peu
Dont
on réalise en l’écoutant
Qu’il
décrit notre accord amoureux
Et
cet air que l’on reprend
(Bien
sûr en le chantant pour de vrai — comme des enfants… )
— Que
j’entonne avec la voix du baron
De
l’écluse que j’imite au mieux… —
Cet
air
C’est La Java Bleue
La
java la plus belle
Celle
qui ensorcelle
Quand
on la danse
Les
yeux dans les yeux
Au
rythme soyeux
Quand
les corps se confondent…
Comme
elle au monde
Il
n'y en a pas deux !
Sacrée
Java Bleue !
Voilà…
Ma
belle amie
Nous
voulions que nos vies
Ne
vissent que la vénusté de l'amour
Loin
des sévices et des viols
Que
les vices des viles viragos
Et
des veules vioques
Des
vierges déjà vétustes
Et
des jouvenceaux vérolés tout juste
Veulent
seulement y voir
Qui pourra nous en vouloir ?
Qui pourra nous en vouloir
De
ce tour si particulier
— Que
nous avons —
De
ne vouloir pas sortir
De
ce que l'on pourra voir
Comme
une sorte de tour d'ivoire ?
En quoi cette façon de voir
— Cette vision vivifiante
– Et
véritablement vécue –
Du
ravissement amoureux
Voluptueusement
viscéral
Éminemment
sentimental —
Serait-elle
un mal ?
Bien
sûr, on dira
Qu'elle
n'est pas très « réaliste »
Qu'elle
se moque des surréalistes
Tout
autant que des situationnistes
Et
qu'il n'y a en amour d'autres choix
Que
ceux du puérilisme sadien
De
l'injouissant contemporain
Laissons
cela à ceux
— Sans
voie —
Qui
pensent nos goûts très vains
— Ou
qu'ils laissent sans voix —
… Gardons
notre joie —
Le
11 février 2016
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire