Où
l'on verra comment nous sommes devenus des inventeurs bien autrement
méritants que tous ceux qui nous ont précédés ; des musiciens
même, qui avons trouvé, au long de nos courses et de nos dérives,
la mine d'un or très rare et peu recherché : celui du Temps ;
— et, donc, la clef de l'amour : cette troisième forme historique
du libertinage en Europe, le libertinage idyllique… c'est-à-dire
l'amour contemplatif — galant…
La
poésie et l'art gardent des traces de notre vie, mais nous sommes
les seuls à connaître vraiment les souffrances et les joies,
indicibles, qu'ils représentent ou qu'ils chantent.
Certaines de leurs manifestations, les plus terribles pour nous, sont
comme ces traces que laissèrent sur des murs ceux que l’explosion
brutale du monde, un jour d'août 1945, au pays du Soleil
levant, vaporisa, tant il est vrai que, lorsque le malheur nous
frappe, le monde, qui nous était familier, explose, —
et, pour chacun d'entre nous, comme s'il n'existait que pour nous seuls
—,
nous laissant tels un nourrisson qui vient de naître, qui vient de
sortir du cœur même de la vie —
qui bat à 37°2 —,
et que l'on abandonne à l'Inconnu, à la Solitude, au Froid, au
Silence — pour
lui interstellaires —
d'une pouponnière de maternité, —
ce qui est une souffrance archaïque extrême,
innommable à vivre, et même à revivre dans le cours d'une analyse,
prototypique —
quoiqu'évitable —
de toutes les pertes de la suite de notre vie.
D'autres traduisent ce qui en nous se redéploie, plus
ou moins craintivement sous les airs suffisants ou bravaches que les
souffrances refoulées —
qui prennent leur violence à ces sources primales-là —
donnent, et sont comme un soleil qui se relève sur le monde que l'on
redécouvre alors plus beau qu'on n'aurait jamais pu l'imaginer.
Les plus belles, enfin, resplendissent comme la vie qui, toujours renaissante,
resplendit à son zénith.
Voici
quelques-unes de ces traces.
Le début de la fin (1)
![]() |
7 octobre 1991
Acrylique et pigments sur
toile
2,75 x 1,90 m
|
L'explosion finale
![]() |
24 avril 1992
Acrylique et pigments sur
drap
3,10 x 2,10 m
|
...
L'aurore
![]() |
Thanks to Héloïse
24 août 1992
Acrylique et pigments sur
toile
3,00 x 2,20 m
|
Shakti
(Looking... Looking at Héloïse...)
Lucidité
du matin
Aux
collines d'aurore
Aux
sentiments d'aise
Aux
amitiés chantantes
Mais
de la voix parlée
Seulement
Aux
jeunes amants passionnés
— De
deux ans —
Aux
sourires d'extase
Aux
moyens terribles
Déjà
De
vous éloigner du centre
De
leur monde
De
leur tout
De
leur flambée de vie
Lucidité
du matin
Aux
collines d'aurore
Considérant
la belle, dans ce sens, l'excessive, j'ai dû oublier l'amour partagé
et le désir.
Nul
ne saurait s'enfermer dans le jeu caractériel de la séduction
narcissique, le caprice.
Très
malheureusement — parce que je la trouve superbe — l'étincelle
divine commune n'est pas notre lot.
Quelle
shakti cependant !
Agréable
compagne des nuits de rires. Sourire d'extase.
Avec
vous quelle belle explorée. ..
Ni
l'esprit, ni la vie, ni le sentiment, ni le désir…
So,
my dear, just think about it and go back to your world
Désir
de faire réellement le tour du monde divin des sentiments océaniques
de l'extase et des sentiments partagés.
Aucune
envie de l'agitation désespérée
Et
du micmac caractériel
Lucidité
d'aurore
Collines
du matin
Jardins
de rêve
Et
d'utopie
Just
far away
Considérant
la belle
— Dans
ce sens, l'excessive… —
J'ai
dû oublier l'amour partagé
Et
le divin
Yeux
de braise
Adorant
Étant
aimée
Aimant
Étant
adorée
Impeccable
sirène. Brune
Les
imperfections de l'oubli me rappellent les mêmes et tellement
anciennes
de
mes premières amours. Vous tenez au féminin.
Moi
aussi
Considérant
la belle
— Dans
ce sens, l'excessive —
Je
n'oublie pas l'amour partagé
Et
le divin
Yeux
de tendre
Adorant
Étant
aimée
Aimant
Étant
adorée
Exquise
douceur sauvage
Les
fuyants profonds m'attirent plus qu'ils ne lui nuisent avec mon
éternel désir de tout réanimer. Enfant vous fûtes celui qui le
fit...
Considérant
la belle
— Dans
ce sens l'excessive —
S'aurait-elle
aimer ?
Jeudi 4 septembre 1992
Premier
Poëme…
Accord
parfait
À
corps parfaits
Ce
matin je me suis réveillé de bonheur...
J'avais
dormi tard de bonheur...
Ou
encore...
Ce
matin mon sexe chantait de bonheur...
Et
mille autres cajoleries
Et
mille autres douceurs...
À
celle que l'on aime et qui se découvre
À
celle qui force douceur extase enfant
Belle
tendre abandonnée offerte ouverte
Donnée
soleil d'or soleil d'or âge d'or retrouvé
— L'éternité
c'est la mer allée avec le soleil —
À
celle que l'on aime
À
celle du reflet d'or sur le fleuve miroir
Aux
lèvres rondes à la langue de délices léchant
L'eau
de l'amour
À
celle aux fesses de tangage
Aux
cuisses de formes fermes
Au
sexe rose bouton de rose petite bouche
Qui
me parle délicate presque fermée
— L'appétit
vient en mangeant —
Ouverte
offerte donnée soleil d'or âge d'or retrouvé
Éternité
mer allée avec le soleil
Aux
lèvres rondes de délices léchant l'eau de l’âme
De
l'amour
À
celle au sexe rose bouton de rose ouvert offert gourmand
Faim
du monde faim de toute la vie
Vraie
faim sans peur et sans reproches
Douce
vie doux vit
À
celle que l'on aime
Profondément
tendrement
À
celle que l'on aime comme l'on doit aimer
À
celle que l'on doit aimer
À
celle de la lampe d'Aladdin (rechargeable qui plus est !)
À
celle de la danse de l'amour adroite
À
droite, à gauche
À
celle avec laquelle danser tourner ramper plonger se relever
Se
retrouver replonger
À
celle aux provinces exquises à s'y tromper
À
celle qui force douceur extase beauté
S'épanouit
sur le monde trouve sa vérité
À
ses sommeils partagés confiants
Désarmés
désarmants
(Qui
voudrait être armé ?)
À
celle qui force douceur extase beauté
S'épanouit
sur le monde trouve sa vérité
À
Héloïse…
À
toi mon amour
Avec
tout mon cœur mes mains mon âme…
Fin
septembre/début octobre 1992.
![]() |
14 août 1993
Acrylique, pigments,
fleurs et herbes sur toile
2,90 x 2,05 m
|
Ni
fumée ni vin
Vous
n'avez pas peur
Du
grand amour
Celui
de l'amour-caresse
Au
sexe de cœur tendre
Et
doux
Vous
n'avez pas
Peur
du grand amour
L'amour
n'est ni un sport
Ni
un exploit
Ni
un divertissement
Vous
le savez bien
Vous
qui m'aspirez
Dans
votre grand amour
Vous
défaites dans
Mes
reins
Une
crainte
Qui
me ferait vif joueur
Même
câlin mais
Superficiel
Vous
défaites cette crainte
Lorsque
votre ventre
S'ouvre
d'amour caressant
Au
mien
Extases
multiples
Subtiles
Vous
n'avez pas peur
Du
grand amour
Divin
Pas
de place pour
L'agitation
coquine
Juste
maintenant
Vous
ouvrez mon cœur
Défaites
une
Dureté
dans mes
Reins
Vous
débondez l'âme
Des
sentiments
Vous
ouvrez le champ
Du
ciel de
L'amour
Divin
Je
n'aime que vous
Je
ne peux aimer
Que
vous
L'amour
est au fond
De
mon cœur
Emerveillé
profond
Chose
subtile
Affaire
de poètes
Et
de belles
A
l'âme claire
Sans
peur soudain
Jeunes
et fraîches
A
l'âme claire
J’apprends
tout de
Vous
Ni
fumée ni vin
Sans
défenses
Et
sans manières
Vulnérable
aimant
Vous
n'avez pas peur
Du
grand amour
Et
moi qui en parle tant
Je
vous suis
Laisse
mes craintes
Allons
de l'avant
Le
31 août 1993
.




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