Dans
la réjouissance du printemps
Qui
tout autour de nous
Explose
– La
jeune herbe verte
Qui
partout
À
perte de vue
Jaillit
de la terre
Et
la couvre
Les
fleurs blanches des épineux
Les
crocus
Les
jonquilles
Les
primevères
Les
fleurs des amandiers
Celles
des pruniers
Les
fleurs jaunes de cet arbuste que je ne sais nommer
Hier
le ciel si bleu
Vif
comme le vent
Qui
balayait le monde
Le
soleil se couchant
(Alors
qu'on restait allongés
Ou
dans des mouvements très lents) –
Dans
cet immense mouvement
De
toute beauté
Qui
réengendre le monde
Tandis
que parlant de Bahia
Par
je ne sais quel détour
Nous
en étions arrivés à l'aventurier masqué
Nous
avons commencé par éclater de rire
Terrassés
Par
ce que cela nous inspirait
– Si
j'ai beaucoup et souvent ri
Au
temps de la ganja
Maintenant
que par goût je suis sobre comme un chameau
Et
que
(Sauf
à Venise)
Nous
ne buvons que de l'eau
Je
dois à la vérité de dire
Que
ces rires sont vraiment les plus beaux
Ils
précèdent toujours l'amour
Et
marquent l'ivresse
Qu’il
nous donne
Dans
laquelle déjà nous sommes
Et
où déjà nous avons perdu
Avec
bonheur
Toute
notre tête –
Avec
l'immense force éruptive
Qui
Partout
Autour
de l'immense vaisseau d'immenses pierres
De
granit
Où
l'on habite
Soulève
et refait le monde
(Et
nous et le vaisseau de pierre avec)
À
quoi d'autre pouvions-nous donc nous attendre
Qu’à
cette immense force
Onctuante
Ondulante
Forte
Intense
et sans temps mort
Qui
ne nous lâchait pas une seconde
Nous
entraînant sans relâche
Et
jusqu'au bout
Dans
la démesure profonde
L'aspiration
gorgée
Soyeuse
et sans appel
Vers
cet immense cri
Que
je vois comme
Un
colossal et viscéral vivat !
Et
l'exclamation même de ce pur moment du monde
Eh
quoi !
Que
faire de plus explandissant
Dans
le fabuleux du printemps
Que
de pousser
À
l’unisson
Dans
un magmatique hourvari
Avec
la plus belle des houris
Le
plus fantastique des hourras !
Le 12 avril 2010
R.C. Vaudey. Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2011
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