En
équilibre
Sur
le toit
Je
parfais son étanchéité
Dans
la contemplation des monts
À
l'horizon
Je
rafistole les tuiles
Dans
la pure beauté de cet après-midi d'automne
J'enlève
les feuilles pourpres
Qui
les recouvrent
Sous
le bleu du ciel
Dans
le soleil
La
rousseur
Et
la douceur
Du
monde
Je
caresse
Et
j'entretiens
La Maison des
Amants
Les
chevaux rasent la terrasse
Et
les prés
Les
chattes
– Elles
–
Chassent
À
l'écart des voies navigables
Et
des grands axes routiers
Bien
caché et inaccessible
Dans
les petites collines qui dominent la plaine
Sur
six cent cinquante mille mètres carrés
S'étend
Le
Domaine des Amants
Avec
sa grande luxuriance abandonnée
Retournant
à sa richesse spontanée
Nous,
c'est plutôt dans la luxure riante et abandonnée
Que
nous retournons à l'opulence originelle
Quand
Dans
la chambre des extases
Nous
nous étendons
– Comme
nous le faisions hier –
Dans
notre grand lit d'amants
Pour
nous aimer
Avec
d'infinies largesses
De
grandes délicatesses
Une
somptueuse tendresse
Et
Toujours
Ces
pulsations et ces ondulations
Enchanteresses
et enchantées
Profondément
Par
nos ardeurs
Nous
cherchons
Toujours
À
joindre nos cœurs
Qui
sont pourtant déjà abouchés
Magiquement
Par
la ferveur de vos fugues
Et
– ou –
parce que je maintiens fermement
Au
plus profond
L'accord
Nous
les sentons
Alors
Se
joindre et s'embraser
(Je
sens d'ailleurs à cet instant leur pulsation accordée...)
Délicats
bien que nous soyons
De
l'exaltation au dernier degré
Nous
reprenons le mouvement
(Après
les grandes présentations
Qui
ont toute la solennité
De
ce qui suit l'insensé
Et
qui précède l'illuminé...)
Qui
toujours nous mène
Là
où nous voulions aller...
Je
ne suis pas un peintre
Je
ne suis pas un lettré
Vous-même
ne pratiquez la poésie de l'art
Que
pour chanter l'amour qui vous caresse
Et
que vous caressez
Nous
sommes seulement des hobereaux de l'art d'aimer
Qui
Loin
de la caste des usuriers et des marchands
De
leurs esclaves
De
leurs artistes
De
leurs propagandistes
De
leurs guerriers
– Et
de toutes leurs passions mauvaises déchaînées –
Dans
la Villa des Amants
Ou
près des falaises et sur les plages
Peignons
et chantons
L'opulence
originelle
Et
la pulsation des cœurs
Dans
l'amour accordé...
Le 18 octobre 2011.
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2011