jeudi 16 août 2012

La plus perdue de toutes les journées



Poésies III



Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 




Monsieur de F., sortant à peine d’une extase hypnagogique,
allongé sur le sable de quelque plage déserte, lisait à madame la comtesse de Die un poème — dont il sentait à cet instant toute la vérité — daté du 15 août 2012, détourné de Chamfort, tiré du Journal d’un Libertin-Idyllique, et qui faisait :
« La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas vécu un poème. »
Et elle, qui avait lu, également, comme chaque matin, quelques pages du Journal en question, faisait à son amant, dans l’esprit du sensualiste dont on parle, des agaceries charmantes en lui disant : « Ah ! Mon bel amour, n’en dites pas plus ! Ne lisez plus, et montez-moi plutôt dedans ! ».

Ce qui les amusait beaucoup, — face au couchant.







Le 15 août 2012

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