dimanche 22 septembre 2019

L’Infini — jusqu’à s’y perdre









On se déploie dans les beaux draps
Vieux rose
Je crois… —
Totalement…


Comme en ce moment nos daturas


Dans le jardin de l’harmonie préservée
Tels les amants magnifiques
On s’envole…
Légers de nos baisers
Déliés de nos caresses
Éperdus de nos grands sentiments
Souverains dans leur expression


On s’aime comme je n’avais même jamais rêvé
De savoir
Et de pouvoir aimer


Tout est simple et mirobolant…
Nos corps et nos âmes s’explandissent
Dans le Temps et l’espace
Dans l’harmonie et la fluidité
L’affirmation et l’abandon


On a depuis longtemps oublié la partition
Et ça improvise jusqu’à nos vocalises


Qui voudrait lutter ?


J’ai un rythme divin de lasciveté dans la peau
Je suis le tempo…
Votre concert
Tout en subtilités rythmiques —
Triomphe selon la même somptuosité
Divine et inspirée…


Qui voudrait s’arrêter?


On pourrait dériver ainsi tout l’après-midi
Car notre idylle
Comme tout juste commencée —
Nous permet de découvrir toujours
De nouveaux enchantements de volupté
Privilège des amours débutants
De ceux qui se caressent au ban
Poétique –
De la vie prosaïque…


Mais tout s’emballe finalement
Merveilleusement
Jusqu’au climax final…
Et l’on connaît alors la grâce vaporisée
Des jazzmen de l’art d’aimer


La merveille de ces rendez-vous avec vous
Galants —
C’est cette ouverture au Ciel
Dans le déploiement de nos grands sentiments
Qui dissout d’un coup le monde de l’illusion
Et ses logiques mortifères
Qui finiront peut-être
Par avoir raison de tout sur cette Terre…


On voulait trouver
Ce qui pourrait rapprocher les Hommes…
Nous nous en sommes éloignés
Comme jamais rien ni personne…


Quelle étrange distinction que la nôtre…


Qui pourrait aujourd’hui encore l’apprécier ?


Le lendemain 
On retourne au Lycée
En traversant la vallée —
Où l’on retrouve Mallarmé


On croise des parents et leurs enfants
Bruyants
Charmants —


Je me demande toujours
Quel peut être l’avis
De nos contemporains
De nos contemporaines
À propos de ceux que n’occupent que la poésie
La contemplation
La jouissance du Temps
Autrement dit
«  La plus belle théorie
Le plus bel amour…  »


Et puis — alors que l’on va manger des glaces —
On apprend par sa fille
De notre ami Alexis la fin prochaine


Comment ne pas tout faire
Pour goûter
À l’Infini
Jusqu’à s’y perdre —
Chaque instant de cette vie 








Le 22 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019





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