mardi 5 mars 2019

Une vie baroque et galante






Sous le violon d’Enrico Gatti
Jouant l’andante d’une sonate en trio de Tartini
Nous nous prélassons
Après avoir fait
Dans le printemps et l’après-midi
Ce que Voltaire conseillait de faire :
Nous être occupés de notre jardin


Quand et comment passe-t-on dans l’IMMENSE DIMENSION ?


Par exemple, après avoir coupé un vieux sureau desséché
Sur le tapis d’une petite herbe verte et dense
Parsemée de crocus
Et surtout de jonquilles


Plus tard
Dans le soir —
Le bouquet que l’on en a fait
Nous sidère par sa simple beauté…

On en demeure interdit


(Je pourrais rester toute ma vie en arrêt
Devant un bouquet de jonquilles…


Je suis resté toute ma vie en arrêt
Devant ce bouquet de jonquilles…)


Et voilà !
Comment viennent de nouveau la Belle Absence
Le Paradis…


Et l’on sent qu'on pleure chaudement…
Sous le violon de Gatti…
Jouant les sonates en trio
De Tartini




Ô Monde !
Pourquoi es-tu si beau ? *




Le 5 mars 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019



* Post-scriptum


Le philistin répond : pour exister à nouveau…


La séparation…
La production…
La reproduction…
Et son complot… —
L’injouissant voit la vie comme un immense complot 
Pour la production et la reproduction !

Point de vue d’époque !

Et de fils de pasteur 
— D'usurier ou de camelot !


Mais le monde est seulement peuplé de jouisseurs
Qui veulent se fondre dans la Beauté

(Les autres n’ont pas lieu…)

Comme le sait le moindre étourneau…
Le moindre moineau…
Pour le vivre…
Qui méprisent l’espèce vaine
Qui s’enchaîne 
Et se détruit 
Aussi sûrement qu’elle se hait
Sans méprise


Quant aux jonquilles
Auxquelles je dois tout depuis mon berceau —
Je leur tire mon chapeau



Idem 





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