vendredi 30 septembre 2016

Fêtes galantes et communielles









À sept heures du soir
Je suis sans idées
Sans mémoire
Comme un chat allongé
Perdu à contempler
Des grands arbres les faîtes
Que le soleil se complaît à dorer
Sur un fond de ciel
D'un bleu parfait
Qui me font comme une fête
Communielle
Où 
 — Le visage absolument relâché
Doux 
Et lisse comme un marbre
Les yeux grand écarquillés
Je ne peux même plus rêver…
Tout absorbé et comme évaporé
Dans la Beauté

Ce qui m'en sort enfin
C'est un si infiniment minuscule crachin
Qu'on dirait que le ciel a postillonné…

Bien entendu
S'ils m'ont chuchoté un message
Je me dois de dire aux chérubins
Que absolument dans les nuages
Je n'ai rien entendu…
Absolument rien…

Et puis vous arrivez…
Tous phares allumés
Superbe et radieuse
Mon véritable Ange…
Ma véritable Beauté…
Délicate et soyeuse…

Soudain très vif
Et très leste
J'entreprendrais bien l'examen
Du rapport qui existe
C'est très sûr et certain
Entre le Céleste
Et votre merveilleux petit nénuphar
Divin —
Si négligeant les plaisirs furtifs
Et jugeant qu'il est tard
Nous ne décidions d'y consacrer tout demain


Le héros séculier
Et aussi le philistin
Se doivent de moquer
Les extases contemplatives
Sans même parler des “copulatives”
Quand le héros sensualiste
Anti-mondain
Se doit tout à l'inverse de les savourer
Autant qu'il existe…


Au temps qu'il existe






Le 29 septembre 2016





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