dimanche 4 septembre 2016

RÉMANENCE DE L'EXTASE







Ma conscience
Enfin ce qu'il en reste
S'éteint avec ceci :

« Vous distillez dans tout mon être
Depuis toujours
Un élixir de jeunesse
Qui me donne une ivresse
Qui me dissout dans une félicité inimaginée »

Ce qui n'est pas
Une phrase de réveil de sommeil d'amour
Mais tout l'opposé :
Une phrase de pâmoison extasiée…

En quelque sorte la transcription
De ce qui m'a traversé
L'esprit, le cœur et le corps
Après que la dernière des dernières
Ravageantes vagues cloniques
De notre longue
Puissante
Profonde
Miraculeuse
Catalepsie orgasmique
M'eut laissé sans force
Sur la plage de votre corps


On dira
Que je fais bien des phrases
Avant que de m'évanouir d'amour

Parmi tous ceux
De toutes les époques
Que je connais pour les avoir lus
Ces phrases nul ne les avait vécues
Ou
Dans le cas contraire
N'avait pris le plaisir de les noter
Ou n'avait estimé bon qu'on les évoque
Et tous auraient donc ainsi choisi de les taire

À défaut d'être le maître de son destin
Il est loisible à chacun
D’être
Selon le mot d'un écrivain
Le secrétaire de ses émotions
(À condition d'en avoir
Et de ne pas se mépriser)
Et de ne pas être
Ce qu'un autre appelait
Un benêt :
Une conscience terne
Pour laquelle toute splendeur
Toutes jouissances sont pauvres…
À jamais

J'ajouterai donc ceci
— En invite majestueuse —  :

« Amants
Autant que vous le pouvez —
Ne laissez pas l'injouissance de la société du spectacle
Et le spectacle de la société de l'injouissance
Vous divertir de votre éternité… »


« Amants jouissez de concert toujours davantage »
Qui me vient à l'instant
Est elle une phrase détournée
C'est-à-dire poétiquement améliorée
Et précisée par le feu de l'expérience renouvelée


Puisque ces phrases me viennent en
« écrivant »
Dans la rémanence de l'extase
Comment devrais-je encore les qualifier ?

Mais à ce moment je suis sans forces
Pour chercher davantage

Aujourd'hui
Lorsque je ne les chuchote pas à ce petit écran 
Je jouis du Temps
Je respire
Et
Allongé à vos côtés
Je regarde le monde à l'envers
Les yeux dans le vague
Alangui
Comme un chat sans projet qui s'étire












Le 4 septembre 2016
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016





.