mardi 26 juillet 2016

Poésie au long cours









C'est un merveilleux lundi d'été
Dont on passe l'après-midi au lit
Dans les caresses et dans les ris.


Tout est très émouvant
Tellement caressant.
Et on se promet des merveilles
En riant


Je vous jure de vous protéger
Toujours
En héros de l'amour
Et pour vous prouver ma virtù
Je vous raconte une fois encore
Comment à Baga
Sur la plage
Lors d'une représentation des Hollandais
J'avais jailli sur la scène
Face à un taliban afghan qui s'était jeté en rage
Pour la poignarder 
Sur une danseuse de théâtre balinais
Contre la semi-nudité de laquelle il écumait
Taliban
Que très dialectiquement
J'avais immédiatement désarmé
Et immobilisé au sol — en détournant son énergie
D'un très élégant mouvement
(Vraiment parfait comme au dojo ! )
En repensant à Artaud !
 … Et je vous dis aussi
Les hippies de Goa
Qui m'appelaient après cela
"Le gentilhomme français"
Parce que sur la plage je protégeais aussi les dames
Et qui dix ans plus tard
À Amsterdam
Se repassaient toujours le film
Car tout avait été enregistré
Et qui en restaient doublement hallucinés

Je vous promets donc
D'être toujours votre héros
Et vous qui êtes en plus
Une descendante de Carolus Magnus
Et donc princesse
Vous acceptez ma promesse


Quelle belle entrée en amour
Que le récit d'une vie romanesque
Et des promesses et des caresses
Chevaleresques !


Sérieux comme des papes
On en rit comme des petits fous



Ensuite
Quand nos cœurs se re-connaissent au fond et pour de vrai unis
Contre toutes les formes de la barbarie
Comme ils le sont depuis toujours
Eux qui héroïquement défendent une idée de l'amour
Qui n'a encore jamais eu cours
Et qui ne nous a valu que le rejet
De toute part
Et des insultes et des ennemis
Ensuite
Il nous est bien facile de nous aimer


Vous m'accueillez dans vos palais
Où je m'avance comme dans une mousse
Si douce
Que je me garde de brusquer
Et c'est
Une fois encore
De nos puissances et de nos délicatesses
Réciproques et partagées
L'accord
Qui nous entraîne
À nous couler
Dans les vagues enchanteresses
De la volupté
À nous savourer
Longuement
Sensualistement
Et sans détour
Jusqu'au point de non-retour
Beau et bon à pleurer


Le soir
Très émus et attendris
Souvent on se caresse
Ou l'on rit
Sans prétexte ou pour un rien


Le lendemain
C'est-à-dire aujourd'hui
Tout abandonnés au Temps et à sa jouissance
On apprend qu'au Japon la folie suit son cours
Qu'en France,
L'opération Feu aux poudres
Ainsi que je l'ai nommée
A frappé un lieu que je connais
Que le père était de Darnétal
Qui est de mon propre père la ville natale
Mon père qui, lui, à Hassi Messaoud, en 1962
Avait réchappé d'une attaque au camion
Et je pense à eux deux 
 Avec émotion


J'avais évoqué récemment
En plaisantant
L'évêque de Rouen
J'ignorais alors qu'il réapparaîtrait
Et surtout pour ces raisons


André Breton
Prétendait que la poésie pré-textait
Pour ainsi dire
L'avenir
Et il le “démontra” dans son livre L'amour fou
À partir de l'analyse de son poème Tournesol


Qui sait s'il n'avait pas raison




Ici, dans la fraîcheur de ce soir d'été
La poésie de l'amour
Suit son beau et long cours


Où en serait le monde si elle ne le faisait…








Le 26 juillet 2016


Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016





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