jeudi 23 juin 2016

Ἡμεροκαλλές (BEAUX ET BELLES D'UN JOUR… )












SOIR D'ÉTÉ



C'est le premier soir de l'été
Puisqu'il a fait 35 degrés…

À 7h, le soleil est loin d'être couché
Il brûle encore mon visage et m'éblouit
Il y a quelque chose dans l'air de précis
Une netteté bienheureuse
Qui 
— De chaque arbre 
De chaque fleur
De chaque brin d'herbe
De chaque brindille
Irradie


Paume ouverte vers lui
Il coule encore et brûle
Entre mes doigts
Ce soleil de roi…
Mais j'en ai assez dit :
Il est temps d'aller me baigner…

Vingt poèmes me sont venus à l'esprit
Tout au long de l'après-midi :
Mais trop heureux de ne plus pouvoir rien dire
Rien écrire
Je n'ai pas voulu forcer ma chance :
Je n'ai rien dit rien écrit…


Si la plus perdue de toutes les journées
Est celle où l'on n'a pas vécu un poème
On ne pourra pas dire que celle-ci l'aura été…





Le 23 juin 2016










APRÈS LA NAGE… (Poème de l'époque des Tongs)



Le libertin idyllique apprécie l'oisiveté et la quiétude
La cour, sous le grand tilleul vert
Qui me semblait l'autre jour
Alors qu'allongé par terre, le matin,
Je regardais le ciel –
Une immense et somptueuse fleur toute remplie d'abeilles —,
Est secrète
À l'abri de la chaleur accablante

Ici,
Alors que s’entrouvrent les hortensias
Et s'épanouissent les belles-d'un-jour
Le calme et le repos sont inestimables

Dans le vent parfumé par les fleurs
Au bord du bassin où nagent les carpes
Là où
Comme un encens céleste
Nous enivre le parfum des roses
Nous deviserons, ce soir,
Assis tranquillement
En parfaite concorde…
Et nous oublierons toutes les doctrines…




(Détourné de Yen Wei, époque des Tang)


Le 23 juin 2016, suite.



R.C. Vaudey

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016