mercredi 10 février 2016

Chanson









Il souffle sur le monde
Un vent fou furieux
Et j’avoue que j’en rêve un peu :
Nous découvrirons à notre réveil
Que rien n’est plus pareil
Tout aura été balayé
La plaine sera vide et sauvage
Le fleuve de nouveau majestueux
Et nous serons seuls au monde
Comme en cet instant bienheureux
Où nos caresses ont maintenant tout effacé du paysage

Emportés par ces caresses
Bercés par cette image
On danse notre slow amoureux
Jusqu’à cette folle extase
Majestueuse et sauvage
Qui nous laisse pantelants
Dans la sublimité du Temps
Évanouis sur son rivage

Au réveil
Le soir
Très ivres de tendresse, de joie et d’extase
On redécouvre un vieil air de prolétaires
Gouape un peu
Comme nous deux —
Auquel on change peu
Dont on réalise en l’écoutant
Qu’il décrit notre accord amoureux…
Et cet air que l’on reprend
(Bien sûr en le chantant pour de vrai — comme des enfants… )
Que j’entonne avec la voix du baron
De l’écluse que j’imite au mieux —
Cet air
C’est La Java Bleue
La java la plus belle
Celle qui ensorcelle
Quand on la danse
Les yeux dans les yeux
Au rythme soyeux
Quand les corps se confondent…
Comme elle au monde
Il n'y en a pas deux…

C’est La Java Bleue

À notre bal musette
Le grand air rempli de douceur
A fait tourner nos têtes
Chavirer nos cœurs…
On l’a dansé à grands et à petits pas
En se serrant dans nos bras…
J’ai fait l’aristo
Vous avez fait la grisette
À notre bal musette
Envolées les classes
Seule reste la classe
De  l’Internationale
Du Plaisir Total
Qui mène le bal…
Et baste !

Bien sûr, c’est une Internationale
Où nous ne serons jamais que deux
Mais qu’importe après tout
Puisque le vent fou
A balayé tout

On m’avait fait croire
Qu’il fallait prendre du peyotl
De la mescaline
De la psilocybine
De la cocaïne
De préférence sur un yacht —
Des amphétamines
De la juvamine
Fumer du haschich
Surtout bien charger les shiloms
Ne pas être chiche —
Que sans MDA
Ou mieux MDMA
La vie, c’était pas ça
On s’est étonné que j’ignorasse l’iboga
L’opium
Et quelques racines et autres lianes du Venezuela
Et moi — trop bonne pomme — 
Jouissant de l'otium 
J’ai gobé tout ça…
On voulait que je fisse du kayak
En compagnie d’un yack
En Suisse — sur un lac — :
Associé au LSD
Ça pouvait m’aider — qu’ils disaient —
À connaître des extases paradisiaques…
Portnawak !
J’ai refusé tout net
C’était trop tard pour le buvard…
Je l’avais déjà avalé… —
D’autres m’ont conseillé
D'aller sur Internet
De me faire ligoter
Suspendre au plafond
Par des crochets…
Afin que cela fût vraiment bon… —
De violer des laiderons
Des vierges ou des lardons…
J’avais jamais essayé les brandons ?
Pas plus que la fessée ?
J’étais con !
Certaines et certains
Voulaient que je leur fisse feuquinne
Que j’élevasse sur mes terres des étalons
Des chihuahua, des bichons
Afin de combler le vide sans fond
De leur spleen
Pas du tout bidon…
Là, j’ai dit : non !
Rembarquez tout l’attirail
Y aura pas non plus d'bétail
Le vieux samouraï
Veut faire de l’ikebana
Dans ses beaux draps !
On s’est ri de moi !
En plus de m’ouvrir les orifices et de nouveaux horizons
Ça m’aurait forcément ouvert des portes !
J’ai dit : qu’importe !
Et j’ai fermé ma porte
À toute cette misère de gueux
Pour lui faire rendre compte :
Par Wilhelm, je savais qu’il y avait mieux…

Et voilà que depuis des ans et des ans
Je suis seul avec vous sur un banc
À se bécoterayant toujours dix–sept ans
Sous notre grand tilleul vert
Ou lors de nos promenades
Et qu’en plus maintenant
Je chante de vieux airs de prolétaires…

De quoi vais-je avoir l’air
Parmi la vaste branchouille
Franchouille…


Faut que je prenne garde
À pas faire l’andouille
Ça va pas faire avant-garde
De mes c…lles


M’en fous !
J’avoue :
Quand souffle sur le monde
Un vent fou
J’ai pas un regret pour l’immonde
Qui travaille les prisonniers du Vieux-Monde…
Je leur laisse
Les pseudo-ivresses
Le fouet, le collier et la laisse :
Je ne suis pas un numéro
Ça fait longtemps que j’ai déserté le Village
Planétaire, sanguinaire et dévot
Du diable ou du bon dieu
Ou des deux …
C'est le même « jeu »… —
La plaine est vide et sauvage
Le fleuve de nouveau majestueux
Lorsqu'emportés par nos caresses
On danse notre slow amoureux
Jusqu’à cette folle extase
Majestueuse et sauvage
Qui nous laisse pantelants
Dans la sublimité du Temps
Et qu'au réveil
Le soir
Très ivres de tendresse, de joie et d’extase
On redécouvre un vieil air
 — Gouape un peu
Comme nous deux —
Auquel on change peu
Dont on réalise en l’écoutant
Qu’il décrit notre accord amoureux
Et cet air que l’on reprend
(Bien sûr en le chantant pour de vrai — comme des enfants… )
Que j’entonne avec la voix du baron
De l’écluse que j’imite au mieux… —
Cet air
C’est La Java Bleue
La java la plus belle
Celle qui ensorcelle
Quand on la danse
Les yeux dans les yeux
Au rythme soyeux
Quand les corps se confondent…
Comme elle au monde
Il n'y en a pas deux !


Sacrée Java Bleue !


Voilà…
Ma belle amie
Nous voulions que nos vies
Ne vissent que la vénusté de l'amour
Loin des sévices et des viols
Que les vices des viles viragos
Et des veules vioques
Des vierges déjà vétustes
Et des jouvenceaux vérolés tout juste
Veulent seulement y voir

Qui pourra nous en vouloir ?

Qui pourra nous en vouloir
De ce tour si particulier
Que nous avons —
De ne vouloir pas sortir
De ce que l'on pourra voir
Comme une sorte de tour d'ivoire ?

En quoi cette façon de voir
Cette vision vivifiante
Et véritablement vécue –
Du ravissement amoureux
Voluptueusement viscéral
Éminemment sentimental
Serait-elle un mal ?


Bien sûr, on dira
Qu'elle n'est pas très « réaliste »
Qu'elle se moque des surréalistes
Tout autant que des situationnistes
Et qu'il n'y a en amour d'autres choix
Que ceux du puérilisme sadien
De l'injouissant contemporain


Laissons cela à ceux
Sans voie —
Qui pensent nos goûts très vains
Ou qu'ils laissent sans voix —
Gardons notre joie














Le 11 février 2016










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