samedi 8 août 2015

LES CHOSES TENDRES DE L'AMOUR










Gustav Klimt
Le baiser
1908











Jouer à toujours davantage jouir
Jouir de toujours davantage jouer à toujours davantage jouir
Tandis que s'embouchonnent de pire en pire
Aujourd'hui dans leurs tires 
Demain dans leurs autogires —
Les queers
Les ronds-de-cuir
Les pousse-au- « jouir »
Les hétaïres
Les fanatiques du takbir
Les fakirs
Les buveurs de kéfir
Les adorateurs de menhirs
Ceux de saint Paul ou de saint Pire
Les satyres
Les collectionneurs de tityres
Les nostalgiques du Céleste — ou du Saint — -Empire
Les échangistes du peer-to-peer
Enfin de toutes les sectes les pires
Tous belle bande de peine-à-jouir
Qui « jouent » —  « contrejouent » — à s'entredétruire
À s'entreséduire
À s'entrehaïr
Bande de morts-vivants — de vampires
Tous vendus et même pire
Qui valent pas un zaïre


Jouer à toujours davantage jouir
Jouir de toujours davantage jouer à toujours davantage jouir
Ne travailler jamais qu'à s'acagnardir
Et tant pis si Littré y trouve à redire


S'ennoblir
Splendir
S'anonchalir
Avec ou sans tchamir —
Ne jurer que par Ægir
Et par Shakespeare…
L'amour et le merveilleux dénéantir et renantir
De la nef des fous issir…
Avec la meute ne jamais clatir
Mais plutôt — s'il le faut – d'en haut… — glatir
S'enobscurcir
Ne jamais blossir
Ni catir
Et moins encore décatir
Plutôt mourir… —
Et pour cela ne jamais consentir
Mais le con toujours bien ressentir
Et de concert toujours conjouir
Afin de pouvoir les choses tendres de l'amour reouïr
(Éviter — bien sûr — de la jobardise masculine les sansouïres
Et toujours la duplicité féminine aboluir)


Dans l'amour s'agourmandir
Et s'esbaudir
Et puis jaillir
Jouir
S'ébahir
S'explandir
Et dans l'Infini en silence finir


Jouer à toujours davantage jouir
Jouir de toujours davantage jouer à toujours davantage jouir
Et ne travailler jamais qu'à s'acagnardir…




Et tant pis si Littré trouve à y redire …




Le 8 août 2015






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