mercredi 5 août 2015

Éclat du Temps






Kikugawa Eizan, 1787-1867






Éclat du Temps
Folle jeunesse
Passé l'étirement
Mon étroit cœur de vierge —
Qui n'en finit pas
Qui en jouit beaucoup
Moi que vous enserrez tant
Dans un sanglot délicieux de joie
Une sorte de sanglot dont on parle peu – ou pas...
Allez savoir pourquoi... —
 (Il faut dire ces longs mois
Dans la fournaise 
À la fin moi
Réfugié pour écrire
Dans nos caves à peine aménagées
Où il fait tout de même 18°—
Ces somptueux mois d'aise
À ne rien faire qu'à paresser
À peinturlurer
Ou à nager
Et à s’aimer...
La vie rêvée...
D’où ces sanglots longs
Délicieux de joie
De l'été
Qui berçaient mon cœur
Dans un chaloupement
Extatique
D’innocence et de lascivité
Moi et ma tête de haka
Goûtant vos vagues
Délié comme une liane
Dans le nonchaloir absolu
Tantôt porté
Tantôt assidu –
Mais toujours dans la vague absolue
Vous
Glissant 
Sans fin
Moi
Vous laissant 
Jusqu'à la fin
Sans y penser
Ni vu ni connu
Un temps d'avance
Sur la ligne de chance
Et puis plongeant sans retenue
Dans le python de la fournaise
Ce constrictor divin —
Qui follement m'étreint
Et dont j'éteins enfin
Longuement
De ma lave la braise
Tandis que s'élèvent en chœur
Comme un chant archaïque
Dans la campagne vide et écrasée
Par l'extrême chaleur
Nos cris et nos clameurs
Béatifiques) 

Comme il est difficile de vous dire
Combien aujourd'hui je vous aime
Je suis venu vous offrir ce poème : 

Les sanglots longs de la joie
D’amour
L'été
Bercent mon cœur
D'une langueur
De bonheur

Tout exultant
D'amour suprême
Quand tonne l’heur
Je rugis..
Je vous suis....
Je jouis...
Et
 — De bonheur
Moi aussi
Je pleure








Le 3 août 2015







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